samedi 20 février 2010

Absolument putain d'incroyable

J'étais juste en train de conduire, en écoutant radio 4, quand ils ont commencé un débat pour savoir dans quelle mesure une femme était coupable si elle était violée.

!!!!

Cela m'a rendue vraiment malade et j'ai dû rentrer directement chez moi pour m'effondrer. La définition du viol c'est que c'est à l'encontre des souhaits de la femme. Qu'elle ait bu un verre ou aucun ou vingt verres, c'est toujours pareil. Si une femme dit non, elle veut dire non, on s'arrête là.

Pathétique ! Quelle violence envers chaque femme qui a été violée, qui a été agressée sexuellement, d'enlever le reproche à l'homme qui l'a pénétrée, touchée, et le renvoyer sur la femme qu'il a fait souffrir ! Je suis encore en train de pleurer, de trembler, d'avoir entendu ça. Ça me donne envie de vomir - tout mon corps réagit.

Et le pire, c'est qu'un sondage montre que la majorité des femmes pensent que la femme a une certaine responsabilité.

Quel message envoyons nous à la prochaine génération de jeunes hommes si nous disons, et bien, elle était habillée d'une certaine façon, elle lui a souri d'une certaine façon ou elle a bu un certain nombre de verres donc c'était normal qu'il la viole ? Qu'est-ce qu'on est en train de se faire, à nous-mêmes ? Quand les femmes condamnent les femmes pour avoir été violées, où la victime de viol doit-elle aller ?

Et où est l'auteur dans tout ça ? Étrangement absent. L'homme qui lui a fait ça. Elle a été blessée une fois par le viol, et maintenant ça. C'est de sa faute. Son "non" ne voulait rien dire pour lui, et il ne veut plus rien dire maintenant.

Qu'il ait bu n'importe pas - il est quand même responsable. S'il avait roué de coups quelqu'un jusqu'à la mort après quelques verres et plaidé l'ivresse, dirions nous, ah, c'est vrai c'est vrai, oublions-ça, il n'y pouvait rien ? Et oublier la victime, et peut-être la blâmer d'être restée pas loin d'un homme qui était clairement soûl et hors de contrôle ?

Être violée est une sorte de mort. C'est une perte. De confiance en soi, en les hommes, en le fait d'être protégée par la loi. Une perte de dignité et de respect. Et la souffrance physique aussi. La vie n'est plus jamais la même après un viol. Ton corps n'est plus jamais autant le tien qu'avant.

Cela me rend triste, aussi, quand je pense à ce que cela signifie vraiment que nous pensons des hommes et des femmes en tant que société si nous plaçons le reproche sur les femmes dans le viol. Dans cette affirmation il y a l'idée implicite que les hommes sont en quelque sorte moins que ça : ils sont animaux, gouvernés par leurs pulsions sexuelles, impuissants face à leurs désirs, incapables de responsabilité. Et que les femmes se font ça à elles-mêmes, qu'elles se blessent elles-mêmes, et qu'elles sont responsables non pas seulement d'elles mêmes mais aussi du comportement qu'ont les hommes envers elles.

Je ne crois pas à ça. Je crois que les hommes comme les femmes sont responsables de leurs actions, et de l'effet qu'elles ont sur les autres, et que dénier cela est dénier leur humanité.

Mais là, assise seule chez moi, j'aurais voulu entendre une voix à la radio qui aurait parlé pour moi, la femme qui a été violée.

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