<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-1156704989219292913</id><updated>2012-03-13T22:37:25.106-07:00</updated><category term='humanité'/><category term='violations des droits humains'/><category term='dissociation'/><category term='addiction'/><category term='survivante'/><category term='industrie du sexe'/><category term='liberté d&apos;expression'/><category term='désintoxication'/><category term='santé mentale'/><category term='reproche'/><category term='honnêteté'/><category term='sexisme'/><category term='relation'/><category term='s&apos;en sortir'/><category term='passivité politique'/><category term='animaux'/><category term='alcoolisme'/><category term='perte'/><category term='réalité'/><category term='cauchemars'/><category term='viol'/><category term='féminisme'/><category term='invisibilité'/><category term='souvenirs'/><category term='lapdance'/><category term='sexe'/><category term='Unwatchable Congo'/><category term='capitalisme'/><category term='dégâts de la pornographie'/><category term='confiance'/><category term='clients'/><category term='violence domestique'/><category term='maltraitance'/><category term='guérison'/><category term='désensibilisation'/><category term='actrices'/><category term='sobriété'/><category term='responsabilité'/><category term='deuil'/><category term='violence'/><category term='intimité'/><category term='poésie'/><category term='syndrome de stress post traumatique'/><category term='cirque'/><category term='mort'/><category term='respect'/><category term='pornographie'/><category term='hommes'/><category term='égalité'/><category term='thérapie'/><category term='escort'/><category term='hustler'/><category term='prostitution'/><category term='femmes'/><category term='sentiments'/><category term='parler'/><title type='text'>SURVIVRE À LA PROSTITUTION ET À L'ADDICTION</title><subtitle type='html'>Traduction française du blog &lt;a href="http://survivingprostitutionandaddiction.blogspot.com/"&gt;"Surviving prostitution and addiction"&lt;/a&gt; d'Angel K.</subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1156704989219292913/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><author><name>Angel K</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13401721006534552836</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>43</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1156704989219292913.post-5891183965660456025</id><published>2011-10-07T12:25:00.000-07:00</published><updated>2012-03-07T15:56:32.238-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Unwatchable Congo'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='viol'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='désensibilisation'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='dégâts de la pornographie'/><title type='text'>"Unwatchable", ou le voyeurisme hors de contrôle</title><content type='html'>J'ai entendu parler de la tempête que le film "Unwatchable" a déclenché quand mon thérapeute m'en a parlé. Inutile de dire que je ne souhaite aucunement regarder la reproduction du viol collectif d'une femme et de la violence hideuse exercée envers sa famille, montrés dans le but de faire parler des abus qui ont lieu dans le milieu de l'industrie du téléphone portable au Congo.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce n'est pas du tout parce que je pense que tout ça ne devrait pas être rendu public, et dénoncé et combattu. Je crois passionnément que là où il y a de la violence et de l'injustice, la vérité doit être dite et amenée à l'attention des gens, peu importe à quel point elle est insupportable. Ici en Occident, on reste trop souvent assis confortablement sur nos fesses complaisantes, à penser que tant que la vie est belle pour moi, alors je ne suis pas très intéressé par ce qui arrive aux autres. Nous vivons dans une culture du "moi". Même quand les choses qui nous procurent du plaisir apportent de la souffrance aux autres (la pornographie étant le principal exemple dont je parle ici dans mes articles), nous préférons une bonne vieille approche de l'autruche. Il faut qu'on nous mette mal à l'aise ! C'est seulement si je suis mal à l'aise que je vais me bouger de mon fauteuil et agir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais pour attirer l'attention sur le viol et la torture, il n'est pas nécessaire de les reproduire. Tout ça me semble faire partie du même bon vieux schéma : les gens sont désensibilisés à la souffrance et à la violence, alors plutôt que de trouver des moyens plus créatifs d'exprimer la destruction engendrée par viol et la violence, on les montre simplement de façons encore plus graphiques. Et alors la barrière du "facteur choc" est repoussée de plus en plus loin et les images sur nos écrans deviennent de plus en plus sordides.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La vérité c'est que le viol est sordide. C'est destructeur, c'est blessant, c'est la perte fondamentale de quelque chose d'irrécupérable : soi-même. En tant que survivante de viols et de viols collectifs, je me sens perdue même pour moi-même, déconnectée, séparée de mon corps, trahie par lui. Incapable d'empêcher ce qui lui arrivait, je me retirais mentalement, je me dissociais. Mon corps restait, mais moi pas : j'étais là mais pas là, présente mais absente. Les viols et les violences sont restés une partie de moi, encore aujourd'hui : ils étaient ma réalité, c'était ma vie en tant que femme prostituée, accro à la boisson et aux drogues. Et il n'y a pas moyen de s'éloigner rapidement de tout ça. Tout le monde aime les happy end, ah comme on les aime ! Elle s'est enfuie, elle s'est désintoxiquée et elle vit maintenant une vie heureuse. Fin ! On peut passer à quelque chose d'autre avec la conscience tranquille.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pas vraiment. Pas dans mon expérience, en tout cas. Guérir d'un traumatisme demande du temps et de l'aide, et guérir d'un traumatisme sévère demande beaucoup de temps et beaucoup d'aide.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce qui a été produit est une vidéo rapide, sensationnaliste, de violence sexuelle graphique (à même de déclencher des flash-backs pour les survivant-e-s de viol), une de plus dans la pile grandissante de matériaux sexuellement graphiques qui nous ressortent déjà par les oreilles. Cela a déclenché une réponse instantanée du type "horreur-choc-voici-à-quoi-ressemble-un-viol-collectif" qui va probablement très vite retomber comme un soufflé (nous verrons si le battage que ça a créé ira au-delà de la discussion à propos de la vidéo, pour aller vers une réelle action à long terme et des groupes de pression). N'est-ce pas toujours le même schéma avec les images choc ? Choqués, puis un peu moins choqués, puis on oublie comme d'autres images encore plus choquantes arrivent. J'ai vu une vidéo et j'ai été outré et j'en ai parlé, peut-être ai-je même signé une pétition, donc maintenant je peux m'en laver les mains et oublier... N'aurait-il pas été plus efficace d'attirer l'attention sur les dégâts psychologiques du viol ? Une conversation plus élargie que la tactique du choc visuel n'aurait-elle pas eu plus un impact durable, en faisant réfléchir les gens, déclenchant des discussions franches et utiles et de l'action, plutôt qu'une réponse réflexe ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Pourquoi sommes-nous encore obsédés par le fait de &lt;i&gt;regarder&lt;/i&gt;&amp;nbsp;une femme être violée, plutôt que de parler à une victime de viol et entendre sa voix ? Pourquoi l'emphase est-elle toujours mise sur le corps nu et impuissant d'une femme, plutôt que sur la femme tout entière ?&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Est-ce que ça ne serait pas un changement rafraîchissant de &lt;/i&gt;cesser &lt;i&gt;d'&lt;/i&gt;&lt;i&gt;être des voyeurs ?&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;Dans une société saturée par la pornographie hardcore, dans laquelle les femmes subissent de la violence de façon routinière, dans laquelle les clubs de lapdance où les femmes sont objétisées et achetées tous les jours sont considérés comme des plaisirs inoffensifs, où le strip-tease et la pornographie sont considérés comme des sources de pouvoir&amp;nbsp;pour les femmes, en réalité &lt;i&gt;rien &lt;/i&gt;n'est inregardable. Etant donné l'obsession de notre société avec l'objétisation du corps des femmes, une approche plus utile et plus inhabituelle aurait été d'entendre réellement la voix de la femme, sans s'attarder sur son image à la caméra, figée dans le temps, alors qu'elle est violée. Si les gens sont mal à l'aise vis à vis de ce film (et ils le devraient : ici je discute le fait qu'il y avait un meilleur moyen d'alerter sur ce problème, pas que ce problème ne devrait pas être discuté), peut-être devrions nous leur demander non pas pourquoi ils sont affligés par les réalités de ce qui se passe au Congo, mais plutôt &lt;b&gt;&lt;i&gt;pourquoi ils ne sont pas affligés par les réalités de ce qui se passe ici et maintenant, dans notre propre pays&lt;/i&gt;.&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;Une femme sur quatre sera victime de violences conjugales.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Chaque semaine, deux femmes au Royaume-Uni sont tuées par leur partenaire ou leur ex-partenaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les taux de viol en font toujours une menace pour toutes les femmes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le taux de condamnation pour viol stagne à 13%.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Les sondages continuent de montrer que la majorité des gens, hommes et femmes, pensent que la victime de viol a un certain degré de responsabilité dans le fait d'avoir subi ce viol.&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;Notre culture est une culture du viol, c'est à dire, une culture dans laquelle les femmes restent inférieures, dans laquelle la pornographie de plus en plus hardcore devient de plus en plus dominante, et où on estime que c'est &lt;i&gt;une bonne chose&lt;/i&gt;, pas du tout en contradiction avec la promotion d'une sexualité égalitaire. Les producteurs d' "Unwatchable" ne sont pas les seuls à comprendre que des tactiques plus choquantes que jamais sont requises pour s'attirer une audience. Les pornographes entrent dans un territoire de plus en plus extrême pour attirer les clients. Nous &lt;b&gt;sommes &lt;/b&gt;désensibilisés. Le prix que les pornographes sont prêts à payer, c'est les dégâts faits au corps d'une femme quand elle subit des actes de plus en plus brutaux pour le frisson du payeur. Cela me frappe, si les gens qui ont fait cette vidéo étaient vraiment inquiets à propos des femmes, ils ne devraient pas prendre exemple sur les pornographes et se concentrer sur une représentation graphique de violence sexuelle encore plus extrême. Être un voyeur n'est pas suffisant. À la place, ce serait plus utile que les gens se tiennent aux côtés des personnes qui ont survécu aux viols, et qu'ils entendent nos voix.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne peux pas parler pour chaque victime de viol, mais pour moi ? J'en ai assez des gens qui se tiennent là, à regarder, choqués ou non, quand les femmes se font violer et frapper. Nous avons besoin d'aide, et au-delà de ça, nous avons besoin d'une voix, nous avons besoin de compréhension, nous avons besoin de vivre dans une société où nous ne sommes pas blâmées pour avoir été violées à cause de ce que nous portions / avons dit / de notre comportement, une société où les gens arrêtent de nous voir figés dans le temps comme "la femme qui se fait violer" et où ils nous voient tout entières : notre histoire, comment nous en sommes arrivées là, nos espoirs et nos rêves. En clair, nous avons besoin de changement, ce qui ne peut vouloir dire qu'une seule chose. Action !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1156704989219292913-5891183965660456025?l=survivrealaprostitution.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/feeds/5891183965660456025/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/2012/03/unwatchable-ou-le-voyeurisme-hors-de.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1156704989219292913/posts/default/5891183965660456025'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1156704989219292913/posts/default/5891183965660456025'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/2012/03/unwatchable-ou-le-voyeurisme-hors-de.html' title='&quot;Unwatchable&quot;, ou le voyeurisme hors de contrôle'/><author><name>Angel K</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13401721006534552836</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1156704989219292913.post-182083438401888854</id><published>2011-09-25T15:28:00.000-07:00</published><updated>2012-03-04T05:27:57.009-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='dissociation'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='sobriété'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='santé mentale'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='viol'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='violence domestique'/><title type='text'>Lui ou moi ?</title><content type='html'>Je fais dois souvent faire face à la colère ces jours-ci.&lt;b&gt; Très souvent.&lt;/b&gt; La colère est vicieuse. Une grande partie de moi me tient pour responsable quand les gens me traitent mal. Je sais, quelque part, à un niveau logique, que ce n'est pas vrai, que quand les gens agissent mal envers moi ou abusent de moi, c'est &lt;i&gt;leur &lt;/i&gt;faute, leur responsabilité. Mais je ne le &lt;i&gt;ressens &lt;/i&gt;pas. Je le sais mais je ne le ressens pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le problème, c'est que ce qui se passe maintenant est rendu confus par toutes ces merdes venues du passé que cela fait resurgir en moi. Mon Syndrome de Stress Post-Traumatique est en surchauffe en ce moment. Ayant vécu avec un homme qui me cassait la gueule, et qui m'a vendue à d'autres hommes, et ayant rencontré encore plus de violence quand je me suis prostituée, je trouve que la colère - les cris, les silences lapidaires, le langage corporel agressif, et même le sarcasme - refait surgir tout ça. Je me détache rapidement, ou je m'évanouis. Je ne sais plus si la voix que j'entends appartient à la personne en face de moi, à mon ex ou à moi-même.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je suis allée à l'IDAS (Independant Domestic Abuse Services) pendant un moment depuis que je suis sobre, et ils m'ont vraiment martelé et fait rentrer dans la tête que quoi qu'il arrive, tu ne peux pas pousser quelqu'un à te frapper. Chacun a le contrôle de ses poings. Je sais de ma propre expérience que quand je suis vraiment très en colère, je pourrais être violente si je le voulais ; je choisis simplement de ne pas l'être. Je me bats passionnément contre ceux qui disent aux victimes de violence, de viol, que c'était leur faute. Quand j'imagine n'importe qui recevant une telle violence, je peux voir que cette idée est complètement bidon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et pourtant quand il s'agit de moi, je n'en suis plus si sûre. Je suppose que cela tient au fait que j'ai tellement internalisé ce que mes abuseurs m'ont dit : que je l'ai mérité, que je suis la cause de tout ça, que je devrais me considérer chanceuse qu'ils aient été si généreux envers moi (quelle générosité, hein). Et avec toute la haine de soi et l'auto-destruction, c'est resté. C'est resté dans ma tête : c'est &lt;i&gt;moi &lt;/i&gt;le problème. Je suis un putain de gros problème. J'&lt;i&gt;attire&lt;/i&gt;&amp;nbsp;les ennuis, je cause les ennuis, je prends de mauvaises décisions, nom d'un chien ce que je prends de putain de mauvaises décisions. J'envoie les mauvais signaux et je pousse les gens à me frapper. Je me fais tout ça à moi-même.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les jugements que j'ai reçus de la part de professionnels au cours de la violence sont restés aussi. Ma faute ! Je devrais tout simplement le quitter. Je ne compte pas de toute façon, je ne suis qu'une alcoolo. Après une autres discussion avec la policière, je me souviens avoir dit "vous pensez vraiment que je veux aller au tribunal et être déchirée en lambeaux par le conseil, parce qu'avec mes problèmes de drogues, mon historique de santé mentale et avec la façon dont notre système traite les victimes de viol et de violence conjugales, je n'ai pas le moindre espoir là-dedans". Même s'il était condamné, à quel prix ? Ma honte et ma faiblesses affichées pour que tout le monde puisse les voir et les juger. Cela m'aurait détruite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et je me souviens que la policière a dit, &lt;i&gt;et s'il fait la même chose à quelqu'un d'autre ?&lt;/i&gt;&amp;nbsp;Et que j'ai pensé que ça ne servait à rien d'essayer de répondre à ça. S'il le fait à quelqu'un d'autre, ce sera sa faute, pas la mienne. Je ne suis pas une sorte de complice, responsable de lui d'une manière ou d'une autre. Merde, je ne peux même pas arrêter ce qu'il me fait à moi toute seule, alors m'interposer pour sauver quelqu'un d'autre...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors j'ai pensé, comme je le pense maintenant, quel système pourri. Et quels dégâts faits par cette perception erronée. Et voilà où j'en suis, quatre ans et demi de sobriété, et essayant de travailler à prendre soin de moi, à ne pas me haïr, à rassembler les lambeaux de ma personne, et j'entends une voix dans ma tête qui me dit que si cette personne m'abuse, ici et maintenant en 2011, c'est ma faute ! Une grande partie de moi me méprise toujours, me blâme toujours. Progression lente. Mes différents fragments, les effets de bords de la dissociation, du détachement à cause du trauma, me disent des choses différentes. La voix qui est là à un moment donné, la personne que je suis au moment où le déclenchement a lieu, dictent ma réponse. Ma faute - pas ma faute. C'est lui la merde - c'est moi la merde. Son problème - mon problème. Je mérite d'être aimée - je mérite d'être frappée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne dors pas, ce qui n'aide pas. Je me sens coincée dans le passé. Et confuse, tellement confuse avec l'enchevêtrement de pensées, avec les fragments. Pourtant, je reste clean et sobre, donc je suppose que c'est un progrès. Toute cette histoire d'esprit/corps met un peu plus de temps à avancer.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1156704989219292913-182083438401888854?l=survivrealaprostitution.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/feeds/182083438401888854/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/2011/09/lui-ou-moi.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1156704989219292913/posts/default/182083438401888854'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1156704989219292913/posts/default/182083438401888854'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/2011/09/lui-ou-moi.html' title='Lui ou moi ?'/><author><name>Angel K</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13401721006534552836</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1156704989219292913.post-6585791691602362870</id><published>2011-09-10T03:00:00.000-07:00</published><updated>2012-02-08T08:07:31.978-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='sexisme'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='deuil'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='confiance'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='viol'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='violence domestique'/><title type='text'>Faire ou ne pas faire confiance</title><content type='html'>&lt;br /&gt;En ce moment je bataille vraiment avec la confiance. C'est le genre de chose qu'on ne remarque pas dans ses interactions avec les autres jusqu'à ce qu'elle disparaisse et qu'on se retrouve à avoir l'impression que toute cette histoire de communication avec les autres, d'interaction avec les autres, est un labyrinthe et un cauchemar. Sur le chemin de la guérison, par un énorme effort conscient de ma part, ma capacité à faire confiance a augmenté un petit peu. Jusqu'à ce que je commence une thérapie, ma confiance était détruite. Je ne faisais confiance à personne, homme ou femme. Je me sentais vendue, trahie, pas seulement par les hommes qui abusaient de moi mais par le système tout entier, la façon dont notre société tout entière s'est blindée pour rester aveugle à toute cette maltraitance et pour la classifier comme un divertissement. J'étais en colère contre cette vision de classe moyenne dans laquelle j'ai été élevée, qui m'avait laissée tellement complètement sans défense face à ce qui m'est arrivé, au point de n'avoir même pas le vocabulaire pour le décrire. Prostituer. C'est un mot qui ne m'est venu que deux ans après être redevenue clean et sobre. Mon ex m'a&amp;nbsp;&lt;i&gt;prostituée&lt;/i&gt;. Sur le moment, avec la peur et à travers la brume des drogues et de mes blessures à la tête, je n'aurais pas pu dire ce qu'il était en train de se passer. En fait, j'ai largement perdu ma capacité à parler tout court. Viol. En voilà un autre. Je crois que comme beaucoup de gens j'ai grandi en croyant que le viol était quelque chose que seuls des étrangers pouvaient commettre. L'idée qu'un partenaire puisse me violer, et ce fréquemment, ainsi qu'un cercle d'autres dont certains m'étaient familiers, était tellement hors de ma sphère de compréhension que je ne pouvais pas l'intégrer. C'est un mot que je ne peux toujours pas dire à voix haute. Je pourrais peut-être à la limite dire "m'a forcé à avoir une relation sexuelle".&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les professionnels que j'ai rencontrés au milieu de tout cela ont renforcé cette confusion, et multiplié mon sentiment de honte. Pendant les rares visites que j'ai faites à l'hôpital avec des blessures, on m'a clairement fait comprendre que c'était&amp;nbsp;&lt;i&gt;ma&lt;/i&gt;&amp;nbsp;faute. J'étais traitée avec suspicion et une hostilité palpable - "elle retourne le voir". Les gens parlaient de moi comme si je n'étais pas là, et je n'essayais même pas de comprendre. Il était dans ma maison, et mon argent était engagé dans ma maison, et j'avais peur et j'étais perdue et je me battais contre une addiction au-delà de mon contrôle. Je ne comprenais pas pourquoi tout ça se passait, je ne savais pas quoi faire. Ayant été élevée dans l'idée de confiance envers la profession médicale, je ne savais plus où me tourner.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand je suis devenue sobre, j'ai réalisé que pour le rester j'allais devoir faire les choses un peu différemment. J'entendais les autres gens partager leurs sentiments, et avec l'aide de quelques bonnes personnes autour de moi j'ai commencé à donner un sens à ce que je ressentais. Au début de la guérison, j'avais l'impression que je ne pouvais pas aller plus loin que de penser "bleurk". Des années à enterrer les émotions, à me diviser, m'assommer et me détacher ont rendu difficile le fait d'accepter la moindre émotion et de faire avec. Elles menaçaient de me noyer. Identifier et nommer les émotions - colère, peur, tristesse - a pris du temps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais il restait, même après que j'ai commencé à devenir plus ouverte et plus honnête sur ce que je ressentais, de larges morceaux de ma vie dont je ne pouvais tout simplement pas parler. La violence, la prostitution, le fait d'avoir été filmée lors de ces abus, restaient pour moi indicibles. C'est une des raisons qui m'a fait commencer ce blog en 2009 : comme je commençais à pouvoir mettre en narration ce qui m'était arrivé, comme de plus en plus de choses me revenaient, j'ai réalisé que tout ça devait aller&amp;nbsp;&lt;i&gt;quelque part&lt;/i&gt;, ou alors je deviendrais folle. Incapable de le dire à voix haute, et ne faisant pas confiance aux autres en matière de ce poids pour moi, j'ai choisi d'écrire et de mettre tout ça ici. J'avais une voix, mais sans visage je pouvais être honnête sans devoir faire avec les réactions d'autres gens envers moi, envers ça.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai parfois réussi à parler un peu de tout ça. J'ai vu un thérapeute pendant un an et j'ai commencé à essayer d'en parler un peu. C'était incroyablement rude, incroyablement douloureux. Il y avait de longs silences et j'avais peur de m'évanouir ou de vomir. Et j'avais peur de sa réaction. Comme c'était ma première année de guérison, je me battais encore pour trouver le vocabulaire qui convenait. Les tentatives de m'ouvrir un peu aux autres gens ont été beaucoup moins réussies. J'ai découvert que même avec des gens décents, des gens que je compte dans mes amis, leur vision du monde n'a tout simplement aucune place pour ce qui m'est arrivé. Dans une société saturée par la pornographie, qui prend à la légère la violence contre les femmes, et qui quand une femme est violée ou battue, tend à dire "oui mais bon, elle est retournée le voir / elle lui a envoyé les mauvais signaux / elle l'a trompé / elle avait bu / elle l'a allumé", il est difficile de savoir où aller quand tu luttes avec les effets secondaires de la maltraitance. Les femmes sont, dans mon expérience, tout aussi dures dans leur jugement, et tout aussi capables d'être du côté de l'agresseur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette année, j'ai perdu mon dernier parent. Cela a fait une&amp;nbsp;&lt;i&gt;grosse&lt;/i&gt;&amp;nbsp;différence dans ma capacité à faire confiance. J'ai vraiment fait un pas en arrière. Parce que nous ne sommes pas très bon en matière de mort dans ce pays, j'ai eu des réactions négatives à ma perte, certains de mes amis se sont mis à m'éviter (c'est leur problème, je sais, mais c'est quand même douloureux), certains ont fait des commentaires du genre "et bien tu n'as qu'à faire avec, c'est la vie" (je&amp;nbsp;&lt;i&gt;sais&amp;nbsp;&lt;/i&gt;! qu'est-ce que tu crois que je suis en train de faire ?), ce qui peut se traduire par "n'en parle pas, s'il te plaît" et cela a enflammé ma méfiance totale. Je ne fais confiance à personne. Mon allié le plus proche à cet instant est mon chien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce qui me laisse dans le pétrin, puisque de toute évidence ça ne va pas fonctionner ; je dois faire confiance aux autres pour rester sobre, mais c'est vraiment difficile. J'ai peur et je suis seule et tellement perdue, je ne me fais même pas confiance pour choisir les bonnes personnes à qui parler. Je viens tout juste de recommencer une thérapie, ce qui est positif, et je dois me battre contre tous mes instincts défensifs pour réellement le laisser m'aider. Je veux être proche des gens, je veux aimer et être aimée, mais je ne suis pas sûre de savoir encore comment faire ça, ce qui me rend tellement triste que je pleurerais si je m'y autorisais. Je suppose que je vais devoir "faire comme si" et juste essayer d'être honnête, à l'encontre de tous mes instincts. En vérité, j'ai dû me débrouiller toute seule pendant beaucoup trop longtemps par le passé, à me battre, et je suis fatiguée, et je ne crois pas que je peux continuer comme ça.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je dois faire un grand saut maintenant. J'espère juste atterrir sur la terre ferme, pas dans la merde.&lt;br /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1156704989219292913-6585791691602362870?l=survivrealaprostitution.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/feeds/6585791691602362870/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/2011/09/faire-ou-ne-pas-faire-confiance.html#comment-form' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1156704989219292913/posts/default/6585791691602362870'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1156704989219292913/posts/default/6585791691602362870'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/2011/09/faire-ou-ne-pas-faire-confiance.html' title='Faire ou ne pas faire confiance'/><author><name>Angel K</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13401721006534552836</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1156704989219292913.post-6254367377592835342</id><published>2011-08-28T03:03:00.000-07:00</published><updated>2012-01-19T05:28:37.123-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='dissociation'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='addiction'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='actrices'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='pornographie'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='guérison'/><title type='text'>Le fantasme du fantasme</title><content type='html'>Je trouve ça vraiment bizarre quand les femmes qui sont utilisées dans la pornographie sont appelées des "actrices". Cela me frappe comme un nom très mal approprié. Même s'il est vrai qu'on leur donne souvent des lignes à répéter devant la caméra ("baise moi plus fort", "c'est tellement bon" en étant le matériau de base), et qu'on leur dit de sourire comme si elles aimaient ça, le rôle d'actrice s'arrête là. Ce qui est fait est en réalité fait à la femme. Ce n'est pas comme n'importe quelle autre émission où tu regardes des actrices et des acteurs prétendre souffrir. Prenez Casualty par exemple, ou Midsomer Murders. C'est noter l'évidence que de dire que quand le rôle implique de la violence envers le personnage ou qu'on lui fait du tort, que ce soit un accident de voiture dans Casualty ou une victime de meurtre dans Midsomer Murders, cette violence n'est pas&amp;nbsp;&lt;i&gt;réellement&lt;/i&gt;&amp;nbsp;faite, n'est pas réellement perpétrée contre l'acteur ou l'actrice. Cependant, quand, dans la pornographie, vous voyez une femme se faire baiser, elle peut bien répéter ses lignes mais l'expérience est réelle, c'est quelque chose qui lui arrive &lt;i&gt;à elle&lt;/i&gt;, qui lui est fait&lt;i&gt;&amp;nbsp;à elle&lt;/i&gt;.&lt;i&gt;&amp;nbsp;&lt;/i&gt;C'est &lt;i&gt;réel&lt;/i&gt;. La pénétration, les éjaculations, l'agressivité, sont son expérience. Les pratiques qui sont de toute évidence douloureuses et celles qui le sont de façon moins évidente, elles la font &lt;i&gt;souffrir&lt;/i&gt;. Pas de faux sang ou de faux bleus ici, pas de fausses parties du corps fabriquées minutieusement pour subir l'impact des actions. Tout ce qui est fait est &lt;i&gt;fait à elle&lt;/i&gt;, fait à elle pour faire de l'argent pour lui, fait pour votre consommation, pour votre plaisir. Son expression de souffrance est réelle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'argent qu'elle reçoit (après que son maquereau ou son "agent" a pris sa part) ? Et si il exprimait tout simplement le fait que les femmes doivent être payées pour accepter d'être traitées ainsi ? Ou que les hommes qui nous contrôlent doivent être payés pour notre utilisation. On ne fait pas ça parce qu'on aime ça, comme les proxénètes et les pornographes veulent vous le faire croire, on le fait parce qu'on a besoin d'argent, que ce soit pour de la drogue ou de la nourriture, et nous ne voyons aucun autre choix, ou parce qu'ils veulent l'argent, nos proxénètes veulent l'argent et on va avoir des problèmes si on refuse. Les femmes utilisées dans la pornographie ne viennent généralement pas des milieux les plus heureux. Nous sommes abîmées, et dans la pornographie nous sommes encore plus abîmées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les risques et les dégâts faits sont graves. Le sexe sans protection avec de nombreuses personnes ayant des relations sexuelles sans protection avec de nombreuses autre personnes est dangereux, avec ou sans dépistage. Le VIH et l'hépatite B ne sont que quelques unes d'une armée de maladies transportées par le sang et les fluides. Les relations sexuelles brutales prolongées, qu'elles soient vaginales ou anales, ou l'insertion d'objets peuvent conduire à des dommages internes et des saignements, des infections urinaires, des descentes d'organes, des fissures et autres problèmes à long terme. De nombreux actes parmi les plus "hardcore" sont des expressions non déguisées d'agressivité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mettez vous à sa place pour un moment si vous les voulez bien. Elle est blessée, elle est humiliée, par un homme ou plusieurs, pendant que quelqu'un filme tout ça. Alors qu'elle est en souffrance physique, on la traite de putain, de salope, de pouffiasse, et on lui dit qu'elle aime ça. On lui dit de dire qu'elle aime ça - "baise-moi plus fort" "rentre-moi dans le cul". On lui fait dire qu'elle aime être maltraitée. Ils rient d'elle, des dégâts faits à son corps - "elle va bientôt devoir porter des couches !". Imaginez être à sa place, ouverte pour la caméra, nulle part où se cacher, pour le plaisir d'un tas de mecs qu'elle n'a jamais rencontrés, qui paient les hommes qui lui font ça, qui vont eux aussi rire des dommages qui lui sont faits et orgasmer sur sa souffrance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pas très bon pour la tête, hein ? Ni pour le corps. L'expérience physique de la souffrance d'être utilisée dans la pornographie n'est égalée que par la souffrance mentale. Les taux de Syndrome de Stress Post-Traumatique, d'abus de drogues et d'alcool, et de suicide, dans la prostitution et la pornographie, parlent d'eux-mêmes. Problèmes de confiance, problèmes de corps, dissociation, pulsions auto-destructrices, toxicomanie... etc. Le "glamour" de "jouer" dans la pornographie continue, il ne s'en va pas en se frottant un peu dans la douche. Les cauchemars commencent, les flash-backs commencent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Impuissante pour te sortir de cette situation, tu fais la seule chose que tu peux faire pour te débrouiller, pour survivre, pour passer à travers. Quand la souffrance est insupportable, la peur est insupportable, la dégradation est insupportable, tu te divises. Ton corps ne semble plus être le tien, tu n'es même pas à l'abri dedans, et leurs mots sont dans ta tête, ils sont dans ta tête. Aucun endroit n'est sûr alors tu vas dans aucun endroit, une sorte d'anesthésie déconnectée qui te fait passer au travers des événements parfois. Quand je ne peux pas y arriver volontairement, je me mutile ou je bois ou je me drogue. J'essaye d'oublier, j'essaie de maintenir quelques lambeaux de ce moi, tel qu'il était, malgré tout ce qui m'arrive.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur le chemin de la guérison, je me retrouve souvent déconnectée, parfois de façon plaisante mais la majorité du temps cela m'effraie, je me sens coincée en dehors de mon corps et il n'y a pas moyen de revenir. Chaque mouvement que ce corps fait semble être un effort immense, comme s'il fallait consciemment tirer les cordes d'un pantin une à une. Je me sens fausse car je ne sais pas qui je suis, qui Angel est, lesquels des lambeaux et des fragments et des voix qui s'opposent sont moi. Le désespoir ou l'espoir, l'optimisme et le pessimisme, le dur et le doux, le froid et le chaud. Ce que vous obtenez quand vous me rencontrez dépend largement de quelle partie de moi est dominante à ce moment là. Je progresse lentement à ma propre intégration et à cet instant j'ai l'impression d'être revenue en arrière. Fais leur confiance - ne leur fais pas confiance ! Sois honnête - ne montre rien ! Je suis importante - je n'ai aucune importance ! Je vis dans une zone de guerre et c'est épuisant et terrifiant. Je ne sais pas qui je suis, et cela me rend triste et perdue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mon expérience d'avoir été utilisée dans la pornographie a été celle d'un traumatisme extrême et persistant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors je ne suis pas une professionnelle de la santé mentale, mais je parie que l'actrice qui était dans cet accident de voiture dans Casualty est rentrée chez elle avec une fiche de paie, rien de plus. Les "extras" avec lesquels une "actrice" porno rentre chez elles - traumatismes physiques et mentaux - la rendent différente de cela. La pornographie n'est pas un fantasme, n'est pas un jeu d'acteurs - elle arrive aux femmes et blesse les femmes. Au lieu de cela nous devrions la voir pour ce qu'elle est - mensonges et maltraitance. Les femmes dans la pornographie sont la décharge à ordures pour nos imaginations perverses, utilisées et jetées pour notre plaisir, tout en bas de la pile dans une série de relations de pouvoir inégales.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Actrices ? Mon cul.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1156704989219292913-6254367377592835342?l=survivrealaprostitution.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/feeds/6254367377592835342/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/2011/08/le-fantasme-du-fantasme.html#comment-form' title='10 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1156704989219292913/posts/default/6254367377592835342'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1156704989219292913/posts/default/6254367377592835342'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/2011/08/le-fantasme-du-fantasme.html' title='Le fantasme du fantasme'/><author><name>Angel K</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13401721006534552836</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>10</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1156704989219292913.post-8730014479094311412</id><published>2011-05-27T10:06:00.000-07:00</published><updated>2012-03-05T13:41:48.174-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='hustler'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='liberté d&apos;expression'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='pornographie'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='viol'/><title type='text'>Comedy Club Central</title><content type='html'>Je lisais une interview de Larry Flynt l'autre jour (The Independent, 27 mai 2011). L'homme qui clame avoir perdu sa virginité à l'âge de neuf ans en baisant un poulet (le laissant ensanglanté et criant - il l'a tué après). Il semble avoir passé le reste de sa vie à avoir à peu près la même attitude envers les femmes à travers son magasine, Hustler. C'est le magazine qui a dépeint une femme subissant un viol collectif sur une table de billard, qui a montré des rats sortant de vagins de femmes, qui a montré une femme rasée de force, violée puis tuée dans un camp de concentration. Pour n'en nommer qu'une petite partie. Critiqué pour l'incitation au viol collectif d'une femme sur un billard à New Bedford, Hustler a sorti des cartes postales montrant une autre femme subissant un viol collectif sur une table de billard avec l'inscription : "Meilleurs voeux de New Redford, Capitale du Viol Collectif en Amérique". La réaction de la victime du viol n'a pas été notée, mais ça a fait rire Flynt et semble avoir satisfait ses "lecteurs".&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce type est devenu salement riche en publiant de la haine à l'encontre du corps des femmes et en encourageant les gens à en rire et à se branler dessus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comment de telles images ont-elle pu en venir à être légalement défendables comme de la "liberté d'expression" ? Depuis quand un vagin torturé est-il capable de parler ? &lt;i&gt;Comment le viol et la torture, l'absence complète de libre arbitre et de choix, peuvent-ils être célébrés comme une liberté, une liberté pour laquelle on se bat ? &lt;/i&gt;Pourquoi les gens voudraient-ils se rallier à l'appel d'un tel homme et venir à son aide ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Qu'est-il arrivé au droit des femmes à ne pas être violées, à ne pas être humiliées et couvertes de honte et torturées et utilisées pour divertir les autres ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voulons-nous vraiment encourager les gens à rire de ça, à être sexuellement excités par ça ? Ressentiriez-vous la même chose, &lt;i&gt;pourriez&lt;/i&gt;-vous ressentir la même chose si votre fille, votre soeur était utilisée dans un de ces photoshoots ? Vous penseriez toujours que ce mec est un héros, un guerrier de la liberté d'expression, et pas juste un homme blanc trop gras qui se fait du fric et qui se fait jouir en dégradant les femmes, en vendant des femmes ? Et que dire de "Chester le Violeur", les cartoons qu'il a publié à propos des exploits d'un pédophile, jusqu'à ce que le mec qui les dessinait pour lui soit arrêté pour pédophilie ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Est-ce que quelqu'un est encore en train de rire ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La pornographie n'est pas dans une bulle. Ce qui y est acceptable, les attitudes envers les femmes qui y sont promues, vont avoir un impact sur la façon dont les gens qui l' "utilisent" (se branlent dessus) regardent les femmes dans la vraie vie. Et pourtant en tant que société nous choisissons volontairement de tourner le dos à cette insupportable vérité et on s'en débarrasse, tout doute étant immédiatement remplacé par un orgasme rapide et un changement de chaîne mental.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est peut être temps de relier les points.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1156704989219292913-8730014479094311412?l=survivrealaprostitution.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/feeds/8730014479094311412/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/2011/05/comedy-club-central.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1156704989219292913/posts/default/8730014479094311412'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1156704989219292913/posts/default/8730014479094311412'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/2011/05/comedy-club-central.html' title='Comedy Club Central'/><author><name>Angel K</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13401721006534552836</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1156704989219292913.post-6155742372881839305</id><published>2011-03-30T04:28:00.000-07:00</published><updated>2011-12-20T10:06:28.789-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='prostitution'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='syndrome de stress post traumatique'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='souvenirs'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='pornographie'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='guérison'/><title type='text'>Souvenirs, mais pas de la vallée du clair de lune</title><content type='html'>Alors voici le problème auquel je me retrouve confrontée encore et encore : comment vivre avec ces souvenirs et ces images horribles qui sont gravés dans mon cerveau ? Je suis clean et sobre, cette semaine cela fera quatre ans.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les images sont toujours là.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si j'avais espéré que sortir de l'addiction et de suivre un programme serait une façon d'effacer magiquement toute cette merde je serais très déçue. La sobriété m'a rendue capable de me sortir de cette situation, et chaque jour sobre ajoute un peu de distance temporelle de tout ça. Mais la phase que je trouve difficile est la phase suivante : l'opération de nettoyage. Un oiseau de mer couvert de pétrole qu'on a sauvé de la noyade ne va pas survivre si on se contente de le sortir de la mer et de le lâcher sur la plage, couvert de toxines, sa chaleur s'échappant à travers ses plumes souillées. Similairement, m'être simplement échappée de la prostitution, même dehors et clean et sobre, n'est pas suffisant pour que je survive réellement à moins de pouvoir retirer de mon système toutes ces choses toxiques qui me sont restées de ces années de maltraitance et de vente. J'ai passé les quatre dernières années à essayer de trouver comment faire ça parce que tant que je n'aurai pas réussi à changer ça, ça reste toujours là, à m'étouffer, menaçant de m'engouffrer parfois quand c'est particulièrement difficile.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;C'est mon talon d'Achille.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Juste pour clarifier : la sobriété me donne énormément. Chaque jour je suis reconnaissante d'être en guérison, hors du danger physique, de ne pas passer les fêtes annuelles dans la terreur et la honte et la dégradation d'être toxicomane et dans la prostitution. Une des nombreuses choses que la sobriété me donne est une chance d'essayer de trouver un moyen de sortir tout ça de moi.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;L'idée de raconter tout ça à voix haute, de nommer les choses, de mettre des mots sur les images et de les partager avec un autre être humain me fait peur. Mais l'idée de &lt;i&gt;ne pas&lt;/i&gt;&amp;nbsp;le faire, et de continuer avec tous ces trucs s'entrechoquant dans ma tête, affectant toute ma vie, est encore plus terrifiant.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Il est temps de me jeter à l'eau.&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;C'est incroyablement difficile de retrouver la vérité de ce qui se passe réellement dans ta vie au moment présent quand le passé intervient et mélange tout dans un énorme noeud épineux. Chaque interaction, chaque réaction, est expliquée par mon passé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je crois que je lutte pour me sentir connectée à la vie "normale", bien que je suive le mouvement. Je ne sens plus rien d'autre. Rien ne dévaste la confiance ou l'intimité, rien ne divise quelqu'un autant que l'expérience de la pornographie extrême - être forcé à la regarder et à en performer - et la violence. Quand des gens ont piétiné toutes tes limites, c'est difficile de ne pas créer ensuite des limites physiques et émotionnelles partout pour rester en sécurité. &lt;i&gt;Plus personne ne me fera souffrir !&lt;/i&gt;&amp;nbsp;Ils ne peuvent pas rentrer, ils ne peuvent pas s'approcher. Mais tu ne peux pas non plus sortir. Tu es piégée. Tu ressens la perte et la solitude, sachant ce que tu sais. Les images dans ta tête te rappellent d'où tu viens, ce dont les gens sont capables, où ces choses mènent, ces choses dont tu vois les gens rire et faire des blagues, que tout le monde défend comme inoffensives. Parce qu'ils ne peuvent pas, &lt;i&gt;ne veulent pas&lt;/i&gt;&amp;nbsp;se rendre compte des dégâts, les dégâts faits par la pornographie, les dégâts faits par la prostitution - ils ne veulent pas te voir. Ton expérience te rend invisible.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils ont changé le langage, tu vois ? Si quelque chose est inoffensif, et si cela tient du &lt;i&gt;droit&lt;/i&gt;&amp;nbsp;d'une femme de pouvoir le faire, alors il est évident que cela ne peut pas faire de victimes. Si tu es une victime du jeu de langage et d'un système qui nie aux femmes leur dignité humaine en réduisant au silence les victimes du système, les exploitées, et qui place dans leurs bouches les justifications des proxénètes et des pornographes - elle aime ça, elle a &lt;i&gt;choisi&lt;/i&gt;, elle est responsable de ce qui lui arrive. Fin de la discussion, pas d'exceptions. Les femmes qui diront des choses qui défendent l'industrie du sexe sont autorisées à rester, courtisées par leur culture, payées pour raconter leurs histoires "coquines" dans les magazines féminins et dans les émissions télévisées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les femmes qui racontent une histoire différente sont des parias. Non seulement as-tu été abusée, mais on te dit que tu ne l'as pas été, que ce qui s'est passé était normal, un simple divertissement pour adultes. Je dois vous le dire, être utilisée et abusée comme un divertissement est inhumain.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les gens qui disent "passe à autre chose" prononcent une malédiction. Je veux leur crier "&lt;i&gt;comment, &lt;/i&gt;exactement ?" mais je ne le fais pas parce que souvent ces gens veulent juste dire ferme ta gueule et vis ta vie, ce que je fais : je suis clean et je suis sobre et je vis ma vie. Le fait que je sois suicidaire à cause de tout ça et que je lutte avec mon syndrome de stress post traumatique jour après jour est un sujet de profonde indifférence pour eux tant que tout a l'air normal vu de l'extérieur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais je refuse de fermer ma gueule.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour moi, les images restent, les souvenirs restent, réapparaissant dans mes rêves, et déclenchés dans la vie de tous les jours, souvent sans avertissement. Guérir demande de la clémence et la possibilité d'être crue quand on parle de son histoire. Pour l'instant, notre société n'offre pas cela aux survivants de l'industrie du sexe.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1156704989219292913-6155742372881839305?l=survivrealaprostitution.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/feeds/6155742372881839305/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/2011/12/souvenirs-mais-pas-de-la-vallee-du.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1156704989219292913/posts/default/6155742372881839305'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1156704989219292913/posts/default/6155742372881839305'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/2011/12/souvenirs-mais-pas-de-la-vallee-du.html' title='Souvenirs, mais pas de la vallée du clair de lune'/><author><name>Angel K</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13401721006534552836</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1156704989219292913.post-5254509076060271911</id><published>2011-03-05T17:59:00.000-08:00</published><updated>2011-12-20T10:05:57.750-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='prostitution'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='dissociation'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='violence'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='syndrome de stress post traumatique'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='thérapie'/><title type='text'>Une main pour aider ou pour frapper ?</title><content type='html'>L'autre jour, quelqu'un m'a demandé comment parler à une vieille amie qui avait travaillé comme prostituée. Elles avaient perdu contact pendant un moment mais maintenant, avec le contact ré-établi, elle semble distante, incapable d'accepter amour et gentillesse. Elle semble être en déni de ce qui lui est arrivé en tant que prostituée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;D'un certain côté je suis bien placée pour donner un point de vue là dessus, mais de l'autre je suis un peu perdue. Je peux m'identifier à la femme en question, mais je ne &lt;i&gt;sais&lt;/i&gt;&amp;nbsp;pas toujours ce dont j'ai besoin, ce qui m'aiderait à avancer. Parfois il est difficile de savoir, quand quelqu'un tend la main, si c'est pour t'aider ou pour te frapper, en particulier quand les expériences passées de mains tendues avaient plutôt à voir avec le second cas.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Je peux toujours être très méfiante envers les gens, les hommes en particulier, qui professent la moindre affection envers moi, et encore plus s'il s'agit d'une inclination romantique. Tu t'habitues à ce que les clients te sortent des phrases bidon pour arriver à leurs fins. Ma première pensée peut toujours être, &lt;i&gt;tu n'obtiendras rien de moi, connard&lt;/i&gt;. Evidemment, ce n'est pas une attitude qui conduit à de super relations, donc ça peut mener à une certaine solitude. Parfois, quand les choses vont bien, je peux faire un effort conscient pour éviter de penser comme ça. Mais inévitablement si je suis fatiguée, ou effrayée, ou que j'ai mal, ce sera comme ça par défaut. Les murailles s'élèvent.&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;S'autoriser à être vulnérable devant quelqu'un est un acte incroyablement courageux, en particulier si les gens t'ont fait souffrir par le passé et ont joué de tes faiblesses. Positivement dangereux. Mieux, toujours mieux, d'apparaître dur et insouciant et insensible. S'ouvrir, et être honnête, requiert de la sécurité, de la réassurance, et &lt;i&gt;du temps&lt;/i&gt;. J'ai vu mon conseiller pendant 6 mois avant de commencer à m'ouvrir à lui. Je devais être aussi sûre que possible qu'il ne me ferait pas de mal, être sûre de son intégrité, de son professionalisme, son implication. Je l'ai testé pour vérifier le moindre indice de jugement ou d'assomptions sur moi pendant très longtemps, et même après tout ce temps, et dans cette situation, je doutais &lt;i&gt;encore&lt;/i&gt;, et je ne me sentais toujours pas en sécurité. Le fait que son attitude envers moi reste cohérente tant avant que je m'ouvre que quand j'ai commencé à laisser échapper quelques fragments, m'a permis de continuer. Il n'y a rien de plus rebutant que quelqu'un qui te pousse vraiment à parler avant que tu te sentes prêt, ou que quelqu'un qui te fait taire ou qui ne veut pas comprendre quand tu finis par parler. C'est un parcours de funambule.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je n'aurais pas pu me presser pour parler de mon passé, en partie parce que retrouver mes émotions après avoir essayé de les effacer dans la prostitution et la toxicomanie a été un processus lent. Et ensuite,&amp;nbsp;&lt;i&gt;avoir&lt;/i&gt;&amp;nbsp;les mots et les &lt;i&gt;dire &lt;/i&gt;à voix haute sont deux choses différentes. J'avais peur qu'en &lt;i&gt;disant&lt;/i&gt;&amp;nbsp;ces choses, cela les rende réelles. Je devrais me rendre compte que ces choses douloureuses et horrifiantes étaient vraiment arrivées, et ensuite devoir faire face non seulement à &lt;i&gt;sa&lt;/i&gt;&amp;nbsp;réaction, mais à la mienne aussi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je n'étais pas sûre de pouvoir supporter ça. Porter un regard adapté, sobre, à ce qui m'était arrivé était une perspective terrifiante. Mon esprit et les drogues et l'alcool avaient réussi à m'anesthésier suffisamment pendant que ça se passait pour avancer à travers tout ça, de justesse. J'ai réussi à me distancier de mon corps au point de n'avoir plus l'impression qu'il s'agissait de moi. Mais désormais en regardant mon passé, je pouvais &lt;i&gt;ressentir&lt;/i&gt;&amp;nbsp;tout ça. Mon corps est passé de l'engourdissement aux tremblements et à la douleur, avec les flashbacks et les souvenirs. Muscles tendus et vacillant. Parfois je vomissais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;J'avais l'impression que si je parlais, les émotions pourraient me submerger et je ne pourrais pas y faire face, &lt;i&gt;je ne m'en tirerais pas&lt;/i&gt;. Je ferais quelque chose de stupide et foutrais à nouveau ma vie en l'air. J'avais l'impression que je ne pouvais pas regarder un autre être humain dans les yeux et dire ces vérités, ces vérités si dures, à voix hautes. Je pensais qu'il me haïrait. En tout cas je me haïssais. Je pensais qu'il me jugerait, et qu'il dirait que j'avais aimé ça, comme le disaient mes agresseurs. Je pense que le pire pour moi était l'idée que je peignais dans la tête de cet homme des images de moi, des images horribles dans lesquelles j'étais nue et impuissante et humiliée et utilisée comme un pur divertissement. Je me sentais comme s'il pouvait les &lt;i&gt;voir &lt;/i&gt;réellement. Parce que je me sentais comme si j'étais vraiment de retour là-bas, il était difficile de me dire qu'il n'était pas en train de regarder comme les autres hommes. J'avais aussi peur, au fond, qu'il ne me croie pas. Mon ex mettait constamment cette peur dans ma tête, et je peux encore me cogner dedans si je ne fais pas attention.&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Le déni est quelque chose de sournois. Pour survivre en tant que prostituée, il est nécessaire de construire une toile de mensonges, même à soi-même. Si tu ne dis pas que ce sera différent demain, si tu ne te dis pas que tu t'en fiche, que ça n'a aucune importance, que ça ne te touche pas, peut-être même que tu l'as choisi, alors comment peux-tu te lever le matin et faire face aux clients encore et encore. Pour survivre en étant vendue et enfoncée et tripotée et baisée et quand les acheteurs te disent et te forcent à faire des choses dégoûtantes, humiliantes, tu es obligée de transformer cette expérience, et si tu ne peux pas changer ce qui t'arrive &lt;i&gt;physiquement&lt;/i&gt;, tu essaies de changer ta perception de tout ça dans ta tête, te distancier, te séparer. Ton corps est en train d'être baisé mais tu t'accroches au déni - je ne suis pas vraiment là, ce n'arrive pas vraiment, ils peuvent faire ce qu'ils veulent à ce corps mais &lt;i&gt;ce n'est pas moi&lt;/i&gt;. Essayer de rassembler les morceaux fragmentés de moi en guérison continue d'être un processus lent et douloureux, parce que cela signifie que l'inacceptable m'est arrivé à &lt;i&gt;moi,&lt;/i&gt;&amp;nbsp;m'a fait souffrir &lt;i&gt;moi.&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Cela fait quatre ans et parfois je me retrouve encore vidée de toute positivité et de toute chaleur, de toute connexion. Je me sens séparée de moi-même et des autres gens, froide, malveillante et capable d'une auto-annihilation complète. Il y a une très forte pulsion à l'auto-destruction et à la destruction de tout ce qui a pu signifier quelque chose pour moi. On dirait que quelqu'un a versé de la glace dans mes veines et débrancher mon coeur. Je veux éloigner les gens, même si je sais qu'une fois tout ça passé je le regretterai.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Ces épisodes apparaissent quand quelque chose me "déclenche" et me renvoie dans le passé. Je crois qu'en dessous de cette sauvagerie se trouve un monde entier de souffrance et de douleur et plus de perte et de tristesse que j'aurais cru cela possible avant que je fasse l'expérience de la violence et de la prostitution.&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;J'espère qu'il y aura toujours des gens qui prendront le temps et auront la patience de passer au delà des dégâts pour accéder à la femme à l'intérieur. Je me sens privilégiée que quelqu'un m'ait demandé conseil. Parfois il est difficile de savoir ce qui aiderait, ou si on est dans la position d'essayer d'aider quelqu'un qui est sorti de la prostitution, comment l'aider. Je suppose que je vais simplement dire qu'un peu d'amour et de patience font beaucoup de choses.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1156704989219292913-5254509076060271911?l=survivrealaprostitution.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/feeds/5254509076060271911/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/2011/12/une-main-pour-aider-ou-pour-frapper.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1156704989219292913/posts/default/5254509076060271911'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1156704989219292913/posts/default/5254509076060271911'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/2011/12/une-main-pour-aider-ou-pour-frapper.html' title='Une main pour aider ou pour frapper ?'/><author><name>Angel K</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13401721006534552836</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1156704989219292913.post-1980693144013821806</id><published>2011-03-01T07:41:00.000-08:00</published><updated>2011-12-14T11:46:11.184-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='prostitution'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='syndrome de stress post traumatique'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='santé mentale'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='s&apos;en sortir'/><title type='text'>La méprisable</title><content type='html'>J'écoutais la radio l'autre jour et on parlait d’un soldat qui a tiré sur deux de ses camarades, après une beuverie,  à cause de son syndrome de stress post-traumatique. Ils parlaient de la façon dont le SSPT peut faire revivre à la victime les traumatismes passés.  Leurs moqueries avaient apparemment réactivé chez  lui l'expérience d'être la cible d'attaques dans une zone de guerre. Alors, il les a tués.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai reçu un diagnostic de stress post-traumatique il y a quelques années en raison des abus dont j'ai souffert comme prostituée et comme femme battue. Je me souviens de mon thérapeute me disant que des soldats en souffrent souvent, et que les gens qui souffrent de traumatismes graves peuvent  aussi le développer. Les symptômes comprennent des flashbacks, des cauchemars, et des déclencheurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai tous ces symptômes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais ce que l'expert a déclaré à la radio, et qui a vraiment attiré mon attention,  était que les soldats qui ont été dans un conflit armé, ont des difficultés à se réadapter à la vie civile ensuite, restant avec toutes ces images horribles des atrocités qu'ils ont pu voir, imprimées dans leur esprit. Et ils voudront peut-être retourner au service actif et dans un cadre de combat, parce qu'il y aura autour d’eux d'autres hommes qui ont vécu les mêmes expériences et qui comprennent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et là, avec cette seule phrase que j'ai attrapée par hasard à la radio, j'ai trouvé une réponse à 4 ans de culpabilité, de honte et de confusion. Depuis que j’ai quitté la prostitution, je me suis parfois sentie tirée en arrière vers elle, en particulier lorsque des gens ont refusé de m'aider, ou m’ont dit que j’avais  choisi  et que j’avais dû y trouver du plaisir. Il n'y a rien de pire que d’entendre  quelqu'un  vous expliquer que vous avez tort sur ce que vous ressentez de ce que vous avez vécu, en quelque sorte que vous avez mal compris. Je ne pouvais pas comprendre pourquoi je me sentais tirée vers l'arrière vers quelque chose que j'ai trouvé si horrible, et j’en suis arrivée à la conclusion  que j’ai, à ces moments là, de fortes  pulsions autodestructrices.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais ce qui a été dit sur ​​les soldats a fait sens pour moi. Depuis que je suis sortie de la prostitution, j'ai trouvé mes expériences invalidées  à tous les niveaux, rejetées ou refusées. Encore 4 ans plus tard, je réalise que,  presque sans exception (et il ya eu très peu d'exceptions, même parmi les soi-disant professionnels de la santé mentale),  je n'ai trouvé personne qui ait compris ce que c'est que de se prostituer. La plupart n’ont même pas essayé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Donc, le seul endroit où je me suis toujours sentie vraiment comprise,  a été parmi les autres prostituées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il n’y a pas d’autre situation qui puisse être comparée à la prostitution,  aucune qui attire si peu de compréhension, tant de jugements, de haine et de mépris.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si vous êtes frappée en tant que prostituée, c’est que vous le méritez. Et si vous êtes violée…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Peut-on même violer une prostituée ?  Certes, cela signifie seulement ne pas payer, et de toute façon elle aime le sexe sinon elle n’aurait pas choisi d’être là. On m’a dit que j’avais choisi tout cela. Et bien, Angel, qu’avez-vous retiré de tout ça ? Prenez la responsabilité de ce qui vous est arrivé ! Je ne crains pas de prendre la responsabilité des erreurs du passé, mais je réfute le fait que je voulais ce genre de choses. Personne ne choisit le viol.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La prostituée est condamnée,  tant par ceux qui la méprisent pour ce qu'elle fait  que par ceux qui soutiennent si généreusement  (en son nom – ils ne rêveraient pas de le faire eux-mêmes) son droit d’être une femme violée, d’être une prostituée. C’est une situation désespérante.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur Radio 4, ni l’expert, ni à vrai dire personne, n’a suggéré qu’un  soldat veuille revenir au service actif  parce qu’il prenait plaisir à être le témoin des atrocités qui avaient déclenché son SSPT et l’avaient tellement déconnecté de la population civile en général. Où sont cette compassion  et cette compréhension quand il s’agit d’une femme prostituée ?  Pourquoi lui est-il reproché à elle,  parmi tous les autres, d’avoir été blessée et pourquoi lui dire à nouveau qu’elle a choisi parce qu’elle aime ça ? C’est un total manque de compréhension de l'absence de choix, de la dépendance, du désespoir et du traumatisme qui résultent d’être baisée et et utilisée et violée et  traitée comme moins qu’un être humain. Comme prostituée, j’étais une poupée humaine à baiser, la seule différence était qu’on s’attendait à ce que je me réjouisse d’être violée et que j’y trouve du plaisir. Une poupée gonflable aurait été traitée avec plus de douceur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Considérant cela, Il n’est pas étonnant que vous soyez tirée vers l'arrière. Une femme qui a été prostituée est une femme qui ne s'appartient pas. Abîmée comme elle l’est par ce qu'elle a vécu, elle est simplement impossible à accepter. Une vérité trop dangereuse à manier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si les femmes utilisées dans l’industrie du sexe n’aiment pas réellement cela, le « droit » de chacun de se masturber sur des femmes dans des clubs de striptease, des magazines, des vidéos et la télévision peut être mis en doute, et la société n’est pas préparée à ce que cela se produise.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ainsi nous sommes utilisées, puis jetées, un embarras, le rebut humain produit par un système de perpétuelles inégalités et abus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Etre une ordure humaine ? Maintenant, je sais que c’est de la foutaise.&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;(traduction par &lt;a href="http://enquelquesorte.blogspot.com/"&gt;Lora&lt;/a&gt;,&amp;nbsp;légèrement éditée)&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1156704989219292913-1980693144013821806?l=survivrealaprostitution.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/feeds/1980693144013821806/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/2011/03/la-meprisable.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1156704989219292913/posts/default/1980693144013821806'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1156704989219292913/posts/default/1980693144013821806'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/2011/03/la-meprisable.html' title='La méprisable'/><author><name>Angel K</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13401721006534552836</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1156704989219292913.post-5006935129453576191</id><published>2011-02-28T06:37:00.000-08:00</published><updated>2011-12-13T16:31:24.565-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='égalité'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='pornographie'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='féminisme'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='capitalisme'/><title type='text'>Conneries totales</title><content type='html'>Les conneries qui sont répandues dans la vie de tous les jours puisque faisant partie de notre culture en Grande Bretagne commence à vraiment m'atteindre. Je réfléchissais ce matin en m'habillant (un grand moment de réflexion pour moi) sur tout ce qui se liguait contre moi. Pas seulement moi, mais toute femme qui vit dans notre culture fait face à un choix : rentrer dans le jeu de la pornification, de l'irresponsabilité féminine, en faire partie (en pensant : "Ok, je vois le jeu, je vais y jouer avec les hommes, je vais m'habiller comme ils veulent, me comporter comme ils veulent, et obtenir ce que je veux, c'est à dire être voulue et désirée par eux. Ainsi j'aurai du pouvoir"). Comme si être une poupée gonflable femelle était une façon de gagner du pouvoir. Comment le sais-je ? Je pensais comme ça avant !&lt;br /&gt;Ou alors, penser : je veux quelque chose d'un peu différent. Être traitée comme un objet sexuel n'est pas source de pouvoir, être capable d'attirer des centaines d'hommes qui veulent te baiser n'est pas exactement une mesure du pouvoir. Je veux jouer avec mes propres règles. Je veux être attirante et m'amuser, mais pas attirante selon les règles conventionnelles. Je veux me sentir bien avec mon corps, plutôt que de me torturer parce que je ne suis pas fine comme un bâton avec des faux seins, comme les normes extérieures le requièrent. Je veux traiter les hommes comme des égaux, plutôt que de jouer à des jeux avec eux dans lesquels je les méprise et les dédaigne, et dans lesquels ils me méprisent et me dégradent. Je veux quelque chose qui ne soit pas superficiel, et plus intime que de baiser.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Ayant opté pour le second choix, après avoir été témoin des dommages destructeurs causés par un jeu basé sur les mensonges et la désinformation impulsés par l'industrie du sexe, je me sens largement dépassée. L'autre point de vue est partout ! Les femmes sont choisies comme actrices à cause de ce à quoi elles ressemblent. Elles posent à peine vêtues dans des "magazines pour hommes", ressemblant exactement à toutes les autres femmes qui y sont - pas de place pour briser le moule ou pour l'individualité ici ! - et parlent de se sentir libérées. Assises dans notre salon, nous ressentons le contraire. Presque tous les films montrent des femmes nues, mais pas des hommes. Presque tous les garages, tous les kiosques à journaux ont des "magazines pour hommes" (la soi-disant porno "softcore", comme si la porno pouvait être "soft" ou inoffensive), tous les clips de chansons font figurer des femmes à moitié nues, la lingerie reprend les codes de la pornographie tout en se prétendant pro-femmes...&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Je pourrais continuer ad infinitum. Il n'y a pas moyen d'y échapper, en tant que femme, tu dois te battre pour être vue autrement que comme un divertissement. Et en tant qu'homme tu dois de battre contre l'avis trop commun qui dit que si tu traites les femmes comme des égales, comme des êtres humains et non des objets sexuels, tu n'es pas tout à fait "un homme".&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Arrêtons les conneries, prenons des risques et parlons et disons que traiter l'autre comme un ennemi, qu'être manipulé, conquis et rejeté n'est ni sain ni inévitable. Les hommes et les femmes peuvent se battre ensemble et refuser d'avoir leur sexualité dictée par une industrie qui se fiche complètement de la libération sexuelle ou des gens qu'elle utilise, mais qui est purement et simplement une vaste entreprise à faire de l'argent, l'industrie la plus profitable qui ait jamais existé.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Activez-vous. Combattez ces conneries.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1156704989219292913-5006935129453576191?l=survivrealaprostitution.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/feeds/5006935129453576191/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/2011/02/conneries-totales.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1156704989219292913/posts/default/5006935129453576191'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1156704989219292913/posts/default/5006935129453576191'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/2011/02/conneries-totales.html' title='Conneries totales'/><author><name>Angel K</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13401721006534552836</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1156704989219292913.post-878204685648843956</id><published>2011-02-14T08:49:00.000-08:00</published><updated>2011-12-12T14:57:24.301-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='prostitution'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='perte'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='mort'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='addiction'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='alcoolisme'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='deuil'/><title type='text'>L'art d'être en deuil... ou d'apprendre à l'être</title><content type='html'>Je viens de perdre le parent qui me restait, un passage difficile. Bien que pour un oeil non entraîné j'ai l'air de fonctionner tout à fait comme d'habitude, je ne me sens pas bien. Il est difficile de dire comment je me sens. Facile de dire "complètement bouleversée" mais ça ne signifie pas grand chose. Je me sens, tour à tour, déconnectée, seule, en colère, apeurée. Ah, la peur ! Toujours mon paramètre par défaut. J'ai l'impression que ma confiance, ma sécurité, s'est écoulée par la plante de mes pieds, et j'ai peur, tellement peur, de la vie. La peur se montre comme toujours à travers la colère, un tempérament déraisonnable, et un attachement qui jette ceux qui me sont les plus proches et les plus chers au milieu de la secousse d'une guerre : ne m'abandonne pas - dégage ! Consciente, comme je le suis, de mes humeurs, j'ai l'impression que je devrais m'isoler, ramper sous un rocher et laisser les autres tranquilles. Evidemment je ne le fais pas, parce que c'est exactement ce qu'attendent ma toxicomanie et mon alcoolisme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Je sais quoi faire pour rester clean et sobre mais au-delà de ça, je me sens perdue. Je ne sais pas comment &lt;i&gt;être&lt;/i&gt;. Comment fait-on pour être en deuil ? Je sais qu'il n'y a pas de "il faut" mais j'aimerais bien que quelqu'un le rappelle aux gens que je fréquente. Ils sont nerveux et embarrassés au sujet de ce décès, pourtant il n'y a pas besoin : mes mauvaises humeurs ne se manifestent qu'auprès de mes intimes.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Mon corps vibre et ensuite déborde d'émotions inconnues, de pensées non entendues. Je ressens un vaste mouvement de choses dont je réalise que j'en suis au mieux partiellement consciente. De vieilles douleurs reviennent, la prostitution, la violence, la maltraitance. Je suis sur la défensive à nouveau. Le passé, le présent et le futur se cognent les uns dans les autres. Je prends ça au jour le jour, mais quel jour sommes-nous ? Mon sommeil et mes rêves sont trop remplis - trop de choses à intégrer ! La nuit ne détient aucune paix.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Et pourtant, je devrais être reconnaissante pour beaucoup de choses. Je ne bois pas et je ne me drogue pas, je ne me prostitue plus, et je ne suis plus battue et violée comme je l'étais et je n'ai plus peur pour ma vie. Quand on voit les choses comme ça, tout le reste est un bonus.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1156704989219292913-878204685648843956?l=survivrealaprostitution.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/feeds/878204685648843956/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/2011/02/lart-detre-en-deuil-ou-dapprendre-letre.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1156704989219292913/posts/default/878204685648843956'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1156704989219292913/posts/default/878204685648843956'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/2011/02/lart-detre-en-deuil-ou-dapprendre-letre.html' title='L&apos;art d&apos;être en deuil... ou d&apos;apprendre à l&apos;être'/><author><name>Angel K</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13401721006534552836</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1156704989219292913.post-3879287487849320083</id><published>2010-11-18T05:37:00.000-08:00</published><updated>2011-12-10T09:33:15.217-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='prostitution'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='femmes'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='syndrome de stress post traumatique'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='santé mentale'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='pornographie'/><title type='text'>J'ai mal à la tête j'ai mal au corps j'ai mal</title><content type='html'>Je suis dans une passe difficile en ce moment. Ma tête est pleine de douleurs du passé, des images vivantes dégringolant les unes après les autres, une progression rapide, un mélange, qui tourne en rond. Les insultes et les coups et les humiliations et qu'on rie de moi et la souffrance et la honte et la dégradation et être utilisée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ma tête me fait mal et mon corps me fait mal, chacun leur tour et ensemble, l'un puis l'autre, ressentant et re-sentant les choses qui passent dans ma tête. Mes muscles se contractent sous la tension et me font mal en se relâchant. Je vis dans une zone de guerre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;b&gt;Épuisée.&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Je peux sentir ma confiance partir, sentir mes mots partir, sentir ma force partir. Je me sens incapable, vaincue.&lt;br /&gt;&lt;b&gt;&lt;br /&gt;Tout s'en va.&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Partout où je regarde, des images de femmes comme des objets sexuels, des voix pour le justifier, le normaliser, en chanter les louanges.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;b&gt;&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;b&gt;Qui me font souffrir.&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;J'ai déjà été là, je suis déjà passée par là, je suppose que je vais traverser ça bien que mes émotions me disent le contraire, les voix venant du passé me disent le contraire. Elles veulent que j'abandonne. Elles me tourmentent, m'aiguillonnent, me minent :&lt;b&gt; pourquoi faire ? Croyais-tu vraiment pouvoir faire la moindre différence espèce de putain de salope stupide ? Putain de salope stupide ! Maintenant ferme ta gueule.&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;b&gt;&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Je ne serai PAS vaincue. La vérité ne peut tout simplement pas être tue. J'aimerais juste que ce ne soit pas aussi affreusement douloureux parfois.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1156704989219292913-3879287487849320083?l=survivrealaprostitution.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/feeds/3879287487849320083/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/2010/11/jai-mal-la-tete-jai-mal-au-corps-jai.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1156704989219292913/posts/default/3879287487849320083'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1156704989219292913/posts/default/3879287487849320083'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/2010/11/jai-mal-la-tete-jai-mal-au-corps-jai.html' title='J&apos;ai mal à la tête j&apos;ai mal au corps j&apos;ai mal'/><author><name>Angel K</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13401721006534552836</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1156704989219292913.post-3084204578520844111</id><published>2010-10-25T08:02:00.000-07:00</published><updated>2011-12-08T10:23:39.974-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='prostitution'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='violations des droits humains'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='pornographie'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='invisibilité'/><title type='text'>Les violences invisibles</title><content type='html'>Le Lobby Européen des Femmes (European Women's Lobby) vient de publier un de mes articles. Elles m'ont envoyé, accompagné de quelques copies du magazine, un DVD appelé "Not For Sale" ("Pas à vendre"), qu'elles ont produit conjointement avec la Coalition Contre le Trafic des Femmes. Elles m'ont également envoyé "Les liens entre la prostitution et le trafic sexuel : un manuel d'introduction", rempli de données sur la prostitution et la pornographie. Une lecture assez sinistre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Ce qui m'intéresse, c'est cette question : où sont ces faits et ces statistiques quand on débat de la prostitution et de la pornographie dans la vie de tous les jours ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Cette information n'est pas cachée : elle n'est pas conservée dans une sorte de cache secrète dans une une salle sombre. &lt;i&gt;Et pourtant elle est complètement absente de la majorité des discussions. &lt;/i&gt;Pourquoi ? Si on devait débattre du pour et du contre de la modification génétique, on ne le ferait jamais sans avoir recours à l'information, aux faits et aux chiffres. Si on devait débattre de &lt;i&gt;quoi que ce soit &lt;/i&gt;d'importance, que ce soit de la peine de mort à l'état providence, d'une façon significative, on s'attendrait à utiliser des données et des preuves.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;L'industrie du sexe a fait un bon travail en s'assurant que ces faits soient écartés des débats sur la prostitution et la pornographie en utilisant à la place un langage qui est extrêmement attractif à l'esprit occidental moderne. Choix, libéralisme, empowerment - qui ne les encourage pas ? J'ai argumenté ailleurs sur le fait que ce langage n'a &lt;i&gt;aucune place&lt;/i&gt;&amp;nbsp;dans le contexte de l'industrie du sexe. Leurs arguments sont du vent très joliment emballé.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;L'argument du DVD que j'ai regardé, et que je crois être vrai à 100%, est celui-ci : &lt;i&gt;quand nous adoptons ce langage, &lt;/i&gt;en particulier &lt;i&gt;là où un état légalise la prostitution&lt;/i&gt;, cela sert à rendre invisible la violence faite aux femmes impliquées.&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Légaliser la prostitution rend invisible tout le mal qu'elle fait aux femmes qu'elle utilise.&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Il y a moins d'aides pour sortir de la prostitution dans les pays où elle est légale. Pourquoi ? Parce que là où elle est légalisée, elle devient vue comme un job comme un autre, et pourquoi aurait-on besoin d'aide pour quitter un job normal ? Réfléchissez-y. Là où la prostitution est légale, le maquereau devient un businessman, un entrepreneur, dont les intérêts sont protégés par la loi. Le langage de la maltraitance disparaît. Les femmes qui sont prostituées deviennent des "travailleuses du sexe", les types qui les achètent des "clients". Un vernis de respectabilité est donné à un système qui ne respecte pas les droits humains. Une atmosphère où les actes quotidiens de violence et de dégradation sont perpétrés sur des femmes devient légitime parce que cela prend place dans un environnement "sécuritaire". Qu'est-ce qui est sécuritaire dans le fait d'être pénétrée, blessée, utilisée ? Est-ce que c'est correct parce que cela prend place dans des chambres avec de jolis couvre-lits (pour la commodité des clients, biens sûr), et en intérieur ? Si je suis violée dans un bordel légalisé et pas au coin d'une rue, en quoi est-ce que c'est mieux ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;La violence est inhérente dans l'action de chaque client. Ils demandent le droit de prendre leur plaisir de la manière qui leur plaît, et parce qu'ils payent pour ça, on estime cela acceptable. Pourquoi est-il plus acceptable de violer une prostituée, de maltraiter une prostituée, que n'importe quelle autre femme ? Est-ce qu'un échange d'argent, dont elle devra reverser la majorité si ce n'est tout à son proxénète ou pour payer sa maison, rend l'inacceptable acceptable ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Légaliser la prostitution n'a rien à voir avec l'amélioration de la sécurité des prostituées : &lt;i&gt;il n'y a pas&lt;/i&gt;&amp;nbsp;de sécurité en tant que prostituée. Être une "escort" a peut-être l'air plus salubre, mais l'acte est le même, les risques sont les mêmes. Légaliser la prostitution a &lt;i&gt;tout &lt;/i&gt;à voir avec la sécurité et le bien-être des clients, des proxénètes. Cela leur donne un air de légitimité, cela leur permet de marcher tête haute et de bavarder à propos de leur "business" en public (une version très abstraite et aseptisée, évidemment). Légaliser la prostitution supprime toute possibilité de la femme prostituée à appeler à l'aide, parler de sa maltraitance, ce qui est déjà assez difficile comme ça.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;i&gt;Légaliser la prostitution serait l'équivalent d'exhumer les souvenirs du temps où le viol conjugal n'était pas encore reconnu : changez le langage et vous étouffez le problème. Comment veux-tu parler sans langage ?&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;J'ai lutté pour obtenir de l'aide, pour être entendue, depuis que j'ai quitté la prostitution. J'ai fréquenté des (soi-disant) spécialistes de la santé mentale qui étaient incapables de voir où était le problème avec la prostitution. On m'a dit que j'avais tort d'avoir un problème avec ça, d'être dérangée par la pornographie (même en tant que personne qui a été utilisée dans la pornographie et qui a dû "apprendre" comment se comporter selon la pornographie), on m'a dit de passer à autre chose et que j'avais choisi tout ça.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;HEIN ?&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Tu ne &lt;i&gt;choisis&lt;/i&gt;&amp;nbsp;pas d'être traitée comme ça. Tu es foutue et tu te retrouves là-dedans. C'est ce qui m'est arrivé et j'ai vu la même histoire encore et encore avec les femmes que j'ai rencontré. Elles avaient été maltraitées. Elles étaient piégées par une addiction. Elles n'avaient pas d'argent. Elles n'avaient aucune estime de soi. Elles n'avaient aucun choix.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tu en arrives au point ou tu es tellement fracassée par tout ça, tellement consumée par tout ça, par les choses qu'ils te disent - les clients, ton partenaire qui te frappe, la clameur toute entière d'une société qui a gobé les mensonges de l'industrie -, que tu cesses de te préoccuper de ce qui t'arrive. Ils t'ont dit que tu aimais ça, que tu l'as choisi. Tu deviens confuse. Peut-être que oui. On s'en fout. Tellement fatiguée. Juste survivre. Juste survivre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Je suis chanceuse de m'en être sortie - de justesse. J'ai failli de pas y parvenir. Je connais beaucoup de femmes qui n'ont pas eu cette chance. Nous devons nous battre pour que le mal qui leur est fait reste visible.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1156704989219292913-3084204578520844111?l=survivrealaprostitution.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/feeds/3084204578520844111/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/2011/12/les-violences-invisibles.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1156704989219292913/posts/default/3084204578520844111'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1156704989219292913/posts/default/3084204578520844111'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/2011/12/les-violences-invisibles.html' title='Les violences invisibles'/><author><name>Angel K</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13401721006534552836</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1156704989219292913.post-189377062682158331</id><published>2010-10-20T03:26:00.000-07:00</published><updated>2011-12-08T10:25:00.912-08:00</updated><title type='text'>Scandalisés mais pas touchés</title><content type='html'>L'autre jour j'ai vu qu'un garçon de 16 ans avait été arrêté pour le viol d'une fille de 8 ans. Les gens sont scandalisés - et c'est effectivement scandaleux. Mais ce n'est peut-être pas surprenant. C'est ce qui arrive quand on vit dans une culture pornifiée. Quand on vit dans une culture qui vend les femmes, qui dégrade les femmes, qui fait d'énormes profits en dépeignant les femmes comme des objets sexuels, constamment disponibles, attendant juste que ta bite (ou aucun autre objet de passage) soit insérée dans son vagin et son rectum, on ne devrait pas être surpris quand les générations qui viennent croient que les femmes veulent être traitées ainsi. Les enfants "mineurs"* auront accès à la pornographie et seront affectés par ce qu'ils verront. Je me souviens avoir vu la collection de porno du frère d'un ami quand j'étais en primaire. Ces images, et ce qu'elles signifiaient pour moi, sont restées avec moi. Quand je disais aux hommes qui m'utilisaient et me vendaient que ça faisait mal, ils me disaient que non, que j'aimerais ça - exactement comme les femmes dans les films qu'ils regardaient le disaient.&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Je ne crois pas qu'elles aient aimé ça non plus, à en juger par l'expression de souffrance sur leur visage.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Les défenseurs de la pornographie disent que c'est un fantasme inoffensif. Mais cela n'a rien d'un fantasme pour les femmes qui y sont utilisées ("actrice" et "mannequin" me semblent être des étiquettes trop douces pour la réalité : poupée gonflable). Ou pour les femmes dont les partenaires regardent de la pornographie et veulent qu'elles imitent ce qu'ils voient, ignorant complètement leur intimité et l'égalité. Ou pour nos enfants qui apprennent la sexualité et les dynamiques relationnelles entre les sexes de cette façon. La pornographie ne parle pas d'égalité entre partenaires sur les besoins et les désirs. Elle parle de l'affirmation du pouvoir et de la possession, de mensonges et de désinformation.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;La majeure partie de la pornographie hétéro ne dépeint pas de sexe "sécuritaire" - dans aucun des sens du terme. Les hommes portent rarement un préservatif, et les femmes sont montrées subissant des pénétrations orales, vaginales et anales (plus grand risque d'infection) par de nombreux hommes. Ou alors le même homme baise de nombreuses femmes, l'une après l'autre, sans préservatif. "Chevauchée à cru", comme l'industrie aime appeler ça. À quelle fréquence la pornographie montre-t-elle l'application de lubrifiant ? Ou n'importe quelle sorte d'effort tendant vers le bien-être de la femme. Elle est là uniquement pour faire bander l'homme : celui qu'on montre en train de la baiser, celui qui manie la caméra, celui qui fait de l'argent en la vendant et celui qui se branle sur elle chez lui sur son sofa. Son bien-être, physique ou émotionnel, ne fait tout simplement pas partie du tableau.&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Alors avec les garçons et les filles qui découvrent souvent la sexualité via la pornographie, on a un problème. Les femmes pensent que leurs besoins et leurs désirs ne sont pas légitimes - il n'y a pas de place pour eux. Les femmes dans la pornographie n'ont pas de désirs ou de besoins autres que d'être touchée n'importe comment, baisée n'importe comment, répondant aux désirs et aux exigences de l'homme. Des filles qui grandissent ressentent le poids de l'attente. Des garçons pensent qu'être "viril" implique de traiter les femmes comme des objets sexuels, d'être dominateur, et de baiser les femmes sans intimité ni respect. Il est difficile d'apprendre l'intimité et le respect dans une culture de pornographie agressive, surtout quand cette culture est si dominante. Le fist-fucking, les gang bangs et les double pénétrations ne vont pas vraiment main dans la main avec le respect. Et la présence d'une caméra et d'une audience ne crient pas exactement à l'intimité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La valeur humaine est hors du tableau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On devrait arrêter d'avoir l'air surpris quand des hommes ou des générations plus jeunes de garçons traitent les femmes comme des objets sexuels dans la vraie vie, et prendre un peu nos responsabilités pour une fois. Après tout, si nous acceptons que les femmes soient traitées ainsi dans les magazines et les dvd, et que nous défendons cela, que nous l'achetons et en rions ("les mecs sont des mecs !"), pourquoi cela ne changerait pas la façon dont les hommes traitent les femmes dans la vie de tous les jours et la façon dont les femmes se voient elles-mêmes ? Nous avons besoin de réfléchir un peu, de réaliser quelle est notre part là dedans et de prendre action pour stopper la normalisation de l'objectification sexuelle des femmes. Tant que nous ne sommes pas préparés à agir, à faire les choses différemment, nous restons scandalisés. Mais pas touchés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;* Je trouve ça étrange que quand une femme atteint 18 ans, son statut change magiquement et elle devient soudainement exploitable légalement dans la pornographie.. Est-ce qu'atteindre un certain âge fait soudainement qu'un humain n'a plus besoin de protection et de dignité ? De même que l'âge d'accès à la pornographie - à 18 ans devient-il soudainement acceptable de se joindre à l'achat et la maltraitance de femmes dans la pornographie ? Je ne dis pas ici que les mineurs ne devraient pas être protégés mais je demande plutôt pourquoi l'inquiétude pour le bien-être d'un humain disparaît quand un mineur devient adulte au nom de la loi.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1156704989219292913-189377062682158331?l=survivrealaprostitution.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/feeds/189377062682158331/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/2011/12/scandalises-mais-pas-touches.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1156704989219292913/posts/default/189377062682158331'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1156704989219292913/posts/default/189377062682158331'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/2011/12/scandalises-mais-pas-touches.html' title='Scandalisés mais pas touchés'/><author><name>Angel K</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13401721006534552836</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1156704989219292913.post-7384777522192500591</id><published>2010-09-29T14:16:00.000-07:00</published><updated>2011-12-06T14:33:25.660-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='hommes'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='femmes'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='respect'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='humanité'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='pornographie'/><title type='text'>Être humain</title><content type='html'>J'étais en train de regarder quelques sites anti pornographie... Un nouveau a été lancé récemment, The Anti Porn Men's Project. Finalement ! Un espace pour les hommes qui ont les yeux pour voir que la pornographie ne fait pas que nuire aux femmes, mais qu'elle dévalue les &lt;i&gt;hommes &lt;/i&gt;aussi. Il est malsain de définir la masculinité en termes de traiter les femmes comme des objets sexuels.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Il est bon de savoir qu'il y a d'autres voix, bien que toujours une minorité, qui font campagne contre l'accession à la culture dominante de pratiques inacceptables et inhumaines. Notre société a intégré quelque chose d'essentiellement nuisible et l'a normalisé au point où la majorité des gens l'acceptent simplement - avec un haussement d'épaules, si pas les bras ouverts. La pornographie n'est pas inévitable, une sorte de mal nécessaire ! Quand on la traite ainsi au lieu de prendre parti contre elle, nous nous tirons une balle dans le pied, à nous et aux futures générations. Qu'est-ce que cela signifie si la majorité des idées des adolescents sur le sexe et les relations intimes sont formées à travers la lentille de la pornographie ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Ce qu'il faut comprendre c'est que &lt;i&gt;nous parlons de quelque chose qui déshumanise, qui diminue, qui fait des femmes des objets à prendre et à jeter&lt;/i&gt;&amp;nbsp;- quand elle a été entièrement utilisée et abusée et est trop abîmée pour "performer" à nouveau, elle est mise de côté, et on met une autre femme sans nom devant la caméra. La pornographie vole l'humanité des gens qu'elle utilise. Dans la pornographie, les femmes sont montrées comme étant dominées, humiliées, pénétrées et double-pénétrées et triple-pénétrées - blessées - &lt;i&gt;et aimant ça&lt;/i&gt;. Les femmes sont montrées comme quémandant du sexe en permanence.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Le respect et la dignité n'ont aucune place dans ce tableau.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Le pornographeur veut faire vibrer le spectateur. Même les hommes dans le porno font parfois semblant d'être surpris que la femme &lt;i&gt;veuille&lt;/i&gt;&amp;nbsp;un traitement si extrême (généralement l'insertion de gros objets dans son vagin ou son rectum). Pas étonnant que quand des femmes sont violées tant de gens disent qu'elle en demandait ! Les femmes dans la pornographie sont rarement montrées refusant quoi que ce soit. Et quand le spectateur pourrait être en danger de penser que quelque chose qu'on lui fait a l'air douloureux, elle se voit souvent forcée de dire que c'est génial, qu'elle adore ça.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Des femmes utilisées directement dans la pornographie aux hommes et aux femmes qui vivent dans une société qui accepte la vente des femmes pour le sexe, tout le monde est perdant, si pas financièrement, au moins humainement. L'argent triomphe sur l'humanité. Et voulons nous réellement remplir les poches des proxénètes et des pornographes ?&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1156704989219292913-7384777522192500591?l=survivrealaprostitution.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/feeds/7384777522192500591/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/2010/09/jetais-en-train-de-regarder-quelques.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1156704989219292913/posts/default/7384777522192500591'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1156704989219292913/posts/default/7384777522192500591'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/2010/09/jetais-en-train-de-regarder-quelques.html' title='Être humain'/><author><name>Angel K</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13401721006534552836</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1156704989219292913.post-1154113244470711106</id><published>2010-09-07T06:10:00.000-07:00</published><updated>2011-12-06T14:16:22.764-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='femmes'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='intimité'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='pornographie'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='confiance'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='violence domestique'/><title type='text'>Putain d'intimité</title><content type='html'>J'ai réalisé que dans ma vie passée il y avait la baise, et il y avait l'intimité. Les deux ne se rencontraient jamais ! Le concept de sexualité amoureuse, dans une relation entre égaux, m'était complètement étranger. Dans un contexte de violence, le choix ne veut rien dire. J'ai fait ce que je devais pour rester en sécurité, parfois en initiant des relations sexuelles même quand je n'en voulais pas, pour tenter d'éviter des coups. Ou alors j'ai fait ce qu'on me forçait à faire, que ce soit par la contrainte physique ou par la menace de violence. Je n'avais aucun contrôle sur mon corps, sur ce qui lui arrivait, sur qui y avait accès, qui l'utilisait et le en abusait. Traitée comme un animal, j'en suis devenue un - vivant par instinct, sans dignité et sans respect. Viol et dignité, violence et dignité, pornographie et dignité ne sont pas compatibles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Incapable de m'éloigner physiquement de ce qui m'arrivait, je me suis éloignée mentalement : je m'anesthésiais. Aujourd'hui encore, mes souvenirs restent en lambeaux, une série d'instantanés préservés dans toute leur gloire en technicolor, avec d'énormes trous entre eux, perdus. Parfois je préférerais ne pas me souvenir des choses dont je me souviens, mais les trous de mémoire me perturbent aussi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je continue de lutter pour lier le sexe à l'intimité. Je peux me sentir très détachée quand on me touche, ou alors très vulnérable. Ma position par défaut est celle de la méfiance : d'être blessée, d'être utilisée, d'être humiliée à nouveau. Je continue parfois de pleurer dans un contexte intime. Bien que cela soit un peu gênant, je suppose que c'est une bonne chose. Les larmes apportent une guérison, et c'est un progrès que je m'autorise à ressentir, même si parfois j'aurais préféré me sentir différemment ! M'autoriser à ressentir, à être pleinement présente, dans un contexte sexuel, est quelque chose que je suis encore en train d'apprendre. J'ai dû désapprendre un tas de choses à propos des gens et de mes relations à eux. Tous les hommes ne sont pas comme les hommes que j'ai rencontrés dans ma vie précédente.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je crois que la confiance se mérite. Je ne la donne pas de façon légère. J'ai &lt;i&gt;vraiment&lt;/i&gt;&amp;nbsp;peur d'être blessée à nouveau. &lt;b&gt;Beaucoup.&lt;/b&gt;&amp;nbsp;Mais au final je sais que je ne peux pas survivre toute seule, sans faire confiance à qui que ce soit. Sur ce chemin se trouvent la solitude et l'addiction ! Ce n'est pas quelque chose que je tiens pour acquis et cela va et vient à certains moments, mais c'est simplement bon d'être en vie et d'avoir une chance de faire les choses différemment, d'être dans ma propre peau, de constater moi-même mes propres besoins, ou si je ne suis pas sûre de savoir ce que sont mes besoins, simplement de savoir qu'il est normal d'en avoir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tu vois ce que je veux dire ?&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1156704989219292913-1154113244470711106?l=survivrealaprostitution.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/feeds/1154113244470711106/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/2010/09/putain-dintimite.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1156704989219292913/posts/default/1154113244470711106'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1156704989219292913/posts/default/1154113244470711106'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/2010/09/putain-dintimite.html' title='Putain d&apos;intimité'/><author><name>Angel K</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13401721006534552836</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1156704989219292913.post-3318171686252144637</id><published>2010-09-01T07:23:00.000-07:00</published><updated>2011-12-03T07:39:47.014-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='femmes'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='cauchemars'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='guérison'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='maltraitance'/><title type='text'>Sur les rêves et le rêveur</title><content type='html'>Je me réveille, un enchevêtrement de pensées confuses et de souvenirs, de membres et de draps. Je sens la sueur couler le long de mon dos, le long de mon visage. Trempée. Le rêve que je faisais était un parmi d'autre, faisait partie d'un cycle, un ensemble habituel. Ces rêves...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Ils sont une poussée vers l'extérieur de mon subconscient, un vomissement de matière repoussée et enterrée pour ma survie. Quand je rêve comme ça je rejoue, je revis, mon passé.&amp;nbsp;Ça&amp;nbsp;me hante. Les images peuvent changer mais pas le scénario : je regarde un corps, un corps qui m'appartient et qui ne m'appartient pas, je regarde mon ex et les autres hommes le maltraiter.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Ce corps !&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Il peut courir mais il ne peut pas les semer, il peut résister mais il n'a aucune chance. Impuissance désespérée. Mon corps. Moi. Je suis le spectateur, le voyeur, je &lt;i&gt;suis&lt;/i&gt;&amp;nbsp;la peur et la honte, la souffrance et la terreur. Je &lt;i&gt;suis&lt;/i&gt;&amp;nbsp;mes émotions, dans mon corps mais trop, ou alors je suis déconnectée, un esprit flottant, rattachée par le plus fin des fils.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Je suis et je ne suis pas.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Sensation si réelles dans ces rêves. Trop réelles. Être touchée et je ne veux pas. Vouloir crier mais rien ne sort. Essayer de voir mais la noirceur d'un bandeau. Le sens des réalités en panne, l'odeur et le goût et le toucher en vie et accablants.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Mon esprit est en train d'intégrer des choses, lentement oui, mais certains blackouts, les trous de mémoire, se remplissent. En toute honnêteté, parfois je préférerais ne pas me souvenir.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Une image.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Une sensation.&lt;br /&gt;Un instantané.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Curieusement, glorieusement, séparée de mon corps, là mais pas là.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;La souffrance et l'obscurité font partie de moi, je choisis de ne pas y vivre ces jours-ci en cours de guérison mais je ne peux pas l'empêcher de s'écouler lentement hors de moi, faisant son chemin, l'Inacceptable faisant son chemin à travers moi. Aucune quantité de déni, aucune quantité de distraction, ne l'arrêtera. Invoulu ? Oui. Tellement douloureux que mon corps entier en a mal. Mais &lt;i&gt;nécessaire&lt;/i&gt;, absolument. Mon corps et mon esprit se guérissant à un niveau plus profond que je ne peux le comprendre. Être entendu amène la guérison, être accepté amène la guérison, et j'ai besoin de m'entendre et de m'accepter.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1156704989219292913-3318171686252144637?l=survivrealaprostitution.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/feeds/3318171686252144637/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/2010/09/sur-les-reves-et-le-reveur.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1156704989219292913/posts/default/3318171686252144637'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1156704989219292913/posts/default/3318171686252144637'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/2010/09/sur-les-reves-et-le-reveur.html' title='Sur les rêves et le rêveur'/><author><name>Angel K</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13401721006534552836</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1156704989219292913.post-6985569978105063529</id><published>2010-08-28T06:30:00.000-07:00</published><updated>2011-12-03T06:34:44.000-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='lapdance'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='hommes'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='femmes'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='égalité'/><title type='text'>Oh, et PS...</title><content type='html'>Juste une note sur mon dernier article... le gentleman avec qui je parlais qui donnait l'opinion qu'un club de lapdance n'était qu'un "simple divertissement" utilisait comme principale justification le fait que &lt;i&gt;"c'est un mec"&lt;/i&gt;. Ok, donc c'&lt;i&gt;est&lt;/i&gt;&amp;nbsp;un mec - mais et alors ? Ca ne signifie pas qu'il doive agir comme un déchet. En fait, je trouve ça sexiste d'impliquer que c'est un homme &lt;i&gt;donc&lt;/i&gt;&amp;nbsp;il doit voir les femmes comme des objets sexuels. Cette ignorance et ce consternant manque de pensée cohérence derrière des pratiques sexistes et nuisibles ne cesseront jamais de m'abasourdir. Personnellement, j'aime croire qu'un homme n'est pas gouverné par son pénis et a en réalité la même capacité de self-control qu'une femme. Je crois qu'on appelle ça égalité.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1156704989219292913-6985569978105063529?l=survivrealaprostitution.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/feeds/6985569978105063529/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/2010/08/oh-et-ps.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1156704989219292913/posts/default/6985569978105063529'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1156704989219292913/posts/default/6985569978105063529'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/2010/08/oh-et-ps.html' title='Oh, et PS...'/><author><name>Angel K</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13401721006534552836</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1156704989219292913.post-6695442613960985445</id><published>2010-08-28T05:50:00.000-07:00</published><updated>2011-12-03T06:21:43.729-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='prostitution'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='lapdance'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='femmes'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='clients'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='pornographie'/><title type='text'>La défense des clients</title><content type='html'>C'est la voix de chacun des hommes qui m'a frappé, chaque homme qui m'a touchée quand je ne voulais pas être touchée, chaque homme qui m'a achetée. "Les mecs sont des mecs... c'est juste un club de lapdance". Je peux lire les sous-titres, pas de problème. &lt;i&gt;C'est quoi ton problème ? Quelle puritaine ! C'est juste un petit divertissement inoffensif.&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Un putain de divertissement inoffensif.&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;Je ne crois pas, non. C'est l'achat de femmes, la vente d'une inégalité, &lt;b&gt;la légitimation d'un abus&lt;/b&gt;. Tout cela justifié au nom d'un "bon moment", le tout encadré par l'échange d'argent (bien que la majorité de cet argent n'aille pas à la femme qu'on regarde et qu'on touche).&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Et pourtant c'est &lt;i&gt;moi&lt;/i&gt;&amp;nbsp;qu'on accuse d'être extrême, déraisonnable pour oser émettre une objection, suggérer qu'il puisse y avoir un autre regard à porter sur tout ça. !!!!. Inquiètes d'êtres qualifiées de prudes si elles ne se joignent pas à la cacophonie de voix qui soutient la vente des femmes, trop de femmes choisissent d'être "libérales" à propos de l'oppression de leurs soeurs. J'ai ressenti cette pression moi-même ! Jeune et naïve, je me suis jointe au rire de mes compagnons face à la pornographie, à certaines de ses images les plus extrêmes (regarde ce qu'il lui met dans la chatte et dans le cul ! on croirait que ça fait mal mais elle &lt;i&gt;adore&lt;/i&gt;, elle sourit !) - jusqu'à ce que je me retrouve moi-même du mauvais côté de la caméra, frappée, utilisée, vendue, déchirée - souris ! - et que je réalise ce que &lt;b&gt;tout ça signifie pour moi&lt;/b&gt;.&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Si &lt;i&gt;elle&lt;/i&gt;&amp;nbsp;peut être traitée de cette façon, comme un ensemble de trous, un morceau de viande pour satisfaire les hommes, &lt;i&gt;moi aussi je peux&lt;/i&gt;, et toutes les femmes le peuvent. Il serait idiot de penser que les gens qui voient le lapdance et la pornographie comme la norme ne portent pas cet état d'esprit avec eux dans leur façon d'agir avec les femmes au quotidien. Regarder régulièrement un matériau, ou aller dans des endroits, que ce soit un club de lapdance ou un bordel, où les femmes sont traitées comme moins qu'humaines, ça te change.&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Loin du proxénétisme, des coups, loin de ma condition de femme prostituée, je continue de devoir me protéger des gens qui pensent comme ça &lt;i&gt;tout le temps&lt;/i&gt;. Pour moi, ça touche des vieux nerfs, ça reflète cette attitude de "prendre et jeter" des clients. Cela me ramène dans le passé. Je pleure, je tremble, parfois je vomis.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Peut-être que si ces gens pouvaient voir les conséquences, voir la réalité de ce qu'ils font aux femmes qu'ils utilisent, ils pourraient se construire une conscience. Peut-être, peut-être pas. Je ne mets pas trop d'espoir là-dedans pour l'instant. Parfois les enfants ne &lt;i&gt;veulent &lt;/i&gt;pas voir la vérité. La vérité se met sur le chemin du divertissement, de l'orgasme. Je suppose que tout ce que nous pouvons faire est continuer d'afficher la vérité, là dehors. Nous nous sommes débarrassés du bear baiting (NDT : ancien "sport", jusqu'au XIXe siècle, qui consistait à attacher des ours pour les faire attaquer par des chiens), n'est-ce pas ? Peut-être qu'un de ces jours les droits des femmes rattraperont leur retard.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1156704989219292913-6695442613960985445?l=survivrealaprostitution.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/feeds/6695442613960985445/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/2010/08/la-defense-des-clients.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1156704989219292913/posts/default/6695442613960985445'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1156704989219292913/posts/default/6695442613960985445'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/2010/08/la-defense-des-clients.html' title='La défense des clients'/><author><name>Angel K</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13401721006534552836</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1156704989219292913.post-4477594802422063660</id><published>2010-07-02T11:33:00.000-07:00</published><updated>2011-11-30T14:12:29.998-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='prostitution'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='industrie du sexe'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='femmes'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='violence'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='pornographie'/><title type='text'>Sur les gueules de bois émotionnelles</title><content type='html'>Mes cicatrices attirent mon attention, maintenant que j'ai des rencarts, pour voir un homme. Il remarque et il est curieux. Je ne suis pas habituée aux questions. J'avais les mêmes cicatrices de mon ex quand je me suis prostituée, mais les clients n'en avaient que faire. Faisant une fixation sur les seins et les trous, matières premières de la pornographie, je ne crois même pas qu'ils les aient ne serait-ce que remarqués.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Peut-être que si. Ils n'auraient pas pu rater les entailles sur mes bras, une tentative désespérée de ma part de survivre, de vivre avec l'invivable, d'être moi dans mon corps, moi dans le naufrage de ma vie. Ils n'auraient pas voulu savoir, de toute façon. Après tout, n'est-ce pas là tout le but de la pornographie, de la prostitution, d'être l'achat et l'utilisation sans culpabilité d'une femme comme un objet sexuel ? Pas de place pour entendre l'histoire de cette femme, entendre ses émotions, demander comment ça la fait se sentir et comment elle est arrivée là - ça se mettrait sur le chemin. Les acheteurs demandent une expérience sans culpabilité, sans vérité, que ce soit en éjaculant sur le visage de la prostituée qu'ils ont achetée ou en baisant une autre à travers les pages brillantes d'un magasine, l'humanité de la femme encore un peu plus effacée, pour être pliée et mise dans un tiroir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'acheteur termine et est libre de continuer avec sa vie de tous les jours. On ne peut pas en dire autant de la femme qu'il utilise ! Elle vit cela, elle sait, on lui réaffirme sur une base quotidienne que sa seule valeur est de servir de réceptacle pour son foutre, un spectacle qui doit rester ouvert, maltraitée, pénétrée et vendue. Elle n'a aucune importance : sa souffrance, ses émotions n'ont aucune importance ; ce qui est important, c'est lui, le vendeur, son plaisir, ses frissons. Tout ce qui importe à propos d'elle, c'est qu'elle est disponible, qu'elle est muette, qu'elle ne montre rien d'autre que du plaisir et de la gratitude pour tout ce qu'il décide de lui faire, peu importe à quel point c'est douloureux ou sadique. Sodomie à sec ? Pas de problème - j'adore ça. Double pénétration ? C'est tellement bon ! Passer de l'anus à la bouche ? Le fisting ? Qu'on me pisse dessus ? J'en veux encore plus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme si. Chaque fois qu'elle était abusée, elle rétrécissait un peu, devenant "moins". Chaque fois qu'il la maltraitait, il grandissait un peu, devenant "plus". Son pouvoir à lui grandit tandis que le sien à elle diminue. Les limites n'existent plus désormais. Ces actes sexuels qu'elle n'a pas voulu, qui la font souffrir et l'humilie et la dégradent arrivent un par un. Il manque à son "non" le pouvoir et la possibilité de sortir de cette situation pour se mettre en sécurité. Tu entends ces mots sortir de sa bouche, en demandant encore plus, gémissant de plaisir, disant qu'elle aime ça, ses mots &lt;i&gt;à lui&lt;/i&gt;, mais dans sa bouche à elle. Il est le marionnettiste. Apprenez-ça d'une femme qui sait, l'humiliation ultime c'est d'être forcée à remercier ton abuseur, à demander d'être abusée encore plus. Je me suis scarifiée, j'ai bu et je me suis droguée, je me suis dissociée, je me suis endormie en pleurant quand il y avait des cauchemars attendant juste de me retrouver là où il était parti.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avec mon ex, je savais ce qu'on attendait de moi. La violence, et sa menace, étaient constantes. On me disait de sourire pour les photos, de dire que j'aimais ça pour la caméra. Parfois il était clair que je n'étais pas là par choix - il y avait des stries des coups de ceinture et des hématomes, et de la violence dans la film (et ça vend bien dans certains coins), mais pas toujours. C'est facile d'ignorer ce que tu ne veux pas voir. Pour l'utilisateur de pornographie, il a derrière lui le poids d'une société qui justifie et normalise son achat de femmes comme un "truc de mec". Une société qui, en plus, dit : ne t'inquiète pas pour &lt;i&gt;elle&lt;/i&gt;, elle &lt;i&gt;aime&lt;/i&gt;&amp;nbsp;ça, ça la libère, ça lui donne du pouvoir, ça lui permet de faire plein d'argent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Trois ans après ma sortie, les bleus ont disparu. Les plaies se sont transformées en cicatrices qui seront avec moi pour le reste de ma vie. Mais ce sont les cicatrices mentales qui me font le plus souffrir. Mon syndrome de stress post-traumatique est redevenu violent récemment, et il n'est pas toujours facile de vivre avec mon passé, la maltraitance. Cela continue à impacter sur mon présent, la "gueule de bois émotionnelle" d'avoir été vendue, et que le société continue à choisir d'ignorer. C'est un piège dont il est difficile de se tirer. Tout ce que je sais c'est que, bien que cela puisse être douloureux, essayer d'avancer est la seule option. C'est une belle chose d'être avec quelqu'un qui compte pour moi. Je vais utiliser tous les moyens à ma disposition pour laisser tout ça derrière moi pour pouvoir enfin réellement apprécier ce que j'ai.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1156704989219292913-4477594802422063660?l=survivrealaprostitution.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/feeds/4477594802422063660/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/2010/07/sur-les-gueules-de-bois-emotionnelles.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1156704989219292913/posts/default/4477594802422063660'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1156704989219292913/posts/default/4477594802422063660'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/2010/07/sur-les-gueules-de-bois-emotionnelles.html' title='Sur les gueules de bois émotionnelles'/><author><name>Angel K</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13401721006534552836</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1156704989219292913.post-6044280387132261854</id><published>2010-06-16T07:37:00.000-07:00</published><updated>2011-11-26T09:01:47.090-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='prostitution'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='femmes'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='pornographie'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='féminisme'/><title type='text'>L'industrie du sexe, "féministe" ou artiste du mensonge ?</title><content type='html'>Récemment j'ai participé à une conférence aux côtés de plusieurs autres orateurs à propos de mon expérience de la violence domestique, de la pornographie et de la prostitution. Comme toujours, j'étais extrêmement anxieuse, mais ces jours-ci j'essaie de ne pas laisser la peur se mettre en travers de mon chemin. Le progrès, pas la perfection ! Une des autres personnes à parler est une ancienne lap-danceuse, Lucy, que j'ai rencontrée quand j'ai parlé à l'événement Foyles plus tôt dans l'année. C'était si agréable d'être aux côtés d'autres femmes qui se dédient à mettre la vérité au grand jour sur l'industrie du sexe et ce qu'elle signifie vraiment pour les hommes et les femmes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Un des points clés de cette discussion est un point qui me tient particulièrement à coeur : la façon dont l'industrie du sexe a détourné le langage du féminisme pour justifier ses pratiques oppressives (voir &lt;i&gt;Jeux de langage&lt;/i&gt; parmi d'autres posts sur ce sujet). Bien que j'aie déjà pas mal écrit à propos de l'utilisation du langage dans la&amp;nbsp;légitimation&amp;nbsp;des abus de l'industrie du sexe dans la société, je n'avais pas réellement beaucoup réfléchi aux soi-disant "féministes" qui défendent l'industrie. Donc pour rectifier...&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;En bref, pour moi l'idée que quelqu'un qui défend l'achat et la vente de femmes puisse prétendre être une féministe est au-delà de l'ironie : c'est un non-sens. C'est comme si quelqu'un se prétendait activiste des droits de l'homme tout en défendant la pratique de l'esclavage, n'autorisant pas les esclaves à parler librement de leur expérience de cette situation, mais parlant agressivement &lt;i&gt;en leur nom&lt;/i&gt;&amp;nbsp;dans un langage de droits &lt;i&gt;pour soutenir leur maltraitance,&lt;/i&gt;&amp;nbsp;et insistant pour que l'on change ces termes au nom de l'égalité. Après tout, le vocabulaire de l'achat et de la vente d'êtres humains est terriblement révoltant et dégoûtant, tu ne trouves pas ?&amp;nbsp;Ça&amp;nbsp;donnerait presque l'impression que c'est, et bien, &lt;i&gt;mal.&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;i&gt;Si quelqu'un est traité comme moins qu'un humain, aucune quantité de jeux sur les mots ne rendra cela bien. &lt;/i&gt;C'est se moquer du langage de l'utiliser de cette façon. &lt;i&gt;La pornographie et la prostitution, c'est la consommation d'une inégalité. &lt;/i&gt;Le fait que cela été ré-étiqueté&amp;nbsp;par l'industrie du sexe et quelques soi-disant "féministes" comme étant une source d'empowerment pour les femmes qu'elle utilise ne change pas sa nature réelle. L'industrie du sexe vend les femmes et détruit les vies de celles qu'elle utilise. Point.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Je suis d'accord avec la suggestion d'une autre femme avec qui j'ai parlé à Londres, disant que peut-être que les femmes qui voudraient s'auto-proclamer féministes mais qui sont pro-pornographie devraient à la place se faire appeler militantes positives de de l'abus sexuel. Après tout, pour quoi se battent-elles si ce n'est pour défendre l'abus sexuel d'autres femmes ? Appelons un chat un chat et appliquons un peu de sens commun ici plutôt que de croire aux mensonges.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1156704989219292913-6044280387132261854?l=survivrealaprostitution.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/feeds/6044280387132261854/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/2011/11/lindustrie-du-sexe-feministe-ou-artiste.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1156704989219292913/posts/default/6044280387132261854'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1156704989219292913/posts/default/6044280387132261854'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/2011/11/lindustrie-du-sexe-feministe-ou-artiste.html' title='L&apos;industrie du sexe, &quot;féministe&quot; ou artiste du mensonge ?'/><author><name>Angel K</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13401721006534552836</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1156704989219292913.post-8370686679075892450</id><published>2010-05-26T16:16:00.000-07:00</published><updated>2011-11-26T07:28:02.735-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='prostitution'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='industrie du sexe'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='hommes'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='femmes'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='égalité'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='pornographie'/><title type='text'>Sur l'égalité</title><content type='html'>L'autre jour je parlais avec une amie de la haine des hommes, et ça m'a fait réfléchir... Je ne hais pas les hommes. Je suis passée par une phase de haine des hommes, quand je "travaillais" comme prostituée, et en y regardant, c'est facile de voir pourquoi. Mon ex partenaire abusait de moi, les hommes qu'il me présentait abusaient de moi et les clients payaient pour abuser de moi. C'était beaucoup plus sécurisant pour moi de dire, les hommes sont des merdes, ils te font souffrir, et de me déconnecter. Je pense que ça a rendu les choses moins personnelles, moins douloureuses pour moi en tant qu'être humain, de dire que tous les hommes sont comme ça.&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Maintenant cependant, en guérison, et à mesure du temps, j'en viens à croire quelque chose de différent. À mesure que la colère diminue, et que je peux voir les choses un peu plus clairement, voir la douleur un peu plus clairement, je peux voir mon ancienne vision pour ce qu'elle était : un mécanisme de défense qui était utile dans une situation de traumatisme extrême. Je me suis attaquée à une thérapie pour guérir (j'ai passé 12 mois à voir un thérapeute homme, qui m'a immensément aidée sur mes difficultés à faire confiance aux hommes), et j'ai rencontré quelques hommes bien avec qui je suis devenue amie. J'en suis venue à voir la vérité : de même qu'il y a des femmes gentilles et des femmes méchantes, il y a des hommes gentils et des hommes méchants. Il se trouve juste que j'ai passé plus de temps avec les seconds !&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;L'industrie porno perpétue un mensonge, elle nous vend un mensonge qui dit que les hommes et les femmes sont fondamentalement complètement différents. Les femmes sont là pour être utilisées, pour être baisées et photographiées et filmées comme des animaux sexuels, qui veulent ça, qui &lt;i&gt;aiment&lt;/i&gt;&amp;nbsp;ça, et qui jouissent là-dessus (regarde moi ce sourire !). Les hommes, par contre, sont là pour dominer, pour pénétrer, pour violer, en toute impunité. Tout cela sous le déguisement de la "liberté d'expression", de "plaisirs inoffensifs", de "les hommes sont comme ça". C'est excusé, non, plus que ça, c'est &lt;i&gt;attendu&lt;/i&gt;&amp;nbsp;que les hommes se comportent d'une certaine façon, traitent les femmes d'une certaine façon, &lt;i&gt;pour qu'ils soient vraiment des hommes&lt;/i&gt;. Les sous-titres sont clairs : si tu refuses d'utiliser de la pornographie, de traiter les femmes comme des objets sexuels, de les voir comme une collection de parties du corps et de "trous" qui existent pour ton plaisir, tu n'es pas vraiment un homme. Similairement, une femme qui se demande si une industrie qui vend les corps des femmes, qui fait des tonnes d'argent &lt;i&gt;pas&lt;/i&gt;&amp;nbsp;pour les femmes qu'elle utilise mais pour les hommes qui les vendent, est vraiment "libératrice" et créatrice d' "empowerment" pour les femmes, cette femme est étiquetée comme prude.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;L'industrie du sexe a réussi quelque chose de tout à fait remarquable : elle a piraté le langage du féminisme et du choix pour défendre ses pratiques destructrices et oppressives. &lt;i&gt;Et la société a gobé ça tout cru.&lt;/i&gt;&amp;nbsp;Je ne crois pas que ce soit facile pour qui que ce soit, homme ou femme, de se dresser contre ce qui est devenu "normal" et qui fait partie de la culture dominante. La société a naturalisé quelque chose qui n'a rien de naturel, qui oppresse les hommes &lt;i&gt;et&lt;/i&gt;&amp;nbsp;les femmes. Il n'y a rien de nouveau à propos de l'oppression des femmes, mais la façon dont l'industrie du sexe cherche à éliminer ses opposants en se posant en protectrice de la liberté d'expression, de la justice et de la liberté, a ajouté un obstacle très intelligent et a rendu encore plus difficile pour les gens de se positionner à son encontre.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Les mensonges que l'industrie du sexe nous raconte et nous vend font du tort aux hommes comme aux femmes. &lt;i&gt;Mais nous ne sommes pas obligés de croire à ces mensonges&lt;/i&gt;. Je crois que les hommes et les femmes sont égaux, et qu'une relation saine entre les hommes et les bases doit être fondée sur le respect de leur humanité et de leur dignité communes. On saigne tous quand on se coupe. On a tous mal quand on nous frappe. Dire aux hommes qu'ils sont "moins virils" s'ils ne traitent pas les femmes comme des objets sexuels est leur rendre un mauvais service. Dire aux femmes qu'elles sont "prudes" parce qu'elles veulent être traitées comme autre chose que des objets sexuels est leur rendre un mauvais service.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Il n'est pas surprenant qu'une industrie si énormément profitable se défende à tout prix contre les attaques. Ce qui est peut-être &lt;i&gt;plus&lt;/i&gt;&amp;nbsp;surprenant, c'est la façon dont notre société a gobé ce mensonge si facilement. Selon mon expérience, une grande partie de l'inaction autour des inégalités que l'industrie du sexe alimente est purement basée sur l'ignorance. Les gens qui n'ont pas une expérience personnelle de l'industrie du sexe regardent les arguments tels qu'ils sont servis (par l'industrie du sexe), et sont attirés par ce qui apparaît superficiellement être le côté du "choix" et de l' "empowerment" des femmes, c'est à dire l'argument de l'industrie du sexe.&lt;i&gt;&amp;nbsp;En tant que survivante de la pornographie, de la prostitution et de la violence domestique, il n'y a rien de plus douloureux pour moi que de regarder d'autres femmes se battre pour défendre les "droits' d'autres femmes à être traitées comme je l'ai été. &lt;/i&gt;Les arguments que les défenseurs de l'industrie du sexe utilisent sont abstraits, impersonnels, à grande distance de la réalité, et aseptisé au-delà de toute signification. Je défie&lt;i&gt;&amp;nbsp;qui que ce soit&lt;/i&gt;, homme ou femme, qui a vu ce que j'ai vu, qui a fait l'expérience de ce dont j'ai fait l'expérience - être violée, être frappée, être menacée, être &lt;i&gt;vendue&lt;/i&gt;&amp;nbsp;- de continuer à défendre les pratiques de l'industrie du sexe. &lt;i&gt;L'utilisation des femmes par l'industrie du sexe est avant tout personnelle !&lt;/i&gt;&amp;nbsp;Être nue et pénétrée et voir les autres se branler sur toi et être utilisée encore et encore, difficile de faire plus personnel.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Alors bien que je reste prudente dans mes interactions avec les hommes (de même qu'avec les femmes : la confiance met du temps à se reconstruire après avoir été si profondément anéantie), &lt;i&gt;je ne crois pas au mensonge de l'industrie du sexe&lt;/i&gt;&amp;nbsp;qui dit que les hommes sont à la merci de leurs hormones, contrôlés par leur pénis. Je crois que les hommes méritent qu'on leur donne plus de crédit que ça. Les hommes et les femmes qui s'opposent à ce que fait l'industrie du sexe à notre société, et à la façon dont elle traite les gens qu'elle utilise, doivent joindre leurs forces et se battre ensemble. Tout cela est nécessaire, parce que le triomphe de l'horreur, c'est quand les gens bien s'asseoient et ne font rien. Il est temps de parler, côte à côte, hommes et femmes.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1156704989219292913-8370686679075892450?l=survivrealaprostitution.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/feeds/8370686679075892450/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/2010/05/sur-legalite.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1156704989219292913/posts/default/8370686679075892450'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1156704989219292913/posts/default/8370686679075892450'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/2010/05/sur-legalite.html' title='Sur l&apos;égalité'/><author><name>Angel K</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13401721006534552836</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1156704989219292913.post-4547810178934955568</id><published>2010-05-19T14:10:00.000-07:00</published><updated>2011-11-26T07:34:05.935-08:00</updated><title type='text'>Submergée de rage et bouillant de désespoir</title><content type='html'>&lt;br /&gt;Il me semble me sentir très en colère en ce moment. Pour moi, la colère et la tristesse vont main dans la main, et parfois ce qui se manifeste comme une rage extrême est en fait de la souffrance ou une perte. Je pense que cela se rapporte aux choses qui me sont arrivées par le passé. Souvent, il était dangereux de pleurer, ou d'exprimer la moindre émotion.&amp;nbsp;Énervé&amp;nbsp;par le moindre indice de tristesse de ma part, mon ex me disait de "fermer ta gueule ou je te donnerai une bonne raison de pleurer". Ou alors parfois il exigeait que je pleure - il jouirait dessus. Dans tous les cas, tout est devenu emmêlé dans les jeux de pouvoir et de contrôle dans lesquels je me retrouvais, et je suppose qu'il n'est pas surprenant que cela demande de prendre un peu de recul.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La patience n'est pas mon point fort et je me retrouve très souvent à me réprimander moi-même de ne pas être "bien rangée", d'être encore en train de lutter avec mon passé. Ma voix logique me dit que je devrais me laisser faire une pause, me montrer un peu de compassion, que j'en ai vu assez et que je n'ai pas besoin d'ajouter à la souffrance, à la honte. Mais tout de même, c'est en chantier. Je trouve ça tellement dur de prendre soin de moi ! Ce serait tellement plus facile de faire mon vieux truc, l'autodestruction. Me tailler les veines. Picoler et vomir. M'affamer. Prendre des risques... En processus de guérison, je travaille vraiment dur à changer mes vieilles habitudes, et c'est épuisant. Accepter mon corps comme étant moi et le mien signifie accepter que ce qui est arrivé m'est arrivé à moi, et pas à quelque chose d' "autre" ou de séparé. Cela signifie se rendre compte qu'à chaque fois que mon corps a été battu et vendu, j'ai été battue et vendue. Dur à avaler.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Si cela peut sembler incontestablement évident que moi et mon corps sommes une seule et même unité, cela vaut la peine de signaler que ce n'est pas évident pour moi. Des années de déchirure, de dissociation, consciemment ou d'une autre manière, à agir comme un observateur, un extérieur, regardant ce corps, ces pensées, détachées et séparées, me laissent morcelée. Le regardant me crier dessus, je pouvais me sentir étrangement calme, presque hypnotisée. Je peux voir ses lèvres bouger, mais je ne peux pas vraiment l'entendre, je vois des mots se former, mais ils ne veulent rien dire. Dans mon esprit, je dissèque chaque mot et épelle chaque lettre avec précision. Il y a de la bave qui se forme sur sa lèvre. Je vois que cet homme va frapper cette femme, mais ça n'a pas vraiment d'importance, parce que ça n'est pas vraiment moi. J'observe à distance.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;On me dit (et j'ai lu - je lis beaucoup de choses là-dessus maintenant, pour mieux me comprendre, pour guérir) qu'une telle séparation est le produit d'un traumatisme extrême - un mécanisme de défense. Incapable de m'éloigner physiquement de la maltraitance, j'ai cherché à me distancier mentalement, faisant la seule chose que je pouvais faire. L'esprit est un outil remarquable. Les bouddhistes parlent souvent de simplement observer les pensées et les sentiments allant et venant, ils parlent d'impermanence et de non-attachement, et ça a beaucoup de sens pour moi.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Mais là, clean et sobre depuis trois ans, je suis dans ce processus épineux qui consiste à remettre ces pièces ensemble à nouveau, de transformer cet amas de morceaux en quelque chose de complet. C'est une progression lente et douloureuse. J'ai suivi une thérapie, et je travaille le programme au quotidien. Je travaille beaucoup sur le reproche et la honte en ce moment, alors ce n'est pas étonnant que mes émotions ne tiennent pas en place. Quand l'homme qui te maltraite te dit que tu le mérites, pire, que&amp;nbsp;&lt;i&gt;c'est toi qui les pousse à te faire ça&lt;/i&gt;, et que tu es isolée et terrifiée et pleine de peur et tu te hais pour l'alcool et les drogues, tu y crois. Et je me rends compte que même si rationnellement je peux voir que ce qui est arrivé n'était pas ma faute, que le reproche et la honte appartiennent aux auteurs de ces violences, mes émotions mettent un moment à le comprendre. Si c'était quelqu'un d'autre, je n'aurais aucun problème avec ça. Mais, c'est toujours la même histoire, alors que je peux être compatissante et objective avec les autres, je trouve ça extrêmement douloureux et difficile d'appliquer ce même soin et cette même réflexion à moi-même.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Je suis tellement en colère ! Envers mon ex pour l'extrême maltraitance physique, verbale et sexuelle qu'il m'a fait traverser. Envers les hommes qui m'ont utilisée, qui m'ont forcée, qui savaient que je ne voulais pas de rapports sexuels, qui me giflaient et se moquaient de moi et me baisaient quand même. Envers les hommes qui se sont fait de l'argent, qui ont pris des photos et filmé ce qui se passait. Envers mon ex pour m'avoir frappé et me forcer à performer pour ces hommes comme un animal, juste pour avoir de la drogue. Envers les médecins et les infirmières des urgences pour m'avoir jugée et m'avoir traitée comme de la merde en ces occasions où j'étais capable de chercher une aide médicale. Et je suis en colère envers moi parce que je me sens encore et toujours responsable de choses qui étaient complètement en dehors de mon contrôle.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;i&gt;Je suis en colère contre moi pour être en colère contre moi&lt;/i&gt;&amp;nbsp;(ce qui ne veut absolument rien dire, je sais).&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Mais sous la colère, et j'ai pu y jeter quelques coups d'oeil ces dernières semaines, il n'y a qu'une profonde, profonde tristesse pour ce qui m'est arrivé, à ce qui arrive à des femmes dans ce pays tous les jours. On m'a dit que j'ai eu de la chance de survivre, et je suis effectivement chanceuse. J'étais absolument convaincue qu'il me tuerait s'il en avait envie - il me l'avait dit. Quand tu vis à travers ça, tu perds tellement de choses, et j'ai l'impression que je pleure certaines de ces choses aujourd'hui. Tu perds foi en les gens, en leur humanité. Mais plus que tout, tu te perds toi-même. Quand tu es en permanence en train de te forcer, dans une tentative désespérée d'éviter une séance de coups, tu ne sais plus qui tu es. Quand tu agis comme un animal pour survire, tu te hais. Quand ton corps n'est pas le tien et quand les hommes te touchent et te baisent et te frappent et t'utilisent et quand tu ne peux pas les arrêter, tu perds ta dignité. Tout t'est enlevé : tu ne t'appartiens pas.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Mon corps, mon esprit, ont fait ce qu'ils ont pu pour me protéger à ce moment là. Mais ici et maintenant, ce qui m'avait alors protégée peut m'isoler et me nuire. Je suppose que je dois être un peu plus bienveillante avec moi-même. Après tout, il n'y a pas de chemin rapide vers la guérison. Je fais ce que je peux, et on m'aide. Quand je mesure mes progrès par rapport aux autres gens, je dois me rappeler qu'étant donné ce qui s'est passé, je m'en sors pas trop mal.&amp;nbsp;&lt;i&gt;Je ne vais pas trop mal.&lt;/i&gt;&amp;nbsp;Je n'y croyais pas avant, mais tu sais, la plupart du temps, maintenant j'y crois. En colère ou triste, fatiguée ou découragée, je vais bien.&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1156704989219292913-4547810178934955568?l=survivrealaprostitution.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/feeds/4547810178934955568/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/2010/05/submergee-de-rage-et-bouillant-de.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1156704989219292913/posts/default/4547810178934955568'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1156704989219292913/posts/default/4547810178934955568'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/2010/05/submergee-de-rage-et-bouillant-de.html' title='Submergée de rage et bouillant de désespoir'/><author><name>Angel K</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13401721006534552836</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1156704989219292913.post-2705545174786887227</id><published>2010-05-14T13:37:00.000-07:00</published><updated>2011-11-26T07:36:28.845-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='prostitution'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='parler'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='pornographie'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='violence domestique'/><title type='text'>Le visage public d'Angel</title><content type='html'>Juste pour dire...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je vais parler à la conférence Compass de cette année. Cela ne sera que la deuxième fois que j'aurai parlé en public de mes expériences, et j'ai des papillons dans l'estomac depuis que j'ai accepté d'y parler ! J'ai tendance à ressentir beaucoup d'émotions contradictoires dès que je parle de tout ça, que ce soit à travers mon blog, à travers des témoignages en ligne ou en public, face à face. Je crois à 100% qu'il est extrêmement important que le message soit diffusé à propos de ce que l'industrie du sexe signifie réellement pour les femmes, derrière son langage féministe. Mais je trouve aussi que c'est incroyablement douloureux de regarder mon passé, et parfois j'ai besoin de me retirer pendant un moment pour m'occuper de moi.&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Cependant, je mets en place quelques mesures de sécurité pour mon bien-être (rejoindre des amis après, etc.) et je parlerai aux côtés de quelques femmes que je suis chanceuse de pouvoir compter parmi mes amies. J'ai vraiment rencontré les gens plus incroyables, les plus forts et au plus grand coeur depuis que je suis devenue active en parlant de la prostitution et de la violence domestique. Alors je suis heureuse de pouvoir les revoir, et également d'avoir reçu une nouvelle opportunité d'essayer d'étaler la vérité au grand jour. J'espère que des gens vont venir !&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;La conférence Compass de cette année se passera le samedi 12 juin 2010 à l'Institut de l'Education, à Londres, avec ce séminaire en particulier tenu à 11 heures. Vous pouvez trouver des détails sur www.compassonline.org.uk .&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Il y a beaucoup de séminaires qui ont l'air intéressants, alors nous avons de la compétition sérieuse !&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Si vous ou quelqu'un que vous connaissez êtes intéressés, venez ! Ce serait génial de rencontrer des gens dans le même état d'esprit, et le feedback que j'ai eu sur ce blog a été vraiment apprécié - ce serait bien de rencontrer certains d'entre vous.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Mes excuses à celles et ceux d'entre vous qui n'habitent pas près de Londres - je suis moi-même parfois frustrée en tant que nordiste de ne pas pouvoir m'impliquer encore plus. UK Feminista est une des associations dont je fais partie qui essaie de faire quelque chose pour ça, alors peut-être que nous aurons bientôt quelque chose de similaire au nord du pays.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1156704989219292913-2705545174786887227?l=survivrealaprostitution.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/feeds/2705545174786887227/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/2010/05/le-visage-public-dangel.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1156704989219292913/posts/default/2705545174786887227'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1156704989219292913/posts/default/2705545174786887227'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/2010/05/le-visage-public-dangel.html' title='Le visage public d&apos;Angel'/><author><name>Angel K</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13401721006534552836</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1156704989219292913.post-3892281640474520310</id><published>2010-05-05T13:33:00.000-07:00</published><updated>2011-11-26T07:42:25.552-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='prostitution'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='responsabilité'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='passivité politique'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='pornographie'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='désensibilisation'/><title type='text'>Désensibilisée et anesthésiée</title><content type='html'>On était plusieurs chez un ami l'autre jour, posés tranquillement, et on a commencé à regarder un film dont quelqu'un avait entendu dire qu'il était bien... 10 minutes plus tard nous l'arrêtions déjà, submergés par la violence. Ne vous imaginez rien, mes amis et moi ne sommes pas fragiles ou particulièrement sensibles. Mais quand un homme était représenté graphiquement en train d'être torturé, nous sommes tombés d'accord : ce n'était pas du "divertissement", c'était malsain.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Je me suis mise à réfléchir après coup, sur le point auquel notre culture est devenue désensibilisée. Qu'elle vende cela comme un divertissement est un peu dérangeant. Mais combien plus dérangeant est le fait que la pornographie soit si largement acceptée comme "inoffensive" et "amusante" et "divertissante" ! Le sang dans ce film, la violence dans ce film, les coups et les bleus dans ce film étaient des effets spéciaux : ils n'étaient pas réels. Sans quoi l'acteur aurait probablement quelque chose à y redire !&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;Mais dans la pornographie, de &lt;i&gt;vraies femmes&lt;/i&gt;&amp;nbsp;sont pénétrées et utilisées et baisées et c'est sur elles ou en elles qu'on éjacule, &lt;i&gt;pour de vrai&lt;/i&gt;. Pas d'effets spéciaux : les vagins et les anus et les bouches dans les gros plans font tous partie des "mannequins", les femmes qu'on vend. Quand cette femme a l'air de souffrir, c'est parce que &lt;i&gt;ça fait mal&lt;/i&gt;, ça lui fait mal, &lt;i&gt;pour de vrai&lt;/i&gt;, pas besoin de jouer un rôle. Qu'on lui donne parfois des lignes à répéter dans le film, disant que c'est bon, ne diminue pas ce fait, bien qu'il augmente sa peine.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Quand j'étais violée et maltraitée et que c'était filmé ou photographié pour le divertissement d'autres, pour faire gagner de l'argent à d'autres, c'était l'insulte finale, qu'on me fasse "sourire" ou dire que j'adorais ça. Je ne voulais pas dire ces choses, je ne voulais pas être là, je ne voulais pas sourire, ou au moins, essayer de sourire, ne sachant même pas si j'y arrivais où si j'étais en train de grimacer. Je me souviens avoir pensé, "je ne me souviens pas comment faire pour sourire".&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Assise là devant mon ordinateur, sachant que ces images sont toujours là dehors, je vois que le mieux que je puisse espérer est que cette douleur, cette douleur réelle et cette souffrance réelle, soient reconnues. Mais assise là, je sais aussi que la pornographie devient de plus en plus acceptable, de plus en plus disponible, et de plus en plus extrême, car à mesure que les gens s'y accoutument, cela ne semble plus choquant, et quelque chose de nouveau, quelque chose de plus "hardcore", plus "choquant" est nécessaire pour obtenir le même "effet". Tout cela, combiné avec le fait que la pornographie soit bizarrement vue comme un fantasme, en dépit du fait que les femmes qu'elle utilise soient réelles, et qu'elle soit déguisée sous un langage de "droits" et de termes féministes, est profondément dérangeant.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;i&gt;Ça&amp;nbsp;fait mal.&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;Cela nuit aux femmes directement impliquées. Mais cela nuit aussi aux femmes qui n'y sont pas impliquées. Ce que nous voyons a un effet direct sur la façon dont nous agissons dans nos vies. Donc si dans des magazines et des films pornographiques les femmes sont traitées comme des objets sexuels et traitées violemment, et si on fait croire qu'elles l'apprécient, et si la pornographie est maintenant largement vue comme acceptable, comme quelque chose dont les hommes ont besoin pour être des hommes, quelque chose d'inoffensif, alors nous normalisons un traitement des femmes qui ne devrait pas être normalisé. &lt;i&gt;Nous rendons l'inacceptable acceptable.&lt;/i&gt;&amp;nbsp;Si nous autorisons que &lt;i&gt;certaines&lt;/i&gt;&amp;nbsp;femmes soient traitées comme des poupées gonflables, rien de plus qu'un tas d'orifices à utiliser et maltraiter pour le plaisir des hommes, nous autorisons que &lt;i&gt;toutes&lt;/i&gt;&amp;nbsp;les&amp;nbsp;femmes soit traitées ainsi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Il faut que les femmes sachent cela.&lt;/i&gt;&amp;nbsp;Il faut que les femmes voient que bien qu'elles ne soient pas dans ces photos ou dans ces films, cela touche leur vie aussi. Personne n'est immunisé. La prévalence de la violence envers les femmes le montre clairement. Si j'autorise que d'autres femmes soient vendues comme des objets sexuels, pénétrées, utilisées comme support de masturbation et puis jetées sur le côté, cela me mène à deux conclusions possibles, logiquement. Soit je dis qu'il y a une sous-classe de femmes qui sont d'une certaine façon différentes de moi, et donc c'est normal qu'elles soient traitées ainsi, mais pas normal pour moi. De cette manière je peux m'enlever du tableau, et dire : pas mon problème. Ou alors, je dois dire que &lt;i&gt;la femme dans les photos est exactement comme moi&lt;/i&gt;, et que si c'est normal que cela lui soit fait, alors c'est normal que ça me soit fait à moi. Je me tiens à côté d'elle et dis : non, je ne voudrais pas que cela m'arrive, donc ça ne devrait pas être en train de lui arriver.&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;i&gt;Je suis une de ces femmes&lt;/i&gt;&amp;nbsp;dans ces photos, une de ces femmes dans ces films. Je ne suis pas différente de vous, lectrice. Je ris et je pleure, j'ai des espoirs et des rêves, j'ai une famille et des amis. Je suis une jeune femme de classe moyenne qui a découvert que la violence domestique, la toxicomanie, les viols et le proxénétisme peuvent arriver à tout le monde. Qu'être utilisée dans la pornographie peut arriver à tout le monde. Je ne suis pas spéciale ou différente, ou inhabituelle, en dehors du fait d'avoir traversé ça, d'y avoir survécu, et d'être en guérison et de trouver une voix pour en parler maintenant. Je parle pour toutes ces femmes qui ne le peuvent pas, pour toutes ses femmes sans voix, pour toutes ces femmes qui ne s'en sortiront pas.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Nous ne sommes pas obligées de laisser les futures générations de femmes souffrir ainsi.&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1156704989219292913-3892281640474520310?l=survivrealaprostitution.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/feeds/3892281640474520310/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/2010/05/desensibilisee-et-anesthesiee.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1156704989219292913/posts/default/3892281640474520310'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1156704989219292913/posts/default/3892281640474520310'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/2010/05/desensibilisee-et-anesthesiee.html' title='Désensibilisée et anesthésiée'/><author><name>Angel K</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13401721006534552836</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1156704989219292913.post-7071910457219268756</id><published>2010-04-18T08:10:00.000-07:00</published><updated>2011-11-26T07:47:09.405-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='prostitution'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='femmes'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='violence'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='pornographie'/><title type='text'>Vivre avec les conséquences</title><content type='html'>Ça&amp;nbsp;fait un moment que je n'ai pas écrit... Récemment, j'ai dû me battre rien que pour survivre. Les sensations et souvenirs de mon passé m'ont submergée et ont menacé de m'enterrer.&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;i&gt;J'ai l'impression d'être complètement passée à l'essoreuse.&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Me battre pour avoir de l'aide, voir mon généraliste, sonner à toutes les portes pour essayer de trouver un thérapeute, et batailler, batailler tellement rien que pour sortir de la maison, pour laisser rentrer les gens, laisser les gens s'approcher assez pour me voir dans ma souffrance, telle que je suis, tremblant, pleurant, à terre.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Il est difficile de faire confiance aux gens quand on a été tellement blessée par eux, tellement abandonnée, par le passé.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;C'est terrifiant de me laisser être aimée, parce que cela montre clairement que ce qui m'est arrivé était inacceptable. Si je suis importante, si Angel est importante, si elle mérite l'amour, alors je ne peux pas continuer à essayer de tenir la maltraitance à bout de bras, je ne peux plus me dire que ça n'a aucune importance parce que je n'ai aucune importance.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Cela signifie se rendre compte et ressentir à quel point j'ai été, je &lt;i&gt;suis&lt;/i&gt;, blessée, par les coups, par la violence, par les viols et viols collectifs, par le fait d'être vendue et photographiée et filmée comme un divertissement, traitée comme moins qu'un humain, pour le plaisir d'autres.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;i&gt;Ça&amp;nbsp;fait mal.&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Tellement d'images ! Tellement de flashbacks ! Horrifiants, en images tout en couleurs, dans ma tête, dans mon sommeil et à mon réveil, mon corps douloureux et tremblant et pris de hauts-le-coeur et revivant tout, alors qu'il essaie de faire avec, de se soigner.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Si les défenseurs de l'industrie du sexe, les défenseurs de la pornographie et de la prostitution, pouvaient seulement voir à l'intérieur de ma tête, et voir la souffrance et les dégâts qu'elle m'a fait, et continue de me faire &lt;i&gt;chaque jour&lt;/i&gt;, trois ans plus tard...&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;J'ai même peur de regarder la télé parce qu'il y a des chances qu'il y ait des références humoristiques ou désinvoltes à la violence envers les femmes où à l'objectivation des femmes.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;J'ai tellement peur. Je fais la seule chose que je puisse faire, m'accrocher, là maintenant.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1156704989219292913-7071910457219268756?l=survivrealaprostitution.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/feeds/7071910457219268756/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/2010/04/vivre-avec-les-consequences.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1156704989219292913/posts/default/7071910457219268756'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1156704989219292913/posts/default/7071910457219268756'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/2010/04/vivre-avec-les-consequences.html' title='Vivre avec les conséquences'/><author><name>Angel K</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13401721006534552836</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1156704989219292913.post-2490657217045549587</id><published>2010-04-04T07:52:00.000-07:00</published><updated>2011-11-26T08:29:56.993-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='prostitution'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='sentiments'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='réalité'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='viol'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='guérison'/><title type='text'>Zone de guerre</title><content type='html'>Et je me retrouve dans cet endroit à nouveau. En guerre avec moi-même, en guerre avec mon corps, corps et esprit à l'apogée de leur conflit. Même mon esprit est en conflit, une série de disputes, des voix fragmentées qui rivalisent pour obtenir de l'attention, vociférant pour que je les écoute, pour que j'agisse sur elles. Logique contre sentiments, addiction contre valeurs, autocritique contre mon côté plus indulgent, compatissant.&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Il est difficile de voir quoi que ce soit au-delà de moi, au-delà de ça, des images et scénarios qui rejouent devant mes yeux, difficile d'entendre les voix de mes amis quand les voix qui se battent dans ma tête les noient. Le monde fait du bruit autour de moi mais je suis perdue et désorientée, habitant le passé, et terrifiée par le futur.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;La seule constante, c'est la peur.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Je tremble et mon coeur bat à toute vitesse et mes pensées vont à toute vitesse, se pourchassant les unes les autres en cercles, encore et encore, prenant de l'élan, devenant encore plus confuses. Les mots commencent à courir en même temps, je perds mes mots, je me sens comme je me sentais alors, et c'est terrifiant et c'est tout et c'est rien et c'est sombre et c'est emmêlé et c'est tordu.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Un noeud dans mon estomac.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Un resserrement dans ma gorge.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Un manque d'air étouffant.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Je ne peux pas penser. Pas parler. Pas bouger.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Terrifiant. Désespérance, noirceur, désespoir, souffrance, perte, impuissance.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;i&gt;Je ne peux pas me connecter. &lt;/i&gt;Seule toute seule, encore plus seule en compagnie.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Même quand c'est immobile, quand ça se calme, c'est toujours présent, rôdant au fond, une présence sinistre, menaçant de balayer une prise fragile sur la réalité.&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;Alors, existant à travers la souffrance, à travers la violence, prise dans le cycle, j'ai nommé cet endroit La Fosse. Je me disais, une fois que tu es là-dedans, tu n'en ressors pas, ma petite, jamais.&lt;span style="color: #cccccc; font-family: 'Trebuchet MS', Trebuchet, Verdana, sans-serif; font-size: x-small;"&gt;&lt;span style="line-height: 20px;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;Puis j'avais revu mon opinion.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;Mais maintenant... Je m'y reconnecte comme si je n'en étais jamais partie.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1156704989219292913-2490657217045549587?l=survivrealaprostitution.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/feeds/2490657217045549587/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/2010/04/zone-de-guerre.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1156704989219292913/posts/default/2490657217045549587'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1156704989219292913/posts/default/2490657217045549587'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/2010/04/zone-de-guerre.html' title='Zone de guerre'/><author><name>Angel K</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13401721006534552836</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1156704989219292913.post-3194991454854912709</id><published>2010-03-26T08:19:00.000-07:00</published><updated>2011-11-26T08:56:29.948-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='prostitution'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='passivité politique'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='pornographie'/><title type='text'>Angel, Emma et moi : trouver une voix</title><content type='html'>Hier, j'ai partagé mon histoire avec une audience à Londres. Je n'avais jamais parlé de mon expérience devant un groupe comme ça avant, et j'étais terrifiée, bien qu'on me dise que ça ne s'est pas vu. J'oublie parfois que ce que je ressens, et ce dont je crois que j'ai l'air, et ce dont j'ai &lt;i&gt;réellement&lt;/i&gt;&amp;nbsp;l'air aux yeux des autres sont souvent des choses très différentes ! J'ai utilisé un pseudonyme, Emma, mais tout de même, parler de ce que j'ai souvent appelé l'indicible, était intimidant. Quand on m'a demandé pour la première fois si je pouvais considérer l'idée de parler, j'ai dit non : la peur s'est mise en travers du chemin. Mais après y avoir repensé, j'ai réalisé quelle grande chance c'était de pouvoir être entendue, de faire quelque chose, si petit que ce soit, pour avoir une voix. Alors j'ai accepté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Je suis tellement heureuse de l'avoir fait !&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Quand j'étais en plein milieu de tout ça, prise dans la violence, l'addiction, la boisson, la prostitution, j'étais muette. Tout simplement, je n'avais même pas le vocabulaire pour former une narration de quelque sorte que ce soit. Les mots ont cessé de faire justice à la souffrance, la honte, la confusion et la terreur que je ressentais. Ne faisant confiance à personne, je suis devenue une boule de sentiments, une masse d'émotions embrouillées, de pensées en désordre, d'instantanés disloqués. Quand tu es isolée de tout sauf des hommes qui t'utilisent et abusent de toi, mais qui te disent que tu aimes ça, que ta place est ici, tu perds pied avec la réalité. Doutant de toi, te haïssant pour ton insuffisance (honteuse de ta toxicomanie, et il te rappelle tous les jours que tu le pousses à te faire ça, que tu ne pourrais rien faire sans lui, que tu es chanceuse que &lt;i&gt;quelqu'un&lt;/i&gt;&amp;nbsp;t'aime malgré toutes tes tares), tu n'as plus aucun recul. Ce qu'ils te disent à propos de ta réalité et ton expérience de la réalité sont deux choses différentes. Tu deviens confuse. Il te manque une validation.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Même quand tu en sors, &lt;i&gt;si&lt;/i&gt;&amp;nbsp;tu en sors, tu continues d'être invalidée. Tu allumes la télé et on te dit que le "travail" du sexe est drôle, que c'est de l'argent facile, juste un job. Les magazines te disent la même chose, même les magazines féminins. Quand où que tu te tournes on te dit que vendre ton corps est amusant, que ça te donne du pouvoir, de la liberté, que c'est inoffensif, et même féministe, tu apprends rapidement que toi et ton histoire n'êtes pas acceptables. Avant même que tu ouvres la bouche, on te met sur la défensive. Tu risques l'étiquette "prude", "conservatrice", "moraliste", "qui juge", en osant simplement dire, attendez une minute, ce n'était pas comme ça pour moi.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Tu apprends rapidement que les gens qui t'ont fait du mal, qui ont fait de l'argent sur ton dos, ne sont qu'une petite partie d'un plus grand tableau, une histoire ingénieuse que l'industrie du sexe nous a raconté, nous a vendue, dans laquelle &lt;i&gt;ils &lt;/i&gt;sont les gentils, défenseurs des droits des femmes, et &lt;i&gt;ceux qui les&lt;/i&gt;&amp;nbsp;&lt;i&gt;critiquent&amp;nbsp;&lt;/i&gt;les méchants. Incrédule, tu les écoute détourner le langage du féminisme, une cause qui est censée protéger et promouvoir des pratiques pour s'attaquer aux inégalités, pour &lt;i&gt;arrêter&lt;/i&gt;&amp;nbsp;les maltraitances, pour améliorer les droits des femmes, à leurs propres fins. Et en faisant cela ils ont amassé le support dénué de critique du courant dominant. Tu vois des gens, d'autres femmes, des femmes &lt;i&gt;modérées&amp;nbsp;&lt;/i&gt;dans d'autres domaines, défendre les mêmes gens qui t'ont fait souffrir, se battre pour le "droit" des femmes à expérimenter ce dont tu as fait l'expérience ! Ou au moins, ce dont elles &lt;i&gt;croient&lt;/i&gt;&amp;nbsp;que tu as fait l'expérience, ce qui est quelque chose de complètement différent. Tu te sens seule.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Tu es frappée par l'absence de discours personnels dans le débat autour ce qui est certainement la plus personnelle des expériences, être utilisée dans la prostitution et la pornographie. Tu découvres que ces défenseurs de la "liberté d'expression", du "libéralisme" et des "droits" ne semblent pas capables d'écouter quand tu parles de &lt;i&gt;ton&lt;/i&gt;&amp;nbsp;expérience, de souffrance, d'absence de choix, de fluides corporels et de peur et de dégradation et d'exploitation. Le langage aseptisé que l'industrie adopte autour de ses pratiques - "filles, clients, escortes, business, travailleuses, mannequins, actrices", met une distance confortable entre la majorité des femmes, qui n'en ont aucune expérience directe, et la réalité. Les gens qui défendent des images de femmes, jambes ouvertes, pénétrées, comme des "droits" (&lt;i&gt;en parlant&amp;nbsp;au nom &lt;/i&gt;de nous les femmes ! merci pour ça...), réagissent avec colère ou embarras quand vous dites la vérité : "j'étais violée" ou "je détestais ça".&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Tu vois que tu dois batailler&lt;i&gt;&amp;nbsp;rien que pour être entendue&lt;/i&gt;, pour être remarquée. Utilisée, jugée, et finalement écartée ("elle a des problèmes de santé mentale tu sais"), laissée à te taire et à faire avec les cicatrices mentales qui menacent de te submerger, tu te demandes, parfois, si tu vas pouvoir continuer encore longtemps.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Quand tu es dedans, tu te retrouves à collaborer avec le mensonge, à dire aux types qui te font mal, qui te touchent, qui te baisent, que c'est bon, que tu aimes ça. Ce n'est pas assez pour eux de te maltraiter, ils exigent d'entendre que tu en veux. Souris, bébé ! Et piégée comme tu l'es, désespérée comme tu l'es, en besoin d'argent comme tu l'es, tu le dis. Il te donne de l'argent, et tu apaises sa conscience, tu masses son ego. L'ultime trahison, tu as l'impression de t'être vendue, corps &lt;i&gt;et&lt;/i&gt;&amp;nbsp;âme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors avoir la chance aujourd'hui de faire passer la vérité, de lui donner une voix, c'est génial. &lt;i&gt;Ce n'est pas une évidence&lt;/i&gt;. Cela me fait me sentir... chanceuse. Incroyablement chanceuse. Il y a eu tellement de moments où j'ai pensé que je n'y arriverais pas, que je n'allais pas en sortir vivante, avec la violence et la toxicomanie...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rien que d'être vivante après la prostitution, après la violence, c'est stupéfiant. Toutes les femmes n'y parviennent pas. Mais d'avoir les mots maintenant, si maladroits qu'ils puissent être parfois, et si inadéquats qu'ils puissent sembler pour communiquer cette souffrance, est un miracle. Cela fait trois ans et cela m'a pris tout ce temps pour commencer à articuler ce chapitre de ma vie. Quand j'ai commencé à être sobre, je ne pouvais même pas mettre de mots sur mes sentiments, j'avais tellement pris l'habitude de cacher ce que je ressentais. Mes émotions étaient juste un énorme fatras, et incroyablement, terriblement crues. Cela demande un peu de démêlage ! Et puis ensuite rassembler une espèce de narration de ce qui m'est arrivé, avec tous les blackouts et les trous...&amp;nbsp;Ç'a été un lent et douloureux processus, et qui continue comme des souvenirs continuent de refaire surface et les émotions réprimées émergent et demandent de l'attention.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span style="color: #cccccc; font-family: 'Trebuchet MS', Trebuchet, Verdana, sans-serif; font-size: x-small;"&gt;&lt;span style="line-height: 20px;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;Qu'on me donne une chance de parler, plutôt que de me dire de fermer ma gueule, c'est... vraiment libérateur. Avec tout son discours sur la liberté d'expression, l'industrie du sexe met une sourdine sur les femmes qu'elle utilise, elle vend leurs corps et ensuite met ses propres mots dans leurs bouches pour la justifier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La seule façon de faire changer cette situation, et je crois qu'elle &lt;i&gt;peut&lt;/i&gt;&amp;nbsp;changer, c'est que les gens soient préparés à se lever, à prendre un risque, à parler, à joindre leurs forces. Nous devons soulever les bases du débat de l'abstraction à la réalité, où il a sa place. C'est en montrant la réalité de l'industrie du sexe, en parlant le langage concret de notre humanité commune, en parlant de la souffrance physique et émotionnelle qu'elle crée, que nous changerons les choses.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce fut un réal cadeau d'être appelée à parler hier. Retrouver des femmes d'Object et de UK Feminista qui agissent, se battent pour le changement, j'ai reçu un espoir nouveau.&amp;nbsp;&lt;i&gt;Ça&amp;nbsp;ne doit pas forcément être ainsi.&lt;/i&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1156704989219292913-3194991454854912709?l=survivrealaprostitution.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/feeds/3194991454854912709/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/2011/11/angel-emma-et-moi-trouver-une-voix.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1156704989219292913/posts/default/3194991454854912709'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1156704989219292913/posts/default/3194991454854912709'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/2011/11/angel-emma-et-moi-trouver-une-voix.html' title='Angel, Emma et moi : trouver une voix'/><author><name>Angel K</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13401721006534552836</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1156704989219292913.post-2009311136360240632</id><published>2010-03-26T07:40:00.000-07:00</published><updated>2011-11-22T08:28:53.293-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='femmes'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='violence'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='pornographie'/><title type='text'>Esprit, Corps... et Moi</title><content type='html'>Plus présent que le présent, plus réel que le réel, je revis ce qui m'est arrivé, au fur et à mesure que certains des blackouts, certains des blancs, se remplissent à nouveaux... Je me retrouve "déclenchée" et soudainement transportée là bas, dans tous ses détails en technicolor. J'attends qu'on vienne me faire descendre en bas des escaliers pour performer pour eux, pour les amuser, et je tremble et je me balance d'avant en arrière, déconnectée de mon corps et à la fois étrangement consciente de chacune de ses sensations. C'est comme si j'étais à deux endroits en même temps - dans la peur maladive que je sens vibrer dans chaque cellule de mon corps, mais aussi à distance, observant, dans un esprit vide de tout sauf de la peur. La peur consume tout.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mon esprit et mon corps cessent de travailler pour moi. Je me sens à la fois engourdie et en dehors de mon corps mais aussi plus substantielle que d'habitude. Mon corps semble être devenu un poids mort, ne répondant pas à mes commandes. Il semble étrangement lourd, alors que mon esprit semble léger et flottant. Mon esprit ne peut pas réfléchir, ne peut pas penser droit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cela va au-delà des larmes, au-delà du mouvement. Je suis assise et je regarde sans voir : je ne peux rien faire d'autre. Quand il m'ordonne de descendre les escaliers, je ne peux pas bouger. Je regarde cette scène de façon détachée, je vois que ça va empirer pour moi parce qu'il va voir cela comme une désobéissance. Avant que mon esprit se rattache à mon corps avec cette façon saccadée qu'il a de le faire, je suis un observateur impuissant. Dans ce cahot, je me retrouve soudainement à voir à travers mes yeux, à entendre clairement, non plus un voyeur, de retour dans mon corps, une cascade de sensations physiques à la fois désorientantes et écoeurantes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Parfois l'alcool et les drogues en sont responsables. Mais la peur, à l'intensité à laquelle j'en fais l'expérience, a le même effet. J'ai une certaine idée de ce qui va arriver.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et maintenant, des années plus tard, je me retrouve à ressentir certaines des choses, à voir certaines des choses, face auxquelles mon esprit s'était battu tellement fort pour tenter de m'en distancier à ce moment là. Des images déconnectées, comme des projections sur un grand écran, apparaissent devant mes yeux, masquant la réalité présente. Je suis transportée, je me retrouve là-bas à nouveau, sans aucun avertissement. À regarder l'intérieur d'une cuvette de toilettes et la nausée quand je vomis avant qu'ils m'utilisent. Un homme approchant un bandeau en direction de mes yeux. Une pièce dans la semi-obscurité et des lumières fortes et des silhouettes autour. Une image particulièrement dérangeante qu'il me montre dans un magazine porno pour me montrer comment faire. À regarder sans comprendre ce reflet dans le miroir, une femme que je ne peux même pas reconnaître comme étant moi, contusionnée et saignant, alors qu'il me tient debout en me tenant par les cheveux et crie et me secoue comme une poupée de chiffon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Souffrance avant, souffrance maintenant, moi mais pas moi, présent mais passé. Mon esprit et mon corps bataillant entre leur séparation en partie choisie et en partie inconsciente, et la connaissance que nous ne sommes qu'un et que nous devons nous réintégrer pour guérir. En guerre avec moi-même, je lutte pour manger, lutte pour accepter mon corps tel qu'il est, avec ses cicatrices, son passé, ses associations. Le sens commun me dit de laisser le reproche, la colère, là où elle a sa place - avec les hommes qui m'ont maltraitée. Mais assise en dehors de moi, comme je me retrouve si souvent, dissociée, je lutte et j'ai mal, ressentant la trahison duelle d'un esprit et d'un corps qui n'ont pas pu me secourir, pas pu me garder à l'abri, n'ont pas pu arrêter ce qui s'est passé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La souffrance ne peut même pas commencer à décrire cela.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1156704989219292913-2009311136360240632?l=survivrealaprostitution.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/feeds/2009311136360240632/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/2011/03/esprit-corps-et-moi.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1156704989219292913/posts/default/2009311136360240632'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1156704989219292913/posts/default/2009311136360240632'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/2011/03/esprit-corps-et-moi.html' title='Esprit, Corps... et Moi'/><author><name>Angel K</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13401721006534552836</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1156704989219292913.post-1423993562109273460</id><published>2010-03-06T05:08:00.000-08:00</published><updated>2011-11-26T09:50:19.017-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='prostitution'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='cirque'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='femmes'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='pornographie'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='animaux'/><title type='text'>Du pain et des jeux</title><content type='html'>Les Romains avaient un dicton : "donnez leur du pain et des jeux". Ce qu'ils voulaient dire par là, c'est que tant que le peuple que l'on gouverne est nourri et diverti, tout va bien. Le statu quo, la survie de Rome en tant que pouvoir régisseur, reposait sur cette croyance (parmi d'autres).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Récemment, j'ai réfléchi aux jeux, aux cirques... une discussion par e-mail avec une ex "féministe libérale", maintenant sortie de cette école de pensée où la porno et le lapdance et l'escort sont juste un peu de divertissement, a déclenché une réflexion chez moi. Il semble aussi qu'il y ait finalement eu ces derniers temps une série d'articles dans la presse nationale parlant sérieusement de la pornification de la société et de ce que cela signifie &lt;i&gt;vraiment&lt;/i&gt;&amp;nbsp;pour nous et la prochaine génération.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'en suis venue à penser, que les animaux au Royaume Uni et aux Etats-Unis sont mieux protégés par la loi que les femmes. Réfléchissez-y pendant un instant si vous le voulez bien... supposez qu'une personne filme un animal, retenu contre le sol sous les rires et les moqueries pendant que quelqu'un fouille son anus et ses organes génitaux, et y insère des trucs, des objets larges en particulier, et le baise brutalement et longuement avec, et rit de plus en plus quand ils font des gros plans dessus à la fin, pour lui pisser dessus en tant que bouquet final.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une telle personne serait, logiquement, mise en prison.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voilà une autre image pour vous. Une femme est filmée pendant qu'on lui insère de larges objets dans l'anus et le vagin. Elle est baisée brutalement avec, et le caméraman et l'homme ou les hommes dans la vidéo rient pendant qu'ils font ça, ils la forcent à rester ouvertes pour des photos "béantes", ils la baisent analement, oralement, vaginalement, et puis pour le bouquet final il pissent sur elle ou en elle et éjaculent sur son visage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que devient le caméraman dans ce cas ? La personne qui filme ça n'est pas poursuivie par la loi. Aucun policier ne va se présenter au pas de sa porte ! À la place, il va la marketer, l'ajouter à une collection grandissante de vidéos d'autres femmes sans nom, et la vendre. Et il en tire profit ad infinitum. Non seulement est il assuré qu'il ne sera pas arrêté pour ça, mais en plus il sait qu'il est supporté dans ses efforts par une énorme clameur de voix appelant à la "liberté d'expression" - quoi que &lt;i&gt;cela&lt;/i&gt;&amp;nbsp;puisse vouloir dire dans ce contexte - et en faveur de la pornographie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ok, le mot "choix" entre ici dans le débat. Peut-être que cette femme, ces femmes, ont &lt;i&gt;choisi&lt;/i&gt;&amp;nbsp;de se mettre dans ces situations. Certainement, l'élément de coercition est moins intrusif dans ce cas. Dans notre exemple de l'animal, on pouvait voir qu'il était retenu, ou encagé. Je voudrais cependant dire que &lt;i&gt;certaines cages ne sont pas aussi visibles, mais pour autant, elles sont tout aussi réelles&lt;/i&gt;. Si une femme apparaît dans la pornographie, apparemment libre (pas attachée, ni enchaînée etc.), &lt;i&gt;et particulièrement&lt;/i&gt;&amp;nbsp;si cette femme sourit à un certain moment, ou dit des répliques exprimant qu'elle aime ce qui lui arrive, on dit, voit, clairement, qu'elle l'a choisi. Elle aime ça ! Je peux acheter et regarder ça avec la conscience tranquille.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Regardons encore. Est-ce que la coercition, l'absence de choix, l'absence de liberté, sont vraiment si faciles que ça à repérer ? Est-ce qu'un sourire ou une absence de contrainte &lt;i&gt;physique évidente&lt;/i&gt;&amp;nbsp;dans la pornographie ou la prostitution nous donnent vraiment les bases pour dire, tout va bien ici, on continue ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une telle approche serait beaucoup trop simpliste. Cela ignorerait la situation d'ensemble.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors quelle est cette situation d'ensemble ? La réalité c'est que, ici en 2010, les femmes ne sont toujours pas à égalité financière avec les hommes. L'industrie du sexe veut constamment de nouvelles femmes, de la nouvelle "viande", parce que votre "utilisateur" moyen veut voir de "nouvelles têtes" (ou de "nouvelles chattes"). Les femmes qui travaillent dans l'industrie du sexe semblent souvent épuisées au-delà de leur âge et ce n'est pas ce que les "utilisateurs" veulent, l'industrie mâche les femmes et les recrache, endommagées physiquement comme émotionnellement. Il y a un fort taux de turnover puisque les femmes sont utilisées et jetées. Alors en réalité il est &lt;i&gt;extrêmement facile&lt;/i&gt;&amp;nbsp;de trouver un emploi dans l'industrie du sexe. L'âge, le poids et l'apparence, les capacités intellectuelles, l'accent... rien de tout cela n'importe, si tu veux bien te mettre à poil, il y aura un marché pour ça, et &lt;i&gt;quelqu'un&lt;/i&gt;&amp;nbsp;qui te vendra. &lt;i&gt;Si les femmes ont besoin d'argent pour vivre, et que les autres jobs ne sont pas aussi facilement accessibles et disponibles pour nous que le "travail du sexe", dans quelle mesure avons-nous le choix ?&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;L'industrie du sexe gère également son image publique avec soin... les magazines féminins parlent d'escortes de "haute classe" qu'on emmène dîner, etc. L'aspect minable de la réalité est coupé, ou rendu fantastique (littéralement : fantasmé). Des stars du porno très bien payées disent à quel point il est génial d'être payé pour quelque chose de tellement "amusant" - dire quoi que ce soit d'autre pourrait leur coûter leur job. Pour ce qui est du "mannequinat glamour" - même le langage l'assainit et le fait sonner comme respectable, glamour. Comme je l'ai argumenté en plus grand détails dans des posts précédents, l'industrie de la pornographie tout entière prospère sur le mensonge disant qu'elle est inoffensive, rien que du divertissement. Aucune mention aux profonds dommages mentaux et physiques que les femmes dans l'industrie endurent généralement (voir le site Object, www.object.org). &lt;i&gt;Si les femmes sont formées à penser que le "travail" du sexe n'est qu'un amusement inoffensif, la réalité étant cachée jusqu'à ce qu'elles soient en train de la vivre, dans quelle mesure avons-nous le choix ?&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;Beaucoup de femmes dans l'industrie du sexe ont des problèmes de santé mentale. Parfois ces problèmes incluent des addictions à des substances. La toxicomanie a trois effets majeurs qui mènent à rendre les femmes hautement vulnérables au "travail" du sexe :&lt;br /&gt;&amp;nbsp; 1. Une addiction active nécessite une source constante d'argent, et le désespoir d'obtenir un fix peut te mener à faire n'importe quoi, même des choses que tu hais et qui te font du mal : l'addiction consume tout.&lt;br /&gt;&amp;nbsp; 2. L'addiction change la perception et le niveau de conscience,&amp;nbsp;désinhibe, engourdit, et abaisse la vigilance. Cela rend quasiment impossible la conservation d'un emploi habituel, donc tu as besoin d'argent mais tu ne peux pas avoir un job normal. Cela te laisse également vulnérable à l'exploitation sexuelle (à cause des blackouts) et cela signifie que tu n'es pas toujours consciente de jusqu'à quel point tu as été maltraitée. Les femmes piégées dans la toxicomanie peuvent entrer dans la pornographie ou vendre leur corps comme prostituées initialement pour avoir de l'argent, mais finissent par avoir besoin d'utiliser de plus en plus hautes doses de drogues pour bloquer la douleur physique du sexe prolongé et brutal, et l'humiliation. Cela nécessite en retour encore plus d'argent, et le cycle continue. En même temps, la capacité à prendre soin de la sécurité de base, i.e. utiliser des préservatifs, devient compromise, et la violence et l'exploitation augmentent.&lt;br /&gt;&amp;nbsp; 3. La toxicomanie et la haine de soi / la basse estime de soi vont main dans la main. La honte de l'addiction, avec toute son inacceptabilité sociale, peut mener une femme à penser qu'elle mérite d'être traitée comme un objet, utilisée, maltraitée et vendue.&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Si des femmes sont piégées dans une addiction active, et stigmatisées pour cela et qu'on ne leur donne aucune aide pour s'en sortir, dans quelle mesure avons-nous le choix ?&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;La honte de l'addiction et la dissimulation qui l'entoure (ou qui essaie de le faire !) sont une préparation pour la dissimulation et les sentiments de honte qui émergent quand on "travaille" dans l'industrie du sexe. Bizarrement, en tant que société, notre pensée n'est pas du tout cohérente autour des femmes qui sont utilisées dans la pornographie et qui "travaillent" comme prostituées. &lt;b&gt;Malgré des discours sur l'empowerment et la liberté d'expression et la libération et le choix, la réalité c'est que &lt;i&gt;les défenseurs et utilisateurs de la pornographie et de la prostitution voient ultimement les femmes uniquement comme des objets sexuels &lt;/i&gt;- achetés pour se branler dessus ou pour un soulagement rapide. &lt;/b&gt;Alors bien que ces gens louent publiquement et à très haute voix la pornographie et son supposé "libéralisme", leur usage et achat des femmes comme des objets produit quand même des sentiments négatifs pour les femmes impliquées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Personnellement, je me suis sentie humiliée, exposée, dégradée, objectivée, utilisée (d'abord par le pornographe, puis à nouveau par les consommateurs), jetée, et vraiment, &lt;i&gt;vraiment&amp;nbsp;&lt;/i&gt;blessée. La blessure était physique et émotionnelle en même temps, et quand la douleur physique cessait, la douleur émotionnelle grandissait. J'ai toujours des douleurs physiques, qui font partie du Syndrome de Stress Post-Traumatique dont je (et beaucoup de survivantes de l'industrie du sexe) souffre. J'ai des flashbacks, je lutte avec la nourriture, et avec l'image de mon corps, je n'aime pas être touchée, parfois je souhaite être invisible. Je fais des cauchemars où tout ce que j'ai vécu m'arrive encore. Où je suis humiliée et terrifiée et blessée, et où je cours mais sans jamais pouvoir m'enfuir. Tout comme dans la réalité. J'entends des gens qui argumentent en faveur de la pornographie sur un mode prétendument savant et libéral, riant et blaguant à propos des corps des femmes comme moi, parlant avec un langage mais agissant avec un autre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je continue de penser certains jours, quand un type me regarde, a-t-il vu des photos ou des vidéos de moi ? Assise devant mon psychothérapeute, j'y pense à nouveau. Ou cet homme ? Ou celui là ? La pornographie a une longue durée de vie en étalages, et une fois qu'elle y est, une fois qu'elle est entre les mains du pornographe, il n'est pas question de la reprendre ! C'est une chose avec laquelle moi et chaque femme qui ait jamais été photographiée ou filmée doit vivre &lt;i&gt;chaque jour&lt;/i&gt;. Le pouvoir de l'inégalité est évident, parce qu'il peut me voir, et je ne peux pas le voir. Il peut m'&lt;i&gt;acheter&lt;/i&gt;&amp;nbsp;et me regarder intimement, et je ne pourrais même pas le reconnaître.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans les photos qu'ils ont prises de moi, les vidéos, la violence, l'absence de choix, n'étaient pas toujours évidentes. Bien sûr, parfois ça l'était. Mais d'autres fois, la menace de la violence toujours présente, et ses avertissements résonnant dans mes oreilles, je mettait le masque et j'étais selon ses mots une "bonne fille". Tu ne seras pas battue ce soir si tu prends ça comme tu le devrais ! Souris, couvre la douleur, quand ils te baisent dans le cul, ou que tu subis une double pénétration, respire et ne tombe pas dans les pommes, n'aie pas l'air d'avoir mal. Parfois je suppose que j'ai du avoir l'air complètement ailleurs, avec l'alcool et les drogues. D'autres fois, en revanche, vous n'auriez peut-être rien vu. Je n'ai jamais fait d'injections donc il n'y avait pas de marques. Et il me donnait des gants sans doigts qui montaient jusqu'au coude, à porter quand l'automutilation sur mes bras était visible. Parfois il me faisait recouvrir les bleus causés par les coups, et il m'aidait, tamponnant du maquillage dessus, il y en avait beaucoup et souvent hors d'atteinte pour moi. D'autres fois, cependant, ils laissaient les bleus visibles, parce que dans un marché particulier, ça vend.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les autres problèmes de santé mentale dont souffrent si souvent les femmes dans la pornographie et la prostitution sont aussi cachées. Beaucoup de femmes dans l'industrie du sexe ont été abusées sexuellement quand elles étaient enfants. Beaucoup ont une estime d'elles mêmes très basse, et sont à l'âge adulte dans des relations violentes. Beaucoup ou même la majorité ont un trouble de la personnalité borderline. &lt;i&gt;Si des femmes ont des problèmes de santé mentale, et un accès inadéquat aux services de santé mentale, et qu'elles sont stigmatisées si elles essayent d'y accéder, dans quelle mesure avons nous le choix ?&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;Et nous en revenons ainsi à notre point de départ, que les animaux sont légalement mieux protégés que les femmes. Cela continuera d'être le cas à moins que nous nous débarrassions de la stigmatisation autour des maladies mentales, de la toxicomanie, et de la violence contre les femmes. Cela sera le cas aussi longtemps que les femmes qui entrent dans l'industrie du sexe, et ceux qui défendent cette industrie et en achètent les produits, croient aux mensonges tissés par ceux qui se font de l'argent, que c'est amusant, juste un job comme un autre, un moyen facile de se faire de l'argent. Et ce sera le cas jusqu'à ce que nous soyons préparés à admettre que les inégalités de genre continuent à exister, bien que cachées par l'usage intelligent du langage de l'industrie du sexe, qui parle de choix avec tant de désinvolture. Jusqu'à ce que nous réalisions l'&lt;i&gt;absence&lt;/i&gt;&amp;nbsp;de choix qui force tant de femmes à entrer dans l'industrie du sexe, jusqu'à ce que nous cessions de rejeter les voix des femmes qui ont survécu et qui racontent leur vérité, qui disent que cette industrie blesse les femmes et les traite comme moins que des animaux, les générations futures de femmes continuerons à s'y retrouver piégées. Nous les aurons, littéralement, vendues.&lt;br /&gt;&lt;div class="post-footer" style="background-color: black; color: #777777; font: normal normal normal 78%/normal 'Trebuchet MS', Trebuchet, Arial, Verdana, sans-serif; letter-spacing: 0.1em; line-height: 1.4em; margin-bottom: 0.75em; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0.75em; text-align: left; text-transform: uppercase;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1156704989219292913-1423993562109273460?l=survivrealaprostitution.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/feeds/1423993562109273460/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/2010/03/du-pain-et-des-jeux.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1156704989219292913/posts/default/1423993562109273460'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1156704989219292913/posts/default/1423993562109273460'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/2010/03/du-pain-et-des-jeux.html' title='Du pain et des jeux'/><author><name>Angel K</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13401721006534552836</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1156704989219292913.post-3469428405357538845</id><published>2010-03-05T04:58:00.000-08:00</published><updated>2011-11-20T05:07:01.434-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='prostitution'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='femmes'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='escort'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='violence'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='poésie'/><title type='text'>Juste un job ?</title><content type='html'>C'est juste un job&lt;br /&gt;comme n'importe quel autre&lt;br /&gt;ont-ils dit&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et - boum !&lt;br /&gt;ce mensonge&lt;br /&gt;l'a abattue&lt;br /&gt;morte&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="background-color: black; color: #cccccc; font-family: 'Trebuchet MS', Trebuchet, Verdana, sans-serif; font-size: 13px; line-height: 20px; text-align: left;"&gt;&lt;/span&gt;Ils riaient&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;en la blessant&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;ils ont joui quand elle&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;a saigné&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;Ils n'écoutaient pas&lt;br /&gt;quand elle disaient&lt;br /&gt;Non ! arrêtez s'il vous plait.&lt;br /&gt;J'ai peur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À la place&lt;br /&gt;Ils lui ont dit&lt;br /&gt;qu'elle aimait ça&lt;br /&gt;ils ont niqué&lt;br /&gt;son esprit&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils lui ont dit&lt;br /&gt;que c'était là qu'elle&lt;br /&gt;avait sa place -&lt;br /&gt;sur un lit&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ses hématomes&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;restaient cachés&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Sa dignité&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;déchiquetée&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Ils l'ont attrapée&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;et l'ont fait payer&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;encore pire&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;quand elle a fui&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Elle vivait l'horreur&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;et la souffrance&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;une vie passée&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;dans la terreur&lt;br /&gt;Elle est morte seule&lt;br /&gt;droguée&lt;br /&gt;C'est là&lt;br /&gt;que "juste un job" l'a menée.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1156704989219292913-3469428405357538845?l=survivrealaprostitution.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/feeds/3469428405357538845/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/2010/03/juste-un-job.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' 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politique'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='pornographie'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='poésie'/><title type='text'>Peins-moi un tableau</title><content type='html'>Quand tu me regardes, qu'est-ce que tu vois ?&lt;br /&gt;Le pornographe te peint un tableau :&lt;br /&gt;Mes seins, nus pour ton plaisir&lt;br /&gt;Mes jambes, écartées pour montrer que j'en veux&lt;br /&gt;Mon vagin, ouvert pour ta jouissance&lt;br /&gt;Mon anus, lubrifié et prêt&lt;br /&gt;Ma bouche, peinte en rouge, lèvres légèrement écartées.&lt;br /&gt;Allumeuse&lt;br /&gt;Qui attend, attend tout entière,&lt;br /&gt;D'être comblée, de te servir,&lt;br /&gt;De servir ta bite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Crois-tu que tu me voies tout entière ?&lt;br /&gt;(Et je ne parle pas des gros plans)&lt;br /&gt;Ou est-ce que tu vois seulement les "trous" en moi ?&lt;br /&gt;Il te montre mon intérieur - l'anatomie&lt;br /&gt;Mais il ne veut pas que tu voies mon véritable intérieur :&lt;br /&gt;C'est caché&lt;br /&gt;Recouvert de peinture.&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Laisse moi te peindre un autre tableau.&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Je suis un être humain&lt;br /&gt;Qui avait des espoirs et des rêves&lt;br /&gt;Avec une famille, une histoire.&lt;br /&gt;Qui ressent et pense et mange et dort&lt;br /&gt;Et chie&lt;br /&gt;Comme n'importe quel autre.&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Peut-être que tu ne me connais pas&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Mais tu ne peux pas te permettre de resté détaché.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Si j'étais ta soeur&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Ou ta mère&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Me traiterais-tu de la même façon ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Pourrais-tu me traiter de la même façon ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Comment te sentirais-tu, sachant&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;que d'autres hommes font de l'argent sur moi&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Ont fait des appréciations sur moi&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Ont mis un prix sur moi ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Que d'autres hommes achètent mon corps&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;et se branlent sur moi&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Peut-être cet homme dans la rue&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Ou celui-là ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;i&gt;Je vis avec ça chaque jour.&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Laisse moi te peindre un tableau&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Un instantané de mon monde&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Un jour dans ma vie&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Sans censure&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Sous l'épaisseur de maquillage&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Il y a des cercles noirs autour de mes yeux&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Je ne dors pas bien la nuit&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Sachant ce qui m'attend -&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Une autre journée à me déshabiller&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;et à poser et à faire la moue&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;et à faire semblant que j'aime ça&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;veux ça&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;i&gt;suis &lt;/i&gt;ça&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;À genoux et sur mes mains&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Exposée&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Dégradée&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Comme ces hommes me donnent des instructions&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Me dirigent&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Me poussent&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;À des choses toujours plus explicites, toujours plus douloureuses.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Dignité&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Humanité&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Respect de soi&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Disparus depuis longtemps&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;L'alcool et les drogues&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Le besoin désespéré d'argent&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Pour un fix&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Qui me piège ici&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Ma haine de moi&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;et l'homme qui l'alimente&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Qui m'a frappée&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;et m'a violée&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;et m'a vendue&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;i&gt;et a vendu cette image de moi&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;à moi :&lt;/div&gt;Une rien&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Un ensemble de trous&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Une salope stupide&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Qui a sa place ici&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;et ne mérite rien de plus&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;que ton rire&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;ton mépris&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;tes fluides corporels&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Les vérités dégoûtantes&lt;br /&gt;n'ont pas leur place dans le tableau&lt;br /&gt;que tu décides de voir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais c&lt;i&gt;'est&lt;/i&gt;&amp;nbsp;mon tableau&lt;br /&gt;Ma raison d'être ici&lt;br /&gt;Toujours présent&lt;br /&gt;Mais caché de toi si facilement&lt;br /&gt;Avec ta complicité&lt;br /&gt;Derrière le maquillage&lt;br /&gt;Derrière le sourire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je te vois, riant de moi&lt;br /&gt;ou commentant mon corps&lt;br /&gt;et te branlant sur moi&lt;br /&gt;Là piégée dans mon existence à deux dimensions&lt;br /&gt;Toi et ton discours sur les droits et les choix !&lt;br /&gt;Mais me vois-tu ?&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Vas&lt;/i&gt;-tu me voir ?&lt;br /&gt;Je veux que tu me voies&lt;br /&gt;Le tableau entier&lt;br /&gt;Et que tu n'achètes plus jamais&lt;br /&gt;Cette fausse image&lt;br /&gt;L'image du pornographe.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1156704989219292913-4129382209927146092?l=survivrealaprostitution.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/feeds/4129382209927146092/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/2010/02/peins-moi-un-tableau.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1156704989219292913/posts/default/4129382209927146092'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1156704989219292913/posts/default/4129382209927146092'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/2010/02/peins-moi-un-tableau.html' title='Peins-moi un tableau'/><author><name>Angel K</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13401721006534552836</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1156704989219292913.post-7919223380079064039</id><published>2010-02-20T06:38:00.000-08:00</published><updated>2011-11-20T03:05:40.010-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='sexe'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='reproche'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='femmes'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='violence'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='viol'/><title type='text'>Absolument putain d'incroyable</title><content type='html'>J'étais juste en train de conduire, en écoutant radio 4, quand ils ont commencé un débat pour savoir dans quelle mesure une femme était coupable si elle était violée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;!!!!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cela m'a rendue vraiment malade et j'ai dû rentrer directement chez moi pour m'effondrer. La définition du viol c'est que c'est à l'encontre des souhaits de la femme. Qu'elle ait bu un verre ou aucun ou vingt verres, c'est toujours pareil. Si une femme dit non, elle veut dire non, on s'arrête là.&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Pathétique ! Quelle violence envers chaque femme qui a été violée, qui a été agressée sexuellement, d'enlever le reproche à l'homme qui l'a pénétrée, touchée, et le renvoyer sur la femme qu'il a fait souffrir ! Je suis encore en train de pleurer, de trembler, d'avoir entendu ça.&amp;nbsp;Ça&amp;nbsp;me donne envie de vomir - tout mon corps réagit.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Et le pire, c'est qu'un sondage montre que la majorité des &lt;i&gt;femmes&lt;/i&gt;&amp;nbsp;pensent que la femme a une certaine responsabilité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quel message envoyons nous à la prochaine génération de jeunes hommes si nous disons, et bien, elle était habillée d'une certaine façon, elle lui a souri d'une certaine façon ou elle a bu un certain nombre de verres donc c'était normal qu'il la viole ? Qu'est-ce qu'on est en train de se faire, à nous-mêmes ? Quand les femmes condamnent les femmes pour avoir été violées, où la victime de viol doit-elle aller ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et où est l'auteur dans tout ça ?&amp;nbsp;Étrangement&amp;nbsp;absent. L'homme qui lui a fait ça. Elle a été blessée une fois par le viol, et maintenant ça. C'est de sa faute. Son "non" ne voulait rien dire pour lui, et il ne veut plus rien dire maintenant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Qu'il ait bu n'importe pas - il est quand même responsable. S'il avait roué de coups quelqu'un jusqu'à la mort après quelques verres et plaidé l'ivresse, dirions nous, ah, c'est vrai c'est vrai, oublions-ça, il n'y pouvait rien ? Et oublier la victime, et peut-être la blâmer d'être restée pas loin d'un homme qui était clairement soûl et hors de contrôle ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Être violée est une sorte de mort. C'est une perte. De confiance en soi, en les hommes, en le fait d'être protégée par la loi. Une perte de dignité et de respect. Et la souffrance physique aussi. La vie n'est plus jamais la même après un viol. Ton corps n'est plus jamais autant le tien qu'avant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cela me rend triste, aussi, quand je pense à ce que cela signifie vraiment que nous pensons des hommes et des femmes en tant que société si nous plaçons le reproche sur les femmes dans le viol. Dans cette affirmation il y a l'idée implicite que les hommes sont en quelque sorte moins que ça : ils sont animaux, gouvernés par leurs pulsions sexuelles, impuissants face à leurs désirs, incapables de responsabilité. Et que les femmes se font ça à elles-mêmes, qu'elles se blessent elles-mêmes, et qu'elles sont responsables non pas seulement d'elles mêmes mais aussi du comportement qu'ont les hommes envers elles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Je ne crois pas à ça.&lt;/i&gt;&amp;nbsp;Je crois que les hommes comme les femmes sont responsables de leurs actions, et de l'effet qu'elles ont sur les autres, et que dénier cela est dénier leur humanité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais là, assise seule chez moi, j'aurais voulu entendre une voix à la radio qui aurait parlé pour moi, la femme qui a été violée.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1156704989219292913-7919223380079064039?l=survivrealaprostitution.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/feeds/7919223380079064039/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/2011/11/absolument-putain-dincroyable.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1156704989219292913/posts/default/7919223380079064039'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1156704989219292913/posts/default/7919223380079064039'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/2011/11/absolument-putain-dincroyable.html' title='Absolument putain d&apos;incroyable'/><author><name>Angel K</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13401721006534552836</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1156704989219292913.post-2215004755695735456</id><published>2010-02-10T11:26:00.000-08:00</published><updated>2011-11-20T02:41:14.277-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='relation'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='femmes'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='viol'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='guérison'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='maltraitance'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='thérapie'/><title type='text'>Seule en compagnie</title><content type='html'>Souvent, en thérapie, je reste silencieuse. C'est comme si j'étais encore bâillonnée. Silencieuse avant, silencieuse maintenant. Ne montre aucune émotion. Certains comportements sont durs à arrêter. En regardant mon thérapeute, que j'aime beaucoup, à qui je fais confiance, dans la mesure où je suis capable de faire confiance, j'ai envie de hurler. Tant de tourments et de frustration ! Il est à quelques dizaines de centimètres de moi seulement mais cela pourrait aussi bien être un million de kilomètres.&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Comment traverser cette distance, faire un pont, avec des mots, pour peindre une image de la douleur et de la souffrance, pour dire l'indicible, dans cet environnement fade de classe moyenne avec sa table et sa boîte de mouchoirs pour que les clients tamponnent leurs yeux avec, avec cet agréable homme de classe moyenne. J'ai l'impression d'être de l'obscurité complète, le mal à l'état pur, une entité toxique qui pollue cet endroit et l'esprit de cet homme. Si certaines des images, des souvenirs, de ce qui m'a été fait, me tourmentent et me dégoûtent de moi-même, que va-t-&lt;i&gt;il&lt;/i&gt;&amp;nbsp;penser, cet homme avec ses livres d'étude et sa vie stable et son job stable et son apparence propre et ordonnée.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Sa gentillesse me touche, sa présence m'apaise, sachant qu'il ne va pas me frapper ou me toucher ou me crier dessus. Je sais que c'est juste son job, ça fait partie du contrat, pour lui, je ne suis qu'une cliente parmi tant d'autres. Mais pour moi cela signifie tellement plus que ça. Un homme qui ne veut rien de moi, qui est là pour écouter, qui m'encourage à parler, qui me parle d'une voix douce. Je ne veux pas perdre ce sentiment d'être en compagnie, je ne peux pas supporter de penser qu'il voie les dégâts que je porte et ma noirceur et qu'il m'abandonne.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;J'ai été seule pendant si longtemps et je ne veux pas perdre ça. Alors je reste assise, silencieuse, et priant pour qu'il voie dans mon esprit, pour qu'il comprenne, qu'il voie ma souffrance et ma peur, qu'il sache et qu'il comprenne et qu'il m'accepte telle que je suis, parce que je ne peux pas en parler.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Solitude en compagnie. Ensemble mais séparés.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1156704989219292913-2215004755695735456?l=survivrealaprostitution.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/feeds/2215004755695735456/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/2010/02/seule-en-compagnie.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1156704989219292913/posts/default/2215004755695735456'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1156704989219292913/posts/default/2215004755695735456'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/2010/02/seule-en-compagnie.html' title='Seule en compagnie'/><author><name>Angel K</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13401721006534552836</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1156704989219292913.post-8635123847566656365</id><published>2010-02-10T03:13:00.000-08:00</published><updated>2011-11-20T13:15:14.264-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='prostitution'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='réalité'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='pornographie'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='viol'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='guérison'/><title type='text'>Vivre dans les limbes</title><content type='html'>Il y a un point où les émotions sont tellement intenses, la douleur tellement crue, que les mots cessent de leur rendre justice. Tu tâtonnes pour trouver le vocabulaire mais il n'y en a pas. Rien de ce que tu pourrais dire ne pourrait se rapprocher de ce que tu ressens, de ce qu'ils te font. Les gens te font défaut, et le langage te fait défaut aussi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et qui écoute de toute façon ? Qui va t'aider ? Tu te sens invisible. Quand tu vas aux urgences (et tu devrais y aller plus souvent, mais il ne te laisse pas - effrayé qu'ils puissent découvrir) et qu'ils parlent de toi, pendant que tu gis dans le lit - "assez ivre pour mettre un cheval K.O.", "clairement alcoolique", "regarde l'état dans lequel ils se mettent", et qu'ils refusent de te voir toi et ta douleur, tu perds ton humanité. Tu deviens "elle", "juste une autre alcoolo", ne méritant même pas un nom. Tu souffres déjà, mais ils te font souffrir quand même, souffrance sur souffrance. Tu ne peux pas tenir beaucoup plus longtemps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette femme dans le lit a des &lt;i&gt;sentiments &lt;/i&gt;vous savez.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tu sais que tu es toute seule. Et tu te blâmes déjà, tu te hais déjà, pour la boisson et les drogues. Tu essaies de survivre, tu essaies seulement de survivre, et tu sais que ces choses sont des problèmes en elles-mêmes, tu n'es pas stupide, même s'ils te traitent comme si tu l'étais, mais tu as peur et tu es perdue et seule et il n'y a aucun choix. Les gens qui sont là pour t'aider, les "professionnels", te jugent et te regardent comme si tu étais une merde, ce qui est d'ailleurs ce que lui t'a dit.&lt;br /&gt;Quand ouvrir la bouche te fait risquer de ne pas être crue, ou risquer son poing, tu arrêtes de parler. Tu as assez mal comme ça : tu n'as pas besoin de plus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les émotions, les événements, les gens, tout se mélange dans ta tête, un méli-mélo sans narration, sans mots, sans espoir, dont tu préférerais ne pas te souvenir. Tu sens que tu perds pied avec la réalité. Les blackouts viennent rapidement et profondément, un produit de l'alcool et des drogues et des blessures à la tête qu'il te fait. Tu as peur de devenir folle. Tu ne peux pas parvenir à penser à ton futur. Qu'est-ce que tu peux espérer, viser, pour quoi peux-tu prier, quand tu es tellement absolument brisée, tellement complètement morcelée. Même ton corps n'est pas à toi. Il semble insensible à tout sauf à la douleur. Tu essaies de te détacher, de t'éloigner du traumatisme physique, mais même dans ta tête il n'y a aucune sécurité ni aucune paix. Tu te sens consumée par lui, par eux. Leurs mains possèdent ton corps, et leurs mots possèdent ton esprit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils te disent que ta place est ici. Tu commences à y croire. Quand les gens qui pourraient t'aider, à qui on t'a appris à faire confiance avant que tu te retrouves ici, quand tu appartenais à la société, que tu y étais acceptée, que tu y avais ta place, regardent maintenant à travers toi, tu n'as plus nulle part où aller. S'échapper semble impossible. Où peux-tu aller ? À qui peux-tu faire confiance ? Où est ta place maintenant ?&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Depuis que je suis sortie, je me retrouve toujours perdue, apeurée, souffrante. Il n'y a aucun endroit que je puisse appeler chez moi. Je n'ai pas l'impression de coller avec la majorité des gens normaux, avec leurs vies normales, leurs familles normales, leurs comportements normaux. Avec leur acceptation sans critique, sans questionnement, de la façon dont en tant que femme j'ai été traitée par la société, et le suis encore.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;C'est comme s'ils me voyaient sans me voir, ils voient ce qu'ils veulent et jettent le reste. Avec leur assertion confortable que la prostitution devrait être légalisée, que cela donne du pouvoir aux femmes de "choisir" le travail du sexe, que l'inégalité de genres est une chose du passé, qu'il y a plein d'aides partout pour les femmes maltraitées, si seulement elles voulaient bien en profiter. Ils parlent avec assurance de l'addiction, de l'alcoolisme, comme d'un choix de vie, rien de plus, médiocre s'il en est, un signe de personnalité faible et d'égoïsme et d'immoralité. Je me sens suffoquée, ignorée par eux et leurs croyances. C'est comme s'ils parlaient un langage différent du mien. C'est le cas.&lt;/div&gt;&lt;span style="background-color: black; color: #cccccc; font-family: 'Trebuchet MS', Trebuchet, Verdana, sans-serif; font-size: 13px; line-height: 20px; text-align: left;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Leurs mots me font souffrir, mal informés, détachés de la réalité, voilés dans un langage étrangement hors de contexte étant donné la nature de l'industrie du sexe. Vides de sens, mais largement acceptés. Aseptisés jusqu'à l'abstraction. Réadaptés jusqu'à la vacuité. Un tel langage suggère qu'il serait prude de voir les femmes achetées et vendues dans la pornographie et la prostitution comme quoi que ce soit de plus qu'une expression de la liberté d'expression et du libéralisme. Et tu vois, elle sourit, c'est donc qu'elle aime ça ! Et puis on ne changera pas les hommes...&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Regardant une femme nue dans la pornographie, avec des objets dans son vagin et son rectum, les défendeurs de l'industrie du sexe ne parlent pas du tout des femmes, mais à la place ils parlent le langage des droits et de la liberté d'expression et de choix. Tellement plus proche, tellement moins affligeant. Tellement plus acceptable socialement. Après tout, qui ne serait pas en faveur des droits, de la liberté d'expression et de choix ? Pris hors de contexte, ces mots sont acceptés comme ayant des connotations positives. Notre société les promeut. La question que nous avons besoin de poser c'est, est-ce que ces mots ont leur place dans le contexte de l'industrie du sexe et de ses pratiques ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;L'industrie du sexe et notre culture qui l'accepte regardent à travers les femmes qu'ils utilisent. Elles ont regardé à travers moi, regardent à travers moi. Tout en regardant une vraie femme vivante devant eux, nue, avec ses organes génitaux exposés, les défenseurs de la pornographie sont étrangement aveugles. Ils ne voient que ce qu'ils veulent. La valeur de son corps à leur yeux repose sur leur capacité à projeter leurs désirs et leurs croyances sur elle, et donc à l'utiliser sans reproche ni responsabilité. Elle reste un objet de fantasme à leurs yeux parce qu'ils ne voient pas, ne verront pas, la réalité. Tranquillement du bon côté de la caméra, les "utilisateurs" de la pornographie restent à une distance aseptisée des fluides corporels, des bleus, des émotions, de la réalité. Ils ne se connectent pas à la femme de l'autre côté de la caméra, se tenant ouverte, posant, insérant des godemichés ou autres objets pour la gratification d'hommes qu'elle ne connait pas, pour faire de l'argent pour quelqu'un d'autre. Avec leur langage de la "liberté d'expression" et de "prise de pouvoir" et de "choix", ces soi-disant "libéraux" sont en fait tout sauf cela. La liberté d'expression n'est pas tellement libre quand elle cherche à étouffer le débat, à faire taire les voix des femmes qui ont vécu la réalité du fantasme du consommateur.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Son humanité, ses émotions, barrent la route. Les pornographes ne veulent pas que vous vous inquiétiez pour elle - c'est pourquoi on lui a dit de sourire. Ce ne serait pas aussi facile de jouir là-dessus si vous aviez vu ce que celui avait coûté, n'est-ce pas ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Peut-être que si les "utilisateurs" de la pornographie devaient faire face au coût humain, si ces femmes n'étaient pas muettes, ils devraient prendre leurs responsabilités, devenir actifs. Ils devraient peut-être oser parler et risquer la rage d'une industrie avec des milliards de dollars derrière elle, et des avocats de haut niveau derrière elle, un cirque complet de gens qui auraient tellement à perdre s'il devenait inacceptable de faire le commerce de vraies femmes vivantes. Non pas que l'industrie du sexe veuille ou puisse jamais formuler cela de cette façon. L'industrie du sexe vise à rendre muet le langage qui attire l'attention sur ce qu'elle fait &lt;i&gt;en réalité &lt;/i&gt;- utiliser les corps des femmes, en se concentrant particulièrement sur ses organes génitaux et leur pénétration - pour gagner de vastes sommes d'argent, non pas pour le bénéfice de ces femmes, mais pour ceux qui sont plus haut dans la pyramide. Ce mensonge conserve son pouvoir en évitant un tel vocabulaire à tout prix.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;L'industrie du sexe cherche à contrôler non seulement les voix des femmes qui y sont piégées, mais le langage même du débat, et la vaste majorité des médias.&amp;nbsp;Étrangement, ces gens objectent à des mots qui évoquent avec le moindre début d'exactitude la réalité des femmes impliquées. La réalité est un peu moins agréable. Il n'est pas aussi facile de parler allègrement de la liberté d'expression et de l'empowerment si tu peux entendre la voix de la femme qui vient juste d'avoir une relation sexuelle non protégée avec 8 hommes différents décrire la souffrance du sexe prolongé, comment elle sniffait de la coke à chaque pause pour essayer de s'insensibiliser, à quel point il était difficile pour elle d'essayer de sourire pour la caméra et de gémir pour la caméra comme si elle aimait ça, de leur dire "baise moi plus fort" quand tout ce qu'elle voulait c'était que tout ça s'arrête parce que la douleur était insupportable et qu'elle se disait qu'elle allait vomir et qu'elle voulait juste prendre son argent et aller prendre une douche et se soûler pour oublier.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;L'industrie du sexe peint une image d'elle-même comme une figure bienveillante dans un combat contre l'enchaînement des femmes au mariage et à la monogamie et comme sujettes au contrôle sexuel. Ils se présentent comme les gentils, les modernistes, les ouverts d'esprit. Contre toute évidence, ils veulent être vus comme les libérateurs des femmes, non pas leurs exploiteurs. La société avale ce mensonge autant qu'elle accepte ce langage. L'utilisation du langage par l'industrie tisse un mensonge qui joue sur la peur : la peur des gens d'avoir l'air prude ; la peur des gens d'avoir l'air vieux jeu ; la peur des gens que cela puisse être vu comme rétrograde, anti-droit des femmes, répressif ou frigide. On dit rarement qu'il est possible de s'opposer à la maltraitance des femmes dans la pornographie et la prostitution, à leur objectivation et leur vente, tout en n'étant pas un&amp;nbsp;traditionaliste, un conservateur. Il n'est pas dans l'intérêt de l'industrie du sexe d'autoriser l'éventuelle présence d'un juste milieu. Ou de laisser croire que la vraie prise de pouvoir des femmes puisse être trouvée dans autre chose que de se dénuder pour faire jouir les hommes.&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Ils jouent un jeu intelligent, et ils font la guerre à ceux qui élèvent la voix. Ils cherchent à placer leur source de revenus en dehors des limites, pour interdire le questionnement des effets de l'industrie du sexe. Quelle ironie qu'une industrie qui détruit la vie des femmes doive adopter un langage des droits des femmes, du féminisme et de l'empowerment ! Quelle ironie que ce mensonge soit devenu si persuasif qu'une femme comme moi qui a fait l'expérience de l'enfer de la prostitution, d'être utilisée dans la pornographie, a peur de parler, qu'on lui demande de dénier sa vérité, a découvert que des gens habituellement gentils et ne jugeant pas, étaient incapables d'entendre son histoire ? Faisant face à l'épouvantable réalité de ce que cela signifie pour les femmes d'être vendues et détruites photo par photo, acheteur par acheteur, les gens retombent dans le bafouillage sur le choix et la liberté. Comment est-il possible que la femme devienne inacceptable, son histoire inacceptable, alors que l'industrie est intouchable ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Le choix et le contrôle méticuleux du langage par l'industrie du sexe est ce qui nous empêche d'avancer. L'industrie du sexe évite le langage explicite pour s'engager avec la société complète dans sa bataille pour rester à la place qu'elle a réussi à se faire : le courant dominant de la culture. Beaucoup de gens qui se font avocats du "droit" des adultes à "utiliser" la pornographie, ou argumentent en faveur de la légalisation de la prostitution, sont embarrassés par l'usage de mots explicites pour décrire les films explicites et les magazines explicites qu'ils défendent. On fronce les sourcils devant un tel langage, considéré comme sordide, inadapté, non nécessaire.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Mais pourquoi est il accepté de se branler sur une photo d'une femme nue en train d'être pénétrée, mais pas accepté de parler de son vagin, de son anus, de parler de sa réalité, pour dire les choses telles qu'elles sont ? De demander pourquoi elle est là, comment elle se sent, ce que cela signifie pour elle. Si elle a des alternatives. &lt;i&gt;Comment avons nous pu laisser une industrie dont l'essence est de vendre des corps humains vivants, respirant, sentant, au sang chaud, comme des objets, pour être utilisés pour notre gratification, puis jetés en faveur du prochain corps, nous contrôler si profondément, nous laver le cerveau si complètement que nous parlons uniquement en termes de fantasme, de liberté d'expression, de choix, et jamais de l'humanité des femmes que nous regardons dans les yeux ? &lt;/i&gt;Comment se fait-il que les statistiques montrant qu'un pourcentage écrasant des femmes utilisées dans la pornographie et la prostitution ont été abusées sexuellement quand elles étaient enfants ou adultes, ou ont des problèmes de santé mentale, et veulent désespérément en sortir, aient été tellement étouffées ? (voir le site d'Object : Demand Change ! pour des statistiques récentes). Dans ce langage de droits, où sont les droits des femmes utilisées ? Qu'est-il arrivé aux responsabilités complémentaires aux droits ? Et dans un contexte d'abus, d'addiction, de pauvreté, de violence, de difficultés de santé mentale, est-il bien pertinent de parler de choix ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Pousser les femmes qui sont prises dans tout ça, piégées, à parler pour défendre leur dégradation, leur déshumanisation, leur objectivation et leur vente, est l'astuce la plus intelligente et la plus insidieuse que l'industrie ait trouvé. Rien ne peut délivrer la société de sa responsabilité d'agir, de changer, comme la voix d'une femme qui sait. Une femme qui défend l'industrie du sexe est payée généreusement, par la société qui est reconnaissante de ne pas avoir à s'examiner ou à questionner ses pratiques, et par l'industrie elle-même. L'industrie paie ces femmes pour traiter d'extrémistes et de prudes d'autres femmes, des femmes qui osent dire je n'aimais pas ça, je ne voulais pas ça, être traitée en objet m'a fait du mal, je ne crois pas que cela promeuve une image saine des femmes. Une femme qui parle pour dénier ce mensonge paie encore et encore, d'abord par la dénégation de sa souffrance et de son histoire. Rejetez la femme qui dit la vérité, et vous n'aurez jamais à faire face à cette vérité ou à votre propre rôle là-dedans. Le statu quo est en danger, il doit être protégé. La vérité ne peut pas se mettre sur son chemin ! C'est un statu quo qui convient à beaucoup, qui fait de l'argent, dans lequel les femmes peuvent être achetées, servir de support masturbatoire, puis remises gentiment dans un tiroir jusqu'à la prochaine fois, ou laissées dans le bordel jusqu'à la prochaine fois, aucune pensée pour leur humanité, leur dignité, leurs sentiments et leurs émotions, ce qu'elles trouvent en rentrant chez elles le soir.&amp;nbsp;Écoutant&amp;nbsp;les voix largement diffusées de quelques femmes racontant le mensonge de l'industrie du sexe, la société se repose tranquillement, sans reproche.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Quand je suis retombée dans la prostitution, après m'être traînée à l'écart de mon ex, pour subvenir à ma toxicomanie, désespérée puisque dans ma condition je ne pourrais obtenir aucun autre travail, quand je suppliais mon médecin généraliste de m'aider à arrêter les drogues et qu'elle refusait, je me suis retrouvée à dire aux types qui me demandaient que je l'avais choisi, que j'aimais ça. C'est ce qui les poussait à revenir, et j'avais besoin qu'ils reviennent parce que j'avais besoin de leur argent. Pas de choix. Pas de liberté d'expression.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Ils chuchotaient des mots révoltants à mon oreille, et puis ajoutaient "et ça te plairait, n'est-ce pas ?", et je devais répondre que oui. Il me semblait avoir perdu ma dernière parcelle d'estime de moi. Je m'endormais en pleurant chaque nuit, je ne pouvais plus me regarder dans le miroir. Être doigtée et baisée et regardée et souillée par les éjaculations et photographiée et filmée et traitée comme un objet pour le divertissement des autres ne m'a, étrangement, pas du tout donné une impression d'empowerment.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;L'abîme entre l'"acceptable", la société et ses vues aseptisées, abstraites des femmes et du "travail du sexe", entre ce monde et mon monde, cette réalité la mienne, semble vaste, infranchissable, même à présent que j'en suis sortie, même à présent que je suis sobre. Eux avec leurs jobs et leurs maisons, leurs strip-clubs après le travail, juste un petit divertissement, un film ou un magazine porno juste pour "rire", rien de grave, rentrant chez eux dans une maison bien chauffée, un lit confortable, dormant d'un sommeil profond, confortablement distancié. Et moi, seulement en train de survivre, bataillant pour vivre avec les sensations et les souvenirs, les cicatrices, les cauchemars, reconnaissante de n'avoir pas bu ou m'être droguée juste pour aujourd'hui, de ne pas avoir été battue ou vendue aujourd'hui.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Je ne suis plus dans cet enfer de la prostitution. Mais je me retrouve dans les limbes, me battant toujours pour survivre, toujours en guerre avec la voix omniprésente de l'industrie du sexe, toujours brouillée avec la société, la survivante et porteuse d'une vérité trop dérangeante pour la majorité pour être entendue. Il est temps que nous considérions ces jeux de langage pour ce qu'ils sont et que nous devenions honnêtes avec nous mêmes.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1156704989219292913-8635123847566656365?l=survivrealaprostitution.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/feeds/8635123847566656365/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/2010/02/vivre-dans-les-limbes.html#comment-form' title='10 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1156704989219292913/posts/default/8635123847566656365'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1156704989219292913/posts/default/8635123847566656365'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/2010/02/vivre-dans-les-limbes.html' title='Vivre dans les limbes'/><author><name>Angel K</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13401721006534552836</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>10</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1156704989219292913.post-4769190536434872792</id><published>2010-02-01T02:10:00.000-08:00</published><updated>2011-11-22T08:30:40.552-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='relation'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='sentiments'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='addiction'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='alcoolisme'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='guérison'/><title type='text'>Un progrès, pas la perfection</title><content type='html'>Dans les cercles de parole, ils ont une maxime : ce qui est bien dans la guérison, c'est que tu récupères tes émotions ; et ce qui est mauvais dans la guérison, c'est que tu récupères tes émotions. Ces dernières semaines je dois dire que j'ai trouvé le retour de mes émotions très rude. Quelqu'un que j'aime énormément est sérieusement malade, avec une possibilité de ne pas s'en sortir. C'est à des moments comme ça que je dois me rappeler que je n'ai aucun pouvoir sur les gens, les endroits et les choses.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand je buvais et me droguais, je travaillais très dur à aider les gens. Je voulais être tout pour les gens dans ma vie, je crois que c'est parce que je voulais être aimée et nécessaire, et me rendre indispensable aux gens me semblait être un moyen d'être appréciée. Je n'avais aucune estime de moi, et donc je cherchais l'approbation dans les yeux des gens. Si quelqu'un m'aimait, bien (bien que même là je pensais, s'ils me connaissaient &lt;i&gt;vraiment&lt;/i&gt;&amp;nbsp;ils penseraient différemment). Si non, c'était infernal : cela me semblait une confirmation que ma plus grande peur était vraie, que les gens pouvaient voir à travers moi et savoir que j'étais une mauvaise personne. Je m'accrochais aux gens à tout prix.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En regardant à quel point j'étais seule, et à quel point j'étais en besoin désespéré d'amour, je ressens de la compassion pour moi-même. Et je me sens triste. À présent, en guérison, je peux me voir plus clairement. Je vois les motifs qui se sont répétés dans ma vie, les failles dans ma personnalité qui m'ont conduit à tomber dans des comportements inadéquats et des relations destructrices. La relation est au coeur du problème : je tends à avoir des relations incroyablement déformées avec tout ce que je croise dans ma vie, des gens à l'argent aux objets de tous les jours auxquels je peux attribuer certains pouvoir au-delà de la réalité. Alors je peux commencer à penser que certains vêtements portent chance ou malchance, demander à ce que chaque homme dans ma vie soit un chevalier blanc qui me sauvera, devenir superstitieuse avec des rituels. Le rituel était un autre grand truc pour moi quand je me droguais. Et le chevalier blanc...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai toujours tendance à penser de cette façon. Je suis une toxicomane, et ce sont mes positions par défaut. Mais il est vrai que ces jours ci je pense que j'ai plus de valeur, et je ne fais plus des autres des dieux dans ma vie que je haïrai et rejetterai quand, inévitablement, ils ne parviendront pas à me sauver de moi même. Je suis la seule à pouvoir me sauver, avec l'aide des autres. Et les gens ne m'aideront pas si je ne les laisse pas rentrer, et si je ne leur dis pas que j'ai mal et que j'ai peur. Je trouve ça tellement difficile de l'admettre ! Mais j'essaie néanmoins.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En ce moment de tristesse et d'inquiétude, j'ai rassemblé le courage et l'honnêteté pour demander de l'aide à mes amis. Et la grâce de savoir que je ne peux pas le sauver, que je ne suis pas Dieu, que je peux seulement faire ce que je peux et prendre soin de moi et rendre le reste. C'est difficile, et j'ai peur et j'ai mal, et je continue de me sentir seule souvent, mais c'est un progrès.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1156704989219292913-4769190536434872792?l=survivrealaprostitution.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/feeds/4769190536434872792/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/2010/02/le-progres-pas-la-perfection.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1156704989219292913/posts/default/4769190536434872792'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1156704989219292913/posts/default/4769190536434872792'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/2010/02/le-progres-pas-la-perfection.html' title='Un progrès, pas la perfection'/><author><name>Angel K</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13401721006534552836</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1156704989219292913.post-4884119859107331631</id><published>2010-01-31T02:33:00.000-08:00</published><updated>2011-11-19T03:04:19.258-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='prostitution'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='femmes'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='égalité'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='violence'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='pornographie'/><title type='text'>Comment ça peut arriver ?</title><content type='html'>Est-ce que j'aurais dû le voir venir, m'en aller avant que cela devienne si horrible ? Il me frappe et me dit que c'est ma faute. Je n'aurais pas du le provoquer. Il me viole et c'est ma faute. Je m'habille comme une pute. Le docteur qui raccommode l'entaille qu'il m'a faite me regarde avec dégoût en disant, "vous retournez le voir ?". Ma faute à nouveau. Les gens, les voisins, les collègues détournent les yeux quand j'ai des yeux au beurre noire, des bleus. Je vois des regards échangés, j'entends les soupirs. &lt;i&gt;Comment peut-elle ?&lt;/i&gt;&amp;nbsp;Aucune gentillesse, juste le jugement. Et de l'aide ? Seulement selon leurs termes, s'ils le veulent bien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et quand je regarde derrière moi, maintenant que je suis sortie, je pense : comment ça peut arriver ? Comment se fait-il qu'au 21ème siècle, à une époque où on parle d'égalité, de choix, d'opportunités, une femme qui est battue par un homme puisse être battue à nouveau, humiliée à nouveau, rejetée à nouveau par tout le monde autour d'elle, par les gens qui pourraient l'aider ? Si on doit distribuer les blâmes, comment cela a-t-il pu être transformé de façon à ce que ce soit elle la fautive ?&lt;br /&gt;&lt;span style="background-color: black; color: #cccccc; font-family: 'Trebuchet MS', Trebuchet, Verdana, sans-serif; font-size: 13px; line-height: 20px; text-align: left;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Les femmes battues, les femmes prostituées, ne sont pas stupides. Nous sommes blessées, oui, mais pas stupides. Pour traverser ça, pour survivre jour après jour, heure après heure, dans une telle sous-vie nous observons et nous apprenons - vite. Appeler à l'aide est dangereux. Alors quand nous osons, utilisant chaque once de courage dans nos mains juste pour être écartées avec violence et jugées, nous apprenons notre leçon. &lt;i&gt;Tu n'es pas acceptable. &lt;/i&gt;Les mots deviennent futiles alors nous cessons de parler. Les gens nous ignorent alors nous devenons invisibles. Nous avons été blessées par les gens dont nous espérions qu'ils nous aideraient.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Lui&lt;/i&gt;&amp;nbsp;est acceptable. Il n'a pas de bleus, ne saigne pas, ne porte aucune marque de la honte de cette vie. Pendant que nous payons deux fois plus, une fois dans la douleur et la dégradation des coups, du viol, des insultes, et puis encore une fois quand face à la société, il ne paie rien du tout. En fait, il reçoit. De l'argent quand il vend nos corps, de l'argent grâce aux photos et aux vidéos. Il est récompensé par une société aveugle à la réalité, qui tourne le dos au coût humain, aux femmes, une société qui défend la pornographie en tant que liberté d'expression et la prostitution comme le choix d'une femme. Il est libre d'aller où il ira et de se fondre comme un égal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comment ça peut arriver ?&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1156704989219292913-4884119859107331631?l=survivrealaprostitution.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/feeds/4884119859107331631/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/2010/01/comment-ca-peut-arriver.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1156704989219292913/posts/default/4884119859107331631'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1156704989219292913/posts/default/4884119859107331631'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/2010/01/comment-ca-peut-arriver.html' title='Comment ça peut arriver ?'/><author><name>Angel K</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13401721006534552836</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1156704989219292913.post-6243913194515952683</id><published>2010-01-26T03:46:00.000-08:00</published><updated>2011-11-20T02:15:45.369-08:00</updated><title type='text'>Jeux de langage</title><content type='html'>Quand on parle de prostitution, on emballe ça joliment. On utilise le langage pour nous distancier de la réalité de la situation. Le langage de l'industrie du sexe, de ceux en faveur de la légalisation de la prostitution, minimise la souffrance d'être une prostituée, de vendre ton corps. Ca facilite. Avec le langage du "travail", du "job", des "clients", on peut passer directement à travers la douleur et la souffrance des femmes et adolescentes qui y sont piégées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une amie à moi a dû débattre à propos de la légalisation de la prostitution pendant un cours durant ses études. Elle était la seule à argumenter contre la légalisation. Le reste du groupe a parlé de sécurité et de choix et du droit des femmes à "travailler". Ils ne voyaient pas ça comme un problème personnel. Pourtant qu'est-ce que la prostitution sinon quelque chose de personnel ? En tant que prostituée, j'ai essayé de me distancier de ce qui arrivait à mon corps - j'utilisais un autre nom, et essayais de m'engourdir avec de l'alcool et des drogues et un effort conscient. Ca ne marche jamais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La vérité, c'est que dans la prostitution, des hommes me donnaient de l'argent pour utiliser mon corps. Parfois ils me racontaient les choses répugnantes, parfois effrayantes, qu'ils voulaient me faire. Et ils me disaient que j'aimerais ça. Il m'a dit qu'il voulait me défoncer le cul jusqu'à ce qu'il saigne et ensuite me l'enfoncer dans la chatte. Qu'il voulait me ligoter et me laisser sans défense et regarder d'autres hommes me violer et me maltraiter jusqu'à ce qu'il jouisse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le fait qu'il utilise mon nom "professionnel" ne changeait rien. Il me regardait quand il le disait, il me touchait quand il le disait, il me faisait mal quand il le disait. Mon corps, mon vagin, mon rectum, ne sont pas des concepts distants, abstraits. Ils sont vrais, ils sont une partie de moi, une femme vivante, qui respire, qui ressent. Quand ils se déchirent, ça me fait mal. Quand ils se couvrent de bleus, ça me fait mal. Quand j'ai été baisée encore et encore, violemment, pour satisfaire le fantasme des parieurs, c'était la réalité pour moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le langage de l'industrie du sexe, si largement accepté et utilisé dans des débats à travers le pays par des gens qui n'ont jamais fait l'expérience de la prostitution, et qui savent pertinemment qu'ils ne le feront sans doute jamais, c'est du blanchiment. Aucun autre "job" ne laisse les femmes traumatisées, avec syndrome de stress post-traumatique, un taux de suicide loin au dessus de la moyenne. (voir le site Demand Change pour les statistiques). Utiliser ce langage tue le débat et bâillonne la réalité de la souffrance des femmes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La liberté d'expression des soi-disant libéraux, c'est des foutaises. Je n'ai jamais "travaillé" avec une femme qui soit libre de dire la vérité. Pour vivre en tant que prostituée, pour survivre, tu dois construire un méticuleux réseau de mensonges, même envers toi. C'est ce qu'on appelle le déni. De quelle autre façon peux-tu te lever le matin toujours endolorie de la veille (blague : "en marchant encore comme John Wayne") et retourner là-bas ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est l'antithèse du glamour. La réalité c'est des fluides corporels et des odeurs et du lubrifiant et des lingettes nettoyantes et des éponges dans ton vagin pour pouvoir "travailler" pendant tes règles. Et la &lt;i&gt;douleur&lt;/i&gt;&amp;nbsp;due à la quantité de rapports sexuels et les tétons douloureux parce qu'ils sont brutaux avec toi, des hommes essayant d'être super rapides et de te la mettre dans le cul quand tu ne regardes pas et de retirer leurs préservatifs. Offrant plus d'argent si tu les laisse rentrer sans préservatif.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ca me fait mal quand des gens qui n'ont aucune idée de la réalité de la prostitution donnent leur support à l'appel de l'industrie du sexe pour la légaliser. Je ne légaliserais pas la prostitution pour la même raison pour laquelle je ne légaliserais pas l'héroïne : cela détruit un être humain, physiquement, mentalement et spirituellement.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1156704989219292913-6243913194515952683?l=survivrealaprostitution.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/feeds/6243913194515952683/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/2010/01/jeux-de-langage.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1156704989219292913/posts/default/6243913194515952683'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1156704989219292913/posts/default/6243913194515952683'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/2010/01/jeux-de-langage.html' title='Jeux de langage'/><author><name>Angel K</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13401721006534552836</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1156704989219292913.post-1649175866139675241</id><published>2010-01-22T09:24:00.000-08:00</published><updated>2011-11-22T08:31:00.082-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='femmes'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='violence'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='réalité'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='pornographie'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='guérison'/><title type='text'>La réalité derrière le fantasme</title><content type='html'>Je trouve ça extrêmement bizarre quand des gens parlent de la pornographie comme d'un "fantasme inoffensif". La porno ce n'est pas des dessins animés (pour la majeure partie) ou des illustrations - c'est des photos et des vidéos de vraies femmes, qui ont des espoirs et des rêves et ressentent la douleur et l'humiliation comme n'importe quel autre être humain. Où est le fantasme pour elles ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je suis une de ces femmes. Ok, alors je suis une des chanceuses - j'en suis sortie en plus ou moins un seul morceau. Mais mon expérience d'avoir été utilisée comme pornographie, comme amusement, a laissé de profondes cicatrices. Le truc c'est que, avec la technologie moderne telle qu'elle est, quand une photo est prise, ou une vidéo tournée, il n'y a pas de fin. L'humiliation et l'abus de la femme, de moi, peuvent être répliqués à l'infini, vendus à l'infini, on peut les "utiliser" à l'infini (j'adore la façon dont la société change le langage dans ce domaine pour l'assainir... lire à la place "se branler dessus"). Ces images peuvent survivre longtemps après que nos corps et nos esprits ont été brisés par le fait d'être déshumanisées et dégradées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans un contexte de violence, je n'avais ni choix ni voix. Si je refusais, ou luttais ou étais "mal à l'aise", j'étais battue. J'ai perdu contact avec la réalité. Ils me traitaient comme un animal, et j'en suis devenue un pour survivre. Parfois j'initiais une relation sexuelle pour éviter la violence, et cela m'a fait mal, cela m'a rempli de honte, que je rentre dans leur jeu.&lt;br /&gt;Souvent, j'acceptais des choses, affreuses, douloureuses, sordides, pour éviter quelque chose de pire. Quand tu dois supplier pour utiliser les toilettes, avoir un peu d'eau, avoir un peu d'alcool, parce que tu as été enfermée dans ta chambre, tu perds tout dernier lambeau de respect envers toi-même. La dignité a sauté par la fenêtre il y a bien longtemps. Coupée des autres gens, tu perds pied avec la réalité, avec le bien et le mal. Et quand la main qui te frappe est aussi celle qui te relève, et te nourris, tu deviens confuse. Tu ne sais plus quoi penser.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rien ne peut te préparer à ça. Aucun mot ne peut le décrire. C'est être complètement perdue, et la seule chose que tu peux te dire c'est "ce n'est pas réel, ça ne peut pas vraiment être en train de m'arriver" et te détacher du mieux que tu peux de ton corps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout devient disloqué, fragmenté. Quand tu ne peux pas te rappeler ce qui t'es arrivé (blackout) et que tu ne peux pas voir un futur pour toi, la vie devient une série de clichés photographiques, de pensées enchevêtrées et de sensations et d'images et d'odeurs. En sortir devient encore plus une impossibilité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me dissocie encore beaucoup - une sensation étrange, comme être un voyeur dans ma propre vie. Par le passé, je me suis fragmentée moi-même dans une tentative désespérée d'auto-préservation. Les drogues et l'alcool étaient une partie de tout ça. Je ne savais pas comment gérer ce qui m'arrivait, ou comment le transformer. Aujourd'hui, je peux encore me retrouver à m'engourdir et me détacher quand les émotions montent trop haut. Mais une lente et douloureuse contribution à mon retour à la sobriété doit être une tentative d'intégrer ces parties de moi, les différents personnages. Ils ont même des noms. Une tentative d'accepter ce qu'une femme isolée, terrifiée, a dû faire pour survivre. Les sensations que j'ai eues alors que ces souvenirs sont revenus, et comme j'essayais de leur faire face, sont crues. Douloureuses au-delà des mots.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce que je trouve le plus dur, c'est la façon dont la société normalise tant des pratiques qui m'ont blessée. C'est un "droit" admis que celui des gens à pouvoir utiliser de la pornographie. Où sont les droits des femmes utilisées pour fabriquer ce fantasme inoffensif ? La caméra ne montre pas toujours la coercition, la peur, la menace de violence, l'addiction... Tout ça est caché pour permettre le divertissement léger. Et où sont les droits des femmes qui sont forcées à subir ces "fantasmes" par leur partenaire, à qui ont dit que "elle sourit donc c'est qu'elle aime ça, et donc toi aussi tu le dois" (ou alors sois traitée de prude, de "vache frigide" ou de "pas une vraie femme"). Qui veut connaître la réalité ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="post-footer" style="background-color: black; color: #777777; font: normal normal normal 78%/normal 'Trebuchet MS', Trebuchet, Arial, Verdana, sans-serif; letter-spacing: 0.1em; line-height: 1.4em; margin-bottom: 0.75em; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0.75em; text-align: left; text-transform: uppercase;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1156704989219292913-1649175866139675241?l=survivrealaprostitution.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/feeds/1649175866139675241/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/2010/01/la-realite-derriere-le-fantasme.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1156704989219292913/posts/default/1649175866139675241'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1156704989219292913/posts/default/1649175866139675241'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/2010/01/la-realite-derriere-le-fantasme.html' title='La réalité derrière le fantasme'/><author><name>Angel K</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13401721006534552836</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1156704989219292913.post-5471751060770889028</id><published>2010-01-21T11:46:00.000-08:00</published><updated>2011-11-19T06:35:18.759-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='prostitution'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='désintoxication'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='addiction'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='viol'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='guérison'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='honnêteté'/><title type='text'>Passer à autre chose ? Sur l'honnêteté et la vérité</title><content type='html'>La nuit dernière je lisais le journal que je tenais quand j'étais en cure de désintoxication, et je n'ai pas pu m'empêcher de sourire. Je regardais chaque "co-détenu" que je croisais avec une suspicion et une hostilité dont Staline serait sûrement fier. Mes commentaires sur mes camarades n'étaient pas vraiment élogieux... et après réflexion, entièrement dus à une projection. Au moment où j'ai pu partir je n'éprouvais plus rien d'autre que de l'amour et du respect pour ces personnes. Nous avions ri ensemble et pleuré ensemble et été vulnérables les uns avec les autres, et quand les mots manquaient nous nous étions offert tout ce que nous avions : câlins, clopes, juste notre compagnie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les personnes avec qui j'ai traversé la désintoxication en savaient plus sur moi, en savaient plus sur ma vie, que n'importe qui d'autre ait jamais su avant. Quand je me droguais, tout avait été caché, j'étais perdue dans une mer de secrets et de mensonges. Je mentais pour cacher la honte, je mentais pour éviter une vérité à laquelle je ne pouvais pas faire face, je mentais avec la justification de protéger les autres, je mentais pour corroborer un autre mensonge... et parfois je mentais juste. À genoux face à l'addiction, en réhabilitation je suis finalement devenue honnête, et la douleur, la honte et la peur m'ont dégringolé dessus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Et maintenant, deux ans et demi plus tard, dehors dans le vrai monde ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Je me bats encore avec le concept d'honnêteté, d'être ouverte et honnête avec les gens. Je continue à penser : pourquoi laisserais-je qui que ce soit me connaître vraiment, laisserais-je qui que ce soit s'approcher vraiment de moi ? Je dis quand même des petits bouts à différentes personnes - plus sûr, certainement, que de mettre tous mes oeufs dans le même panier. On dit que la connaissance c'est le pouvoir et je ne suis pas près de laisser qui que ce soit avoir du pouvoir sur moi, merci beaucoup. Ma position par défaut sera toujours celle d'une profonde méfiance des autres, dont je fais parfois un conscient et monumental effort pour la surmonter.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est comme ça que je travaille mon programme, bébé ! Certains jours, cependant, quand j'ai mal et peur, je n'y arrive pas tellement. Je peux me trouver à m'isoler, mes mots s'échappant. Mais je suppose que je dois apprendre à ne pas trop m'en vouloir pour ça. Quand je regarde mon passé je comprends comment j'ai appris à me méfier, et comment cela m'a sauvé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand j'étais battue et violée, vendue et torturée et traitée comme un animal, j'ai perdu ma capacité à parler. C'était comme devenir muette : parler ne faisait aucune différence alors j'ai arrêté de parler. Quand je sortais avec des yeux au beurre noir et que les gens regardaient à travers moi, je me sentais invisible. Quand on m'a sermonnée à l'hôpital parce que j'étais "retournée le voir" alors que j'étais terrifiée et appelais à l'aide, j'ai arrêté de demander. Et maintenant je suis saine et sobre et pourtant ces mots sont durs, tellement durs, à dire :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;S'il vous plaît aidez moi.&lt;br /&gt;J'ai peur.&lt;br /&gt;Je suis seule.&lt;br /&gt;J'ai été violée.&lt;br /&gt;J'ai été vendue.&lt;br /&gt;J'ai été maltraitée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je sais que je dois parler de tout ça, que je dois tendre la main et faire confiance à quelqu'un et m'ouvrir à propos de ça, et que si je ne le fais pas, je ne m'en sortirai pas. Parfois j'ai l'impression que je ne m'en remettrai jamais, que je ne me sentirai jamais bien auprès d'hommes, que je ne quitterai jamais les cauchemars et les flashbacks et les scènes rejouées. C'est foutrement dur. Ma capacité à polir l'apparence des choses, à avoir l'air très unie et en ordre et confiante et éloquente, joue contre moi ici. Je ne suis aucune de ces choses quand il s'agit de tout ça. Et à mesure que plus de souvenirs me reviennent comme je reste sobre, je peux sentir la pression monter à l'intérieur. Il est difficile de laisser le passé dans le passé quand il se confronte à toi à toute opportunité. Il est avec moi chaque jour. Revivre en permanence des expériences de prostitution et d'abus mettrait à l'épreuve la plus forte des personnes et je défie tous les thérapeutes désinvoltes que j'ai rencontrés jusqu'ici et auxquels je ne me suis pas ouverte de faire mieux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'essaie juste de faire mon chemin pour m'en sortir.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1156704989219292913-5471751060770889028?l=survivrealaprostitution.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/feeds/5471751060770889028/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/2010/01/passer-autre-chose-sur-lhonnetete-et-la.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1156704989219292913/posts/default/5471751060770889028'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1156704989219292913/posts/default/5471751060770889028'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/2010/01/passer-autre-chose-sur-lhonnetete-et-la.html' title='Passer à autre chose ? Sur l&apos;honnêteté et la vérité'/><author><name>Angel K</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13401721006534552836</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1156704989219292913.post-8824559331438265651</id><published>2010-01-20T03:56:00.000-08:00</published><updated>2011-11-18T16:48:47.314-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='prostitution'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='femmes'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='violence'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='pornographie'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='poésie'/><title type='text'>Plaisirs inoffensifs</title><content type='html'>Quand tu ris&lt;br /&gt;devant un film porno&lt;br /&gt;ou ricanes devant une femme&lt;br /&gt;dans un magazine porno&lt;br /&gt;Tu ris et ricanes envers moi,&lt;br /&gt;envers ma souffrance&lt;br /&gt;envers mon exposition et ma mise à nu&lt;br /&gt;envers mon humiliation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tu ris et ricanes sans savoir&lt;br /&gt;qui je suis&lt;br /&gt;d'où je viens&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;comment j'en suis arrivée là.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Peut-être que je souris.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Tu ne vois pas que j'y suis forcée&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;ne vois pas l'homme tenant la caméra&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;m'ordonnant de tout faire&lt;br /&gt;ou sinon&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;et je sais ce que ça veut dire.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Tu n'étais pas là pour me voir vomir avant que ça commence :&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;la caméra ne tournait pas alors&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;une mixture toxique de peur&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;de dégradation&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;et d'alcool&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;dégringolant de ma bouche&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;et ils avaient d'autres usages pour ma bouche plus tard.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Tu ne ressens pas la souffrance maladive&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;de membranes délicates&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;ouvertes de force&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;et défoncées&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;et défoncées&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;et défoncées&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;par un homme puis un autre&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;et objet après objet&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;mon déchirement, ma contusion&lt;br /&gt;tout caché à tes yeux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tu ne t'es pas assis près de moi&lt;br /&gt;et ne m'as pas vu pleurer&lt;br /&gt;et pleurer&lt;br /&gt;des vagues infinies de désespoir&lt;br /&gt;qu'il ait fallu en arriver là&lt;br /&gt;qu'il ait fallu en arriver là&lt;br /&gt;la haine de soi&lt;br /&gt;les drogues et l'alcool qui m'ont piégées ici&lt;br /&gt;et Lui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tu n'étais pas à côté de moi quand il me battait&lt;br /&gt;et me rouait de coups&lt;/div&gt;et me forçait&lt;br /&gt;et puis me ramassait et me caressait les cheveux&lt;br /&gt;et me disait pardon&lt;br /&gt;peut-être que les choses pourraient être différentes&lt;br /&gt;si seulement je changeais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un sourire peut cacher un millier de secrets.&lt;br /&gt;L'argent peut acheter un millier de mensonges.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand tu l'achètes&lt;br /&gt;tu m'achètes&lt;span style="background-color: black; color: #cccccc; font-family: 'Trebuchet MS', Trebuchet, Verdana, sans-serif; font-size: 13px; line-height: 20px; text-align: left;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;et tu le paies.&lt;br /&gt;Sachant ce que pour quoi tu paies -&lt;br /&gt;peut-être que ce n'est pas si drôle finalement.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1156704989219292913-8824559331438265651?l=survivrealaprostitution.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/feeds/8824559331438265651/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/2010/01/plaisirs-inoffensifs.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1156704989219292913/posts/default/8824559331438265651'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1156704989219292913/posts/default/8824559331438265651'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/2010/01/plaisirs-inoffensifs.html' title='Plaisirs inoffensifs'/><author><name>Angel K</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13401721006534552836</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1156704989219292913.post-8652705934401102398</id><published>2010-01-20T03:43:00.000-08:00</published><updated>2011-11-18T13:45:54.995-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='prostitution'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='femmes'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='passivité politique'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='poésie'/><title type='text'>Sur la passivité</title><content type='html'>Quand tu la frappes, tu me frappes&lt;br /&gt;parce que je ressens sa douleur ;&lt;br /&gt;sa souffrance m'affaiblit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand tu l'achètes et l'utilises,&lt;br /&gt;Tu m'achètes et m'utilises ;&lt;br /&gt;parce qu'en réduisant sa valeur&lt;br /&gt;tu réduis ma valeur aussi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Quand tu la rends jetable,&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;tu me rends jetable ;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;la déshumaniser&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;me déshumanise.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;STOP&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;Regarde autour de toi.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Nous sommes tous connectés.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Nous sommes tous humains.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Tout ce qu'il est autorisé de faire à quelqu'un&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;est permis de faire à un autre.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;L'inactivité est connivence,&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;et politique en elle-même.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1156704989219292913-8652705934401102398?l=survivrealaprostitution.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/feeds/8652705934401102398/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/2010/01/sur-la-passivite.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1156704989219292913/posts/default/8652705934401102398'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1156704989219292913/posts/default/8652705934401102398'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/2010/01/sur-la-passivite.html' title='Sur la passivité'/><author><name>Angel K</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13401721006534552836</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1156704989219292913.post-8548483413264663841</id><published>2010-01-20T03:34:00.000-08:00</published><updated>2011-11-22T08:31:16.309-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='prostitution'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='femmes'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='addiction'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='poésie'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='guérison'/><title type='text'>Je parle en tant que femme</title><content type='html'>Je parle en tant que femme&lt;br /&gt;qui a bu et s'est droguée&lt;br /&gt;sur le bonheur&lt;br /&gt;sur la peur&lt;br /&gt;pour effacer toute sensation&lt;br /&gt;et émotion&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je parle en tant que femme&lt;br /&gt;qui est devenue fragmentée&lt;br /&gt;tellement brisée&lt;br /&gt;et perdue&lt;br /&gt;qu'elle ne pouvait même plus répondre&lt;br /&gt;à son propre nom&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Je parle en tant que femme&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;qui s'est vendue&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;a été vendue&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;corps et âme&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;pour nourrir une haine et une addiction&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;au-delà de son contrôle&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;br /&gt;Je parle en tant que femme&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;quand je dis - assez.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;C'est fini.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;&lt;b&gt;Je suis une femme&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: -webkit-auto;"&gt;Et je mérite des choses meilleures.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1156704989219292913-8548483413264663841?l=survivrealaprostitution.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/feeds/8548483413264663841/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/2010/01/je-parle-en-tant-que-femme.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1156704989219292913/posts/default/8548483413264663841'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1156704989219292913/posts/default/8548483413264663841'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/2010/01/je-parle-en-tant-que-femme.html' title='Je parle en tant que femme'/><author><name>Angel K</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13401721006534552836</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1156704989219292913.post-1322081549217948152</id><published>2010-01-20T03:00:00.000-08:00</published><updated>2011-11-22T08:31:31.492-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='prostitution'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='survivante'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='addiction'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='alcoolisme'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='guérison'/><title type='text'>Le parcours d'une toxicomane</title><content type='html'>J'ai 30 ans, une toxicomane et alcoolique, en guérison. Mon histoire diffère peu en maints aspects de celles d'innombrables autres que j'ai entendues dans les salles du Programme en 12 étapes que je suis. Je me considère chanceuse d'être ici, et en état d'écrire. La guérison a en de nombreux aspects changé ma vie au-delà de toute reconnaissance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cependant, la chose avec laquelle je me bats encore est mon expérience de la prostitution : être une partenaire battue, une poupée gonflable, traitée comme une moins qu'humaine. Je souffre de syndrome de stress post-traumatique et je subis des flashbacks et des pensées intrusives fréquentes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cela me rend malade quand les médias et l'industrie du sexe parlent de choix et de liberté : ces mots n'ont aucune place dans mon expérience ou dans les expériences des autres femmes que j'ai croisées quand je "travaillais" et depuis, pendant le processus de guérison. Le langage du choix n'a aucun sens dans un contexte de violence, d'addiction, et de problèmes de santé mentale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'écris ce blog pour donner un peu de voix à la réalité de la prostitution. Quand j'étais en plein dedans, je devais dire que j'aimais ça, que c'était amusant, parce que c'est ce que les mecs veulent entendre. Ou ne rien dire, pour éviter d'être frappée. La vraie moi était effectivement muette. J'écris pour cette partie de moi qui s'endormait en pleurant toutes les nuits d'avoir eu à en arriver là, pour le moi qui vomissais avant et parfois après, rempli de peur et de honte. Et j'écris pour les femmes qui en sont encore là, qui n'auront peut-être jamais la chance d'être entendues.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="post-footer" style="background-color: black; color: #777777; font: normal normal normal 78%/normal 'Trebuchet MS', Trebuchet, Arial, Verdana, sans-serif; letter-spacing: 0.1em; line-height: 1.4em; margin-bottom: 0.75em; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0.75em; text-align: left; text-transform: uppercase;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1156704989219292913-1322081549217948152?l=survivrealaprostitution.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/feeds/1322081549217948152/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/2010/01/le-parcours-dune-toxicomane.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1156704989219292913/posts/default/1322081549217948152'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1156704989219292913/posts/default/1322081549217948152'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://survivrealaprostitution.blogspot.com/2010/01/le-parcours-dune-toxicomane.html' title='Le parcours d&apos;une toxicomane'/><author><name>Angel K</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13401721006534552836</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry></feed>
