mercredi 1 septembre 2010

Sur les rêves et le rêveur

Je me réveille, un enchevêtrement de pensées confuses et de souvenirs, de membres et de draps. Je sens la sueur couler le long de mon dos, le long de mon visage. Trempée. Le rêve que je faisais était un parmi d'autre, faisait partie d'un cycle, un ensemble habituel. Ces rêves...


Ils sont une poussée vers l'extérieur de mon subconscient, un vomissement de matière repoussée et enterrée pour ma survie. Quand je rêve comme ça je rejoue, je revis, mon passé. Ça me hante. Les images peuvent changer mais pas le scénario : je regarde un corps, un corps qui m'appartient et qui ne m'appartient pas, je regarde mon ex et les autres hommes le maltraiter.

Ce corps !

Il peut courir mais il ne peut pas les semer, il peut résister mais il n'a aucune chance. Impuissance désespérée. Mon corps. Moi. Je suis le spectateur, le voyeur, je suis la peur et la honte, la souffrance et la terreur. Je suis mes émotions, dans mon corps mais trop, ou alors je suis déconnectée, un esprit flottant, rattachée par le plus fin des fils.

Je suis et je ne suis pas.

Sensation si réelles dans ces rêves. Trop réelles. Être touchée et je ne veux pas. Vouloir crier mais rien ne sort. Essayer de voir mais la noirceur d'un bandeau. Le sens des réalités en panne, l'odeur et le goût et le toucher en vie et accablants.

Mon esprit est en train d'intégrer des choses, lentement oui, mais certains blackouts, les trous de mémoire, se remplissent. En toute honnêteté, parfois je préférerais ne pas me souvenir.

Une image.
Une sensation.
Un instantané.

Curieusement, glorieusement, séparée de mon corps, là mais pas là.

La souffrance et l'obscurité font partie de moi, je choisis de ne pas y vivre ces jours-ci en cours de guérison mais je ne peux pas l'empêcher de s'écouler lentement hors de moi, faisant son chemin, l'Inacceptable faisant son chemin à travers moi. Aucune quantité de déni, aucune quantité de distraction, ne l'arrêtera. Invoulu ? Oui. Tellement douloureux que mon corps entier en a mal. Mais nécessaire, absolument. Mon corps et mon esprit se guérissant à un niveau plus profond que je ne peux le comprendre. Être entendu amène la guérison, être accepté amène la guérison, et j'ai besoin de m'entendre et de m'accepter.

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