mercredi 20 janvier 2010

Plaisirs inoffensifs

Quand tu ris
devant un film porno
ou ricanes devant une femme
dans un magazine porno
Tu ris et ricanes envers moi,
envers ma souffrance
envers mon exposition et ma mise à nu
envers mon humiliation.

Tu ris et ricanes sans savoir
qui je suis
d'où je viens
comment j'en suis arrivée là.

Peut-être que je souris.
Tu ne vois pas que j'y suis forcée
ne vois pas l'homme tenant la caméra
m'ordonnant de tout faire
ou sinon
et je sais ce que ça veut dire.

Tu n'étais pas là pour me voir vomir avant que ça commence :
la caméra ne tournait pas alors
une mixture toxique de peur
de dégradation
et d'alcool
dégringolant de ma bouche
et ils avaient d'autres usages pour ma bouche plus tard.

Tu ne ressens pas la souffrance maladive
de membranes délicates
ouvertes de force
et défoncées
et défoncées
et défoncées
par un homme puis un autre
et objet après objet
mon déchirement, ma contusion
tout caché à tes yeux.

Tu ne t'es pas assis près de moi
et ne m'as pas vu pleurer
et pleurer
des vagues infinies de désespoir
qu'il ait fallu en arriver là
qu'il ait fallu en arriver là
la haine de soi
les drogues et l'alcool qui m'ont piégées ici
et Lui.

Tu n'étais pas à côté de moi quand il me battait
et me rouait de coups
et me forçait
et puis me ramassait et me caressait les cheveux
et me disait pardon
peut-être que les choses pourraient être différentes
si seulement je changeais.

Un sourire peut cacher un millier de secrets.
L'argent peut acheter un millier de mensonges.

Quand tu l'achètes
tu m'achètes
et tu le paies.
Sachant ce que pour quoi tu paies -
peut-être que ce n'est pas si drôle finalement.

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